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Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba essuie des critiques virulentes depuis 72 heures.

Son péché: avoir déclaré, dans le cadre de la formation de son gouvernement, qu'il allait discuter aussi bien avec le président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qu'avec l'ex président Joseph Kabila Kabange, tous deux autorités morales de deux plateformes en coalition gouvernementale, le Front Commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement du Congo (CACH).

Cette déclaration a été faite après la réception dimanche des listes des ministrables déposées par le duo Néhémie Mwilanya Wilondja - Jean Marc Kabund, respectivement coordonnateur du FCC et coordonnateur du CACH.

S'en est suivi une volée des bois verts contre Ilunga Ilunkamba.

Quelles sont ces critiques, du moins la plus récurrente ?

Le Premier ministre, en allant discuter avec Kabila, mettrait le président Tshisekedi au même rang que son prédécesseur.





Que non ! Cette critique relève soit de la mauvaise foi soit de l'ignorance.

Doit-on rappeler ici que la RDC a opté pour un gouvernement de coalition ?
Le choix de la coalition gouvernementale ne découle pas d'une absence de majorité à l'assemblée nationale, car le FCC à lui tout seul a plus de 251 députés nationaux, suffisants pour investir un gouvernement sans l'autorisation de qui que ce soit, mais découle plutôt de la volonté de consolider la paix et la stabilité de la RDC afin d'envisager dans la sérénité son développement socio-économique.
C'est donc un choix opéré en âme et conscience par Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Ils ont préféré la coalition à la cohabitation.

Ce choix a bien entendu des conséquences politiques que voici:

1. Le Premier ministre a deux types de rapports, l'un institutionnel avec Félix Tshisekedi en sa qualité de chef de l'État ; et l'autre politique, avec Joseph Kabila, en sa qualité de président du PPRD et de patron du FCC, parti et plateforme desquels est issu Ilunga Ilunkamba.

2. Chaque fois qu'il y aura des décisions politiques importantes à prendre, le Premier ministre aura des comptes à rendre au parlement, dominé par le FCC, et donc par son autorité morale. Parlement devant lequel le président de la République n'est pas comptable.

3. Dans ses rapports avec l'Etat, le PM Ilunga a pour chef exclusif Félix Tshisekedi.

4. Dans ses rapports politiques, il doit prendre en compte la donne Joseph Kabila, chef de la majorité parlementaire.

Ceci précisé, revenons à présent à sa démarche de consulter Tshisekedi et Kabila pour affiner la listes des ministrables.

Une fois qu'il a réceptionné les listes des ministrables du FCC et du CACH, il était nécessaire pour le Premier ministre qu'il aille vers les deux autorités de la coalition pour infirmer ou confirmer les noms des personnalités qui s'y trouvent. Le faire ne signifie pas manquer du respect au président de la République.
Au contraire, c'est s'assurer un gouvernement stable après le quitus des deux chefs de la coalition au pouvoir.
C'est s'assurer lui-même si les listes du FCC sont parfaitement en harmonie avec son autorité morale.

Quoiqu'il en soit et quel que soit le bord politique du ministrable, le dernier mot revient au président de la République qui signera l'ordonnance de nomination, bien entendu avec le contreseing du Premier ministre.

Avant donc de signer une quelconque liste des ministrables, le chef de l'Etat peut objecter sur les deux listes qui fusionneront.

Consulter Kabila, n'écorne pas l'autorité de Tshisekedi. C'est la conséquence d'un gouvernement de coalition. Qui dit coalition dit concertation permanente entre partenaires.

L'expérience récente italienne qui a vu la coalition gouvernementale voler en éclats n'est pas à suivre.
Ni celle lointaine de la France avec ses 3 cohabitations.

En France, lorsque deux fois dans son histoire la majorité parlementaire n'a pas coïncidé avec la majorité présidentielle, la droite et la gauche avaient choisi la cohabitation.
En 1986, le Premier ministre Jacques Chirac a formé seul son gouvernement alors que François Mitterant était président.

En 1993, la France fut contrainte à expérimenter une deuxième cohabitation, cette fois avec Édouard Balladur comme Premier ministre de Mitterrand.

En 1997, c'est l'inverse qui s'est produit avec cette fois-ci un président de droite, Jacques Chirac, avec un Premier ministre de gauche Lionel Jospin.

Ces 3 périodes de cohabitation en France, pays ayant une longue tradition démocratique, furent pourtant émaillées par des crises politiques majeures.

La RDC, jeune démocratie, ne veut pas expérimenter la cohabitation afin de consacrer son énergie, non pas à des querelles politiciennes, mais à la réduction de la pauvreté.


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