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Malgré la posture rassurante du président Félix Tshisekedi, un air de mésentente souffle sur sa coalition avec Joseph Kabila.

Le 23 juillet dernier, les militants et membres du Front commun pour le Congo (FCC) sont descendus dans les rues de Kinshasa, capitale de la RDC.

Une marche que la plateforme politique de Joseph Kabila - dont il est le président honoraire - avait mis sous le signe du soutien aux institutions du pays.

Après la marche, quelques militants du FCC ont été pris à parti par les militants présumés de l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), dans la commune de Limete, considérée comme bastion du parti au pouvoir.

Lors d'une visite le dimanche 26 juillet aux victimes de ces violences à Kinshasa, Néhémie Mwilanya, coordonnateur du Front commun pour le Congo, a fustigé ces actes.

"Il est inadmissible que nos militants soient attaqués parce qu'ils portaient des tee-shirts et pancartes à l'effigie de Joseph Kabila, notre autorité morale".

"Il n'est pas normal qu'on puisse attaquer des gens parce qu'ils n'ont pas les mêmes opinions que les autres", a déploré Néhémie Mwilanya.

"C'est de l'intolérance de bas étage. Nous n'avons plus besoin de cela. Nous avons besoin de préserver nos acquis qui sont l'appartenance à une même Nation, l'unité nationale et le processus démocratique qui est arrivé à maturation avec l'alternance politique que nous avons aujourd'hui", a poursuivi le coordonnateur du FCC.

En juillet, les militants de l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) de Félix Tshisekedi étaient descendus dans les rues pour s'opposer à l'entérinement de Ronsard Malonda à l'Assemblée nationale comme prochain candidat pour diriger la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Le FCC soutenait pourtant cette candidature M. Malonda.

Quelques semaines plus tôt, les membres de l'UDPS qui sont toujours dans l'alliance CACH (Cap pour le changement, alliance entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe) étaient encore dans les rues pour s'opposer à la proposition de loi sur la réforme de la justice.

Une proposition de loi portée par les députés Aubin Minaku et Garry Sakata, du FCC.

Autant de signes qui démontrent les tensions persistantes au sein du FCC-CACH, les deux membres de la coalition au pouvoir.

Le 16 juillet dernier, lors d'un déplacement au Congo Brazzaville, le président Félix Tshisekedi s'est dit confiant en l'avenir de la coalition au pouvoir malgré les soubresauts observés sur la scène politique congolaise.

"Ce que je peux vous assurer en tout cas, c'est que nous n'allons pas vers une rupture de la coalition. Ça c'est certains", a assuré le président Félix Tshisekedi.

Il a estimé que la tension observée entre les membres de la coalition est tout à fait inhérente à une jeune démocratie, à une première expérience politique.

"C'est la première fois que nous vivions une telle situation dans le pays" a insisté Félix Tshisekedi.

"Cela ne pouvait pas se passer parfaitement. Même dans les vieilles démocraties, les coalitions ont toujours posé des problèmes. Ça ne doit pas choquer", a assuré le chef de l'Etat Congolais.

"L'expérience de coalition est vécue difficilement par la classe politique. Tantôt ça va bien et on se congratule, tantôt ça va mal, on s'insulte" explique Professeur Mwayila Tshiyembe, analyste politique et professeur de sciences politiques.

Il soutient que les tensions observées entre membres de la coalition est le signe d'un manque de culture de partage du pouvoir et de gouvernance.

Pour Félix Tshisekedi, "l'essentiel est de regarder d'abord les intérêts du pays".

"Je crois que les uns et les autres sont conscients de cette prise en compte des intérêts du pays" précise le président de la RDC.

Néhemie Mwilanya, coordonnateur du FCC reste confiant en l'avenir de la coalition qui reste pour lui le phénomène vers lequel les regards doivent rester tournés et pas aux épiphénomènes qui se manifestent par des pics de tensions entre membres de la coalition.

"On ne peut pas avoir fait ce parcours, trois élections libres, pluralistes et avoir obtenu la liberté d'expression, de manifestation et d'association garantie pour retourner en arrière et tomber dans une intolérance politique".

"L'unité nationale devrait nous aider à bannir la haine, mais aussi les partis politiques doivent s'investir dans l'éducation et la formation de leurs militants pour éviter que les violences dont ont été victimes nos militants ne se reproduisent", espère le coordonnateur du Front Commun pour le Congo.


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