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* Au cours des assises ouvertes hier à Lofoï à Lubumbashi, les différents chefs des partis politiques ayant adhéré à la vision du chairman du TP Mazembe, travaillent sur la mouture finale des statuts de cette formation politique voulue nationale, populaire et démocratique.

" Les Congolais ont perdu confiance en leur classe dirigeante. Ils veulent une rupture avec le passé. A nous de tirer toutes les leçons de ce message. Il nous faut réinventer la manière de faire la politique et définir des trajectoires réalistes pour répondre aux désirs et attentes de notre peuple ", déclare Moïse Katumbi, à l'ouverture hier mardi 17 décembre, des travaux de l'atelier de Lofoï à Lubumbashi.
Ces assises s'inscrivent dans le cadre des préparatifs de la sortie imminente d'un méga parti politique regroupant toutes les formations politiques ayant adhéré à la vision de Moïse Katumbi qui a opté pour une opposition républicaine.

Dans son discours, le leader de la plateforme "Ensemble pour le changement" créée en mars 2018 à Johannesburg en Afrique du Sud, rumine les souvenirs de sa récente tournée effectuée dans l'espace Grand Katanga ainsi que dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, de l'Ituri et du Maniema.
" J'ai vu la misère de nos populations. Les accueils qui m'ont été réservés témoignent que nous avons conservé un grand crédit auprès de nos compatriotes. A nous de le capitaliser et de ne pas décevoir ", souligne Moïse Katumbi.

" Partout, l'impatience est grande que nous nous mettions ensemble pour créer un grand parti politique qui porte toutes les aspirations au changement. Un parti proche des Congolais et à leur écoute. Un parti qui les défend. Un parti dont les animateurs partagent leur sort. Un vrai parti populaire et démocratique. J'ai pris la mesure de nos responsabilités et de la tâche qui nous attend ", renchérit-il.

Moïse Katumbi n'ignore pas le défi à relever dans la matérialisation de son projet. Aussi, invite-t-il tous les acteurs politiques qui ont accepté d'embarquer dans cette nouvelle "aventure", de faire preuve de courage d'Hercule. " Du courage, il vous en faut davantage pour laisser vos partis politiques respectifs et accepter les sacrifices qu'appelle la création d'un grand parti, profondément enraciné dans toutes les provinces, dans tous les territoires, dans tous les secteurs-chefferies et dans tous les groupements et toutes les localités ", martèle le chairman du prestigieux club de football lushois, le TP Mazembe.

AU SERVICE DE LA POPULATION

Comme un habile matelot qui participe aux manœuvres du navire, Moïse Katumbi qui rêve d'un grand parti politique populaire de proximité, recommande aux participants aux assises de Lofoï, d'être de véritables serviteurs du peuple.
" C'est avant tout pour ces millions de compatriotes que nous travaillons. Ne les oublions jamais. Nous ne sommes pas là, ni pour assouvir des ambitions personnelles ni pour affirmer nos égo. Nous sommes ici, parce que nous avons décidé de transformer ensemble la société congolaise, de garantir à nos citoyens plus de liberté, plus de justice, plus de solidarité, plus de bonheur. Nous n'arriverons à cette transformation que si nous créons un parti national, ouvert, moderne et réformateur ", précise Moïse Katumbi.

Il rappelle qu'au cours de cet atelier, les chefs des partis vont d'abord partager les conclusions des travaux qu'ils ont tenus au sein de leurs formations politiques respectives sur l'opportunité de leur rassemblement.
C'est donc à la suite de différentes recommandations desdits, que l'atelier de Lubumbashi mettra la toute dernière estampille consistant à doter le parti de ses statuts. Ce, insiste Moïse Katumbi, "en ayant à l'esprit que l'engagement de cette grande formation politique naissante est guidée par une mission sacrée, celle de transmettre aux générations actuelles et à celles à venir, une société plus juste, plus libre, plus solidaire…Bref, un Congo réellement démocratique et prospère ". Ci-dessous, l'intégralité du speech de Moïse Katumbi. Grevisse KABREL
MOT DU PRESIDENT MOISE KATUMBI A L'OCCASION DE L'OUVERTURE DES ASSISES DE LOFOI

Lubumbashi/Lofoi, 17 décembre 2019
Messieurs les Présidents des Partis, Chers amis, Je tiens tout d'abord à vous remercier pour avoir répondu à mon invitation. Votre présence à nos assises est la confirmation d'une volonté partagée d'aller de l'avant et de concrétiser la promesse que nous avons faite de travailler sans relâche à la transformation du Congo.
En Décembre 2014, en dénonçant toute tentative d'un troisième faux penalty, j'avais décidé de prendre mes responsabilités afin de redonner aux Congolais le pouvoir de relever la tête et de choisir librement leurs dirigeants à la suite d'élections crédibles et transparentes dans le respect de la Constitution.
Vous m'avez suivi dans ce combat. En hommes libres, nous avons démissionné de nos fonctions. Les Congolais ont compris qu'il y avait une morale en politique. Au moment où je prends la parole devant vous pour une nouvelle étape du combat que nous avons commencé ensemble il y a 5 ans, beaucoup de vies ont été sacrifiées pour le respect de la Constitution et pour arracher des élections. Parmi ceux qui nous ont quittés, il m'est un devoir de rappeler à notre mémoire, un grand frère, un aîné à nous tous, qui fut un des piliers de notre famille politique et un précurseur de l'idée de la création d'un parti politique à l'image de notre grand pays.
J'ai cité le patriarche Charles Mwando Nsimba, arraché trop tôt à notre affection, il y a 3 ans, et en plein combat ! Je lui rends un grand hommage. Les morts ne nous ont jamais quittés. Je vous demande en conséquence d'observer en sa mémoire, en celle de tous les combattants de la liberté et de toutes les victimes des massacres de Beni-Butembo, dans l'Ituri et dans l'Est du pays, une minute de silence.
Ces massacres n'ont que trop duré ! Cela doit cesser ! Il faut y mettre un terme. Nous avons trop pleuré. J'invite le gouvernement à prendre toutes ses responsabilités ! Messieurs les Présidents des Partis, Chers amis, Nous voilà arrivés à une étape cruciale de la mise en œuvre du grand projet que nous caressons depuis plusieurs années, à savoir, la création du grand parti autour duquel nous avons décidé de nous rassembler ! Dès lors que nous partageons l'idée que pour transformer le Congo, on ne peut être grand tout seul dans une petite partie du pays, nous avons décidé d'être grands partout et ensemble. Cette motivation nous a conduits à nous retrouver d'abord dans une plate-forme électorale. Ainsi, en mars 2018, à Johannesburg, nous avions décidé de mutualiser nos forces au sein de ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT.
En dépit du chaos électoral organisé par le pouvoir de l'époque, notre plate-forme a arraché de nombreux sièges tant au niveau provincial que national. Je félicite tous nos candidats qui se sont vaillamment battus dans des conditions difficiles.
Je salue tous nos élus tant au niveau provincial que national qui siègent aujourd'hui au sein des Assemblées Provinciales, de l'Assemblée Nationale et du Sénat. Ils portent les espoirs du peuple congolais pour le changement en menant au sein des Institutions une opposition républicaine et exigeante.
Dans ce combat, je tiens à remercier tout particulièrement le Vice-Président Pierre Lumbi et tous ses collègues de la Direction de notre famille politique qui se sont battus en première ligne face à nos adversaires. Nous constituons aujourd'hui une force respectée au sein de notre paysage politique. Nous sommes une vraie famille.
Ce résultat nous le devons aussi et surtout à vous, les présidents de Partis. J'adresse ici une mention toute particulière aux chefs de file du G7. Ils resteront dans l'histoire pour leur engagement et leur esprit de sacrifice dans la lutte pour mettre fin à la dictature et briser les rêves de ceux qui aspiraient à changer la Constitution pour s'accrocher au pouvoir.
En août dernier, à la suite des ateliers que nous avions tenus dans cette même salle, nous avions adopté un calendrier de travail dans lequel nous nous étions assignés des devoirs. Aujourd'hui est arrivée l'heure de la mise en commun et de la prise de décisions importantes pour notre avenir collectif. Je m'en voudrais de ne pas vous dire l'espoir qui est le mien en m'engageant dans cette nouvelle étape. Je profite de cette occasion pour fixer quelques orientations concernant les travaux qui commencent.
A ce sujet, je tiens à vous rappeler qu'au cours de ma tournée dans le Grand Katanga et à travers les provinces du Nord Kivu, du Sud Kivu, de l'Ituri et du Maniema, j'ai rencontré des centaines de milliers de compatriotes. Je les ai observés et écoutés attentivement. J'ai entendu leur cri de détresse. De Beni à Butembo, j'ai sillonné des routes dangereuses. J'ai visité des malades d'Ebola ainsi que des camps de réfugiés concentrés dans des conditions horribles. J'ai consolé des jeunes orphelins dont les parents ont été victimes des conflits communautaires dans l'Ituri ou des massacres nocturnes dans Beni-Butembo.
Dès qu'il s'agit de rencontrer et parler avec les Congolais et Congolaises, je ne reculerai devant aucun danger aujourd'hui comme demain. Je suis fermement résolu d'être à coté de mon peuple les mauvais comme les bons jours. A Kindu, une vieille maman m'a donné une lampe à pétrole pour éclairer la route du Congo vers un avenir meilleur. Je reste sensible à ce geste de générosité chargé d'une profonde signification. Messieurs les Présidents des Partis, Chers amis, Notre peuple souffre. Partout la pauvreté est immense. Elle se manifeste sous tous les aspects de la vie de nos concitoyens. Les soins de santé primaires sont précaires et hors de prix. Nos mamans accouchent souvent dans des conditions infra-humaines.
A la malaria meurtrière s'ajoute la rougeole qui fait des ravages. La malnutrition est quasi-générale. Nos enfants étudient dans des conditions pitoyables. Le chômage de nos jeunes est un fléau. Nos routes, nos fleuves, nos rivières, nos lacs et même le ciel congolais sont devenus un véritable cimetière. Les inondations font des ravages. Les Congolais sont aujourd'hui livrés à eux-mêmes. Notre peuple souffre en silence. Au-delà de la souffrance rencontrée, Cette tournée m'a permis de mesurer l'espoir que nous portons aux yeux de millions de Congolais qui partagent la déception du grand rendez-vous manqué en décembre 2018.
J'ai écouté attentivement la population. Les Congolais ont perdu confiance dans leur classe dirigeante. Ils veulent une rupture avec le passé. A nous de tirer toutes les leçons de ce message. Il nous faut réinventer la manière de faire la politique et définir des trajectoires réalistes pour répondre aux désirs et attentes de notre peuple. Pour rétablir la confiance brisée par des années de compromissions, de corruption, de mégestion et de déchéance morale de notre société, nous devons être au moins efficaces et exemplaires.
Le retour de la confiance est à ce prix. Au cours de ma tournée, les accueils qui m'ont été réservés témoignent que nous avons conservé un grand crédit auprès de nos compatriotes. A nous de le capitaliser et de ne pas décevoir ! Page sur 3 3 Partout l'impatience est grande que nous nous mettions ensemble pour créer un grand parti qui porte toutes ces aspirations au changement. Un parti proche des Congolais et à leur écoute. Un parti qui les défende. Un parti dont les animateurs partagent leur sort. Un vrai parti populaire et démocratique. J'ai pris la mesure de nos responsabilités et de la tâche qui nous attend.
C'est avant tout pour ces millions de compatriotes que nous travaillons ici dans cet atelier. Ne les oublions jamais ! Nous ne sommes pas là pour assouvir des ambitions personnelles ni pour affirmer nos égos. Nous sommes ici parce que nous avons décidé de transformer ensemble la société congolaise, de garantir à nos concitoyens plus de liberté, plus de justice, plus de solidarité, plus de bonheur ! Nous n'arriverons à cette transformation que si nous créons un parti national, ouvert, moderne et réformateur. Nous connaissons tous les aléas de la vie dans un parti politique. Nous en avons tous l'expérience. Tous, nous avons milité dans différentes formations politiques. Nous y avons donné le meilleur de nous-même. Nos expériences nous enseignent que le meilleur gage de réussite pour notre grand projet est de mettre en place une structure dédiée exclusivement à l'esprit de travail où règnent la discipline, la loyauté, le respect mutuel, le respect des règles et un engagement actif de terrain. Comme dans toute entreprise en équipe, notre réussite dépendra de notre travail individuel et collectif, de notre courage et de la complémentarité dans l'humilité.
Messieurs les Présidents des Partis, Chers amis,
Du courage, je sais que vous en avez eu lorsque nous avons décidé il y a près de 5 ans de nous opposer au prix de tous les risques et des plus grands sacrifices à la dictature qui voulait changer la Constitution et confisquer au peuple le droit de choisir librement ses dirigeants. Du courage, il vous en faut davantage pour laisser vos partis politiques et accepter les sacrifices qu'appelle la création d'un grand parti; profondément enraciné dans toutes les provinces, dans tous les territoires, dans tous les secteurs-chefferies et dans tous les groupements et localités.
Du courage, il nous en faudra toujours pour rallumer la flamme de l'engagement citoyen, aiguiser la conscience politique de millions de nos compatriotes et surtout affronter la haine de nos adversaires politiques qui n'hésiteront pas à mettre tous les moyens pour nous abattre comme ils l'ont fait pour nous empêcher d'aller aux élections. Je demeure confiant en vous dont la présence à mes côtés me donne déjà des réponses à cette interpellation. Nous allons d'abord ensemble partager les conclusions des travaux que vous avez tenus au sein de vos formations respectives sur l'opportunité de nous rassembler.
Ensuite, à la lumière des recommandations, je vous inviterai à poser ce tout dernier jalon qui consiste à doter notre parti des statuts, en ayant à l'esprit que notre engagement politique est guidé par une mission sacrée, celle de transmettre à nos enfants une société plus juste, plus libre, plus solidaire, pour tout dire un Congo réellement démocratique et prospère dans un environnement préservé et un monde viable. Je ne saurai terminer ce mot sans vous faire une recommandation que je juge essentielle pour la bonne fin de nos travaux. Aucune œuvre humaine n'est parfaite. Tout long chemin commence par un petit pas. Je vous demande donc de faire ce petit pas sans hésitation. Vous allez bientôt vous retrouver en commission de travail.
En vue de nous faciliter la tâche, je soumets à votre appréciation un texte-martyr. Allez à l'essentiel et ne vous perdez pas dans les détails. Ce texte n'est qu'un cadre minimal de travail susceptible d'être amélioré tout au long de notre parcours. Je vous souhaite bon travail et je déclare ouvertes les assises de Lofoi. Je vous remercie.
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