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L’ affrontement entre Dieudonné Kasembo, patron de Gécotrans et candidat à la présidence de la Fédération des Entreprises du Congo et Albert Yuma, président sortant du patronat, réélu de façon irrégulière et recalé par la justice, vient d’atteindre le pic. Au cours de la réunion de l’assemblée générale extraordinaire du Comité directeur de la FEC convoquée le lundi 30 novembre, un seul point était inscrit à l’ordre du jour à savoir :  »Examen de la décision du  Conseil d’Etat par la FEC ».

Mais d’après nos sources, Albert Yuma a ajouté de façon cavalière un autre point à la surprise générale de l’auguste assemblée :  »La radiation pure et simple de Dieudonné Kasembo Nyembo de la FEC ». La raison d’une telle initiative est énigmatique. Toutefois, l’exclusion même sans motif d’un redoutable challenger lui ouvre un boulevard pour son maintien à la tête de l’organisation patronale.

Ironie du sort ! 

Le Conseil d’administration s’est étonné de la position du président Yuma de radier un membre parce qu’il est candidat à la présidence de la FEC. Il s’en est suivi un débat houleux dans la salle. Un vote a eu lieu sur la radiation ou non de Kasembo. o

Une raclée pour les jusqu’au-boutistes

En effet, Yuma a subi une autre défaite. Sur cinquante-deux personnes, 29 étaient contre la radiation de Kasembo, 23 pour. Après ce énième échec de l’indéboullonnable Yuma, tous les moyens sont bons pour neutraliser l’adversaire. Kasembo fait ainsi l’objet d’une campagne d’intox et de diabolisation sans oublier les menaces.

Les avocats de Kasembo expliquent

Dans un document intitulé  » Comprendre ce qui se passe à la FEC en six questions », rédigé par le collectif des avocats de Dieudonné Kasembo et dont notre rédaction s’est procuré une copie, tout est maintenant clair. On a atteint un point de non retour. Seule la justice peut départager les deux hommes et remettre de l’ordre à la FEC.

Notre rédaction vous propose l’exclusivité de ce document contenant six questions de référence avec des réponses :

I. Que reproche Monsieur KASEMBO  à l’actuel Président du Conseil d’Administration de la Fédération des Entreprises du Congo. 

-d’organiser un système électoral dépourvu de toute transparence et de principes élémentaires de toute démocratie. Comment ça ?

-alors que les statuts de la FEC ne le prévoient pas, il a instauré un mécanisme où ce n’est plus le Conseil d’administration qui doit voter ; c’est un comité des sages composé de 5 personnes (dont 2 seulement étaient présents la dernière fois) qui examine d’abord préalablement toutes les candidatures déposées. Ensuite ce petit comité restreint procède à l’élimination de tous les candidats pour ne retenir qu’un seul. Et c’est celui-ci seul qui est présenté devant le Conseil d’Administration qui n’a plus qu’à l’entériner ou l’investir. Tous les membres du Conseil d’Administration sont frustrés de ne pas avoir le droit de choisir car 2 personnes ont déjà choisi à leur place.

-deuxièmement, alors que les statuts ne le prévoient pas non plus, l’actuel président du Conseil d’administration ne veut pas entendre parler de vote à bulletin secret. Pour lui il faut le faire devant lui à mains levées…Or, le droit de vote doit s’accompagner de l’indispensable discrétion pour garantir la liberté de choix.

II. pourquoi saisir le Conseil d’Etat? 

L’actuel président a sorti un règlement intérieur taillé sur mesure pour faciliter ses projets de demeurer toujours le candidat unique. Ça fait une dizaine d’années que ça dure. Or un règlement intérieur ne peut pas être contraire aux statuts. Et comme il ne veut pas écouter la raison, l’affaire a été portée devant le Conseil d’Etat, pour que les juristes tranchent ! La loi dit que lorsqu’une décision porte gravement atteinte et de manière manifestement illégale à une liberté publique et ou fondamentale, le juge des référés (du Conseil d’Etat) est saisi par une demande en référé-liberté peut ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde de la liberté. (comme l’annulation de la parodie d’élection). Article 283 de loi sur le Conseil d’Etat.

III. Pourquoi au Conseil d’Etat, il paraît qu’il n’est pas compétent comme la FEC est un organisme privé ? 

Faux ! La loi dit clairement que le Conseil d’Etat est compétent, même pour contrôler les décisions prises par certaines structures privées. C’est le cas des partis politiques ou des organismes professionnels. Or, les statuts mêmes de la FEC disent déjà que la Fédération est régie par la loi sur les ASBL mais aussi par la loi applicable aux établissements d’utilité publique (article 1, alinéa 2).

Ensuite les mêmes statuts mentionnent très clairement que la FEC est un organisme professionnel des employeurs, (article 3), très exactement comme le dit la loi qui donne compétence au Conseil d’Etat (article 48, 4° de la loi).

Et le juge du Conseil d’Etat a dit que quoique la FEC est une association privée, « elle est investie des missions de service public, notamment la défense et la promotion du climat des affaires, elle participe à la gestion de l’ordre public économique et commercial à coté de l’Etat. Dès lors, dans son organisation et son fonctionnement, elle recourt aux procédés de puissance publique susceptibles de remettre en causes les libertés garanties aussi bien de ses membres que de ses partenaires ».

IV. Est-ce que l’actuel Président de la FEC a eu l’occasion de s’en défendre ? 

OUI, il a été convoqué en audience le mardi 24 novembre 2020. Ils s’est fait représenter par ses avocats. Mais au lieu d’attendre la décision du Conseil d’état, il s’est précipité à aller organiser les élections aux colorations soviétiques.

V. Qu’est-ce qui va se passer maintenant, après l’annulation des élections du 26 novembre dernier ? 

Les élections vont être réorganisées par la FEC dans moins de 15 jours sous la supervision du Greffe du Conseil d’Etat.

VI. Comment pourrions-nous vérifier de nous mêmes si c’est exact ? 

Effectivement les statuts de la FEC et la loi sur le Conseil d’état sont publiés sur internet. Vous pourrez y lire les articles 48.4 et 283 de la loi 16/027 du 15 octobre 2016. Cette loi est récente, beaucoup ne la connaissent pas encore.

Un acte de défiance et de rébellion

Une rébellion contre la justice ? C’est gravissime. La FEC court un gros risque du retrait de son agrément par le ministère de la Justice. Les administrateurs de la FEC ne doivent pas jouer avec le feu en sacrifiant le patronat au profit d’un individu. Et si Yuma se retirait et désignait un dauphin pour sauver les meubles ?

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