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La star de la rumba congolaise nie tout. Les accusations de viols et de séquestrations sur des danseuses qui ont porté plainte en France où Koffi Olomidé est toujours poursuivi et sous le coup d’un mandat d’arrêt international ? « Des témoignages bidons ». Le violent coup de pied donné à une de ses danseuses à l’aéroport de Nairobi et dont la vidéo postée sur le web a provoqué l’émoi et une procédure judiciaire en République démocratique du Congo ? « Le coup de pied n’a jamais atteint la danseuse ».

Depuis que vous avez été filmé en train de frapper l’une de vos danseuses, à l’aéroport de Nairobi, le 22 juillet, votre nom est associé à la violence contre les femmes. Comment le vivez-vous ?
Koffi Olomidé : J’ai présenté mes excuses publiquement. Je ne suis pas un surhomme et je me suis emporté. Je le regrette. Mais je n’ai pas voulu la frapper. J’ai simplement voulu lui faire peur. D’ailleurs, mon coup de pied n’a jamais atteint la danseuse. Les policiers présents sur place l’ont bien vu et ne m’ont pas interpellé. C’est une fois que la vidéo a été postée sur internet que le buzz a éclaté. Des ONG de défense des droits de la femme au Kenya ont demandé à ce que je sois interpellé, sans doute sous le coup de l’émotion. Les autorités kényanes m’ont expulsé mais elles ont constaté qu’il n’y avait pas de coups et de blessures. Je le répète : je n’ai pas frappé cette danseuse.





Qu’avait fait la danseuse pour mériter un tel traitement ?


Elles avaient piqué des choses dans l’avion Kenya Airways, notamment des couvertures, des coussins… Et des membres du personnel de l’avion ont commencé à se plaindre. J’ai donc exigé de mes danseuses qu’elles remettent ce qu’elles avaient volé à l’équipage. L’une d’entre elles a refusé et a commencé à brailler, à dire n’importe quoi. Je redoutais que les journalistes qui nous attendaient l’apprennent et l’écrivent. L’honneur de la femme congolaise aurait été terni. Mon image aurait aussi été salie dans ce pays où je suis adulé. C’est pour ces raisons que je me suis emporté et que j’ai fait ce geste.

Vous expliquez avoir feint de frapper cette danseuse pour préserver son honneur ?

J’aurai dû garder mon calme. Ma faute est morale, et je la reconnais. Mais, je sais que tout cette affaire a été montée de toutes pièces par mes détracteurs, les « Koffiphobes », qui s’en sont donnés à cœur joie. J’ai subi une injustice.

Lire aussi : La Zambie annule un concert de Koffi Olomide après l’affaire du coup de pied

Qu’est devenue la danseuse ?

Je l’ai gardé dans ma troupe. Je ne suis pas rancunier. A mon retour à Kinshasa, j’ai été poursuivi par la justice congolaise. Un avocat général m’a présenté comme une icône du pays, un ambassadeur de la République Démocratique du Congo… J’ai expliqué que je ne suis pas un super-homme et que je voulais être jugé comme n’importe quel Congolais. Entendue par la justice congolaise, cette danseuse a expliqué que mon coup de pied ne l’avait pas atteint. Et elle n’a pas porté plainte. J’ai passé trois nuits en prison puis j’ai été relâché. Pour moi, cette incarcération était une erreur judiciaire.


En France, vous êtes visé par un mandat d’arrêt international émis en 2009. Et suite à la plainte de quatre de vos danseuses, vous êtes poursuivis pour « viol sur mineure de quinze ans », « séquestration », « aide à l’entrée et au séjour d’une étrangère en France » et « conditions de travail ou d’hébergement contraires à la dignité humaine ». Ces faits extrêmement graves ne portent-ils pas atteinte à l’honneur de la femme congolaise, comme vous dites ?

Mon public est féminin, ne l’oubliez pas. Je n’ai jamais violé qui que ce soit, je n’ai jamais séquestré. Si je ne viens pas en France, c’est que j’ai peur d’aller en prison. Je suis un père de famille. Et je vous le dis : ces quatre danseuses ont inventé ces histoires pour obtenir les papiers et rester en France.

Lors de cette tournée avec mon groupe Quartier Latin qui remonte à 2002, je n’avais pas voyagé en France seulement avec ces quatre danseuses mais avec une vingtaine de membres de mon équipe, garçons et filles. Après notre tournée, tout le monde est rentré à Kinshasa, sauf celles qui m’accusent. Elles ont voulu rester en France où résident des membres de leurs familles. Elles ont trompé des associations de défense des droits des femmes. Car leurs témoignages sont bidons. C’est ce que j’ai dit à la juge du tribunal de grande instance de Nanterre chez qui je me suis présenté à deux reprises.



Mais dans votre pavillon d’Asnières (Hauts-de-Seine), les danseuses, mineures pour certaines au moment des faits, expliquent avoir été abusées sexuellement et séquestrées…

C’est un pavillon que je louais ! J’y ai vécu auparavant avec ma femme et mes trois enfants. Puis j’y ai logé mes danseuses après avoir acheté un autre appartement à Paris. Contrairement à ce qu’elles disent, je n’ai pas de gardes du corps. Ces danseuses étaient toujours accompagnées car elles ne connaissaient pas Paris, et ne parlaient pas français. Ce sont des Africaines qui n’étaient jamais venues en France. Voilà la vérité.

Lors de cette tournée, nous nous étions rendus à Lyon pour un concert. L’un des producteurs, que je ne connaissais pas d’ailleurs, a acheté nos billets avec des cartes bancaires volées et nous avons été arrêtés par la police et placés en garde à vue. Au commissariat, pourquoi n’ont-elles pas expliqué qu’elles étaient séquestrées et violées dans ce pavillon d’Asnières ? La tournée n’était pas encore finie, il restait quatre mois de concert et on ne pensait pas encore au retour à Kinshasa.

Je subis l’injustice d’être une superstar black congolaise. Et la justice française s’en prend à moi sur la simple foi de ces témoignages. Ce n’est pas sérieux. Elles sont restées vivre en France, ne sont plus danseuses et ont eu ce qu’elles voulaient.

Ce ne sont pas les danseuses mais les enquêteurs français qui signalent que « les portes et surtout les fenêtres étaient munies de verrous de nature à les empêcher de quitter les lieux ».

Encore une erreur. Je suis un globe-trotter. Pour mon travail, je voyage fréquemment, et tout le monde le sait. Du coup, ma femme était souvent seule dans ce pavillon d’Asnières. Et elle avait fait installer ces verrous pour sa propre sécurité. Et ce, en accord avec le propriétaire du pavillon. Ces danseuses ont osé dire qu’elles étaient tombées enceintes après que je les ai violées et qu’elles avaient été hospitalisées avec les papiers de mon épouse. Mais ma femme est une franco-congolaise à la peau claire ! Et ces danseuses sont noires comme moi. Comment auraient-elles pu être admises avec des papiers d’identité sur lesquels il y a une photo de quarteronne ? Ces filles n’ont pas de cœur. Aucune des danseuses ayant travaillé pour moi n’a confirmé ces accusations.



Ces dernières années, Koffi Olomidé occupe l’espace médiatique pour ses tubes et sa brutalité. En 2012, vous aviez frappé votre producteur à Kinshasa, ce qui vous a valu une condamnation à trois mois de prison avec sursis. Que s’était-il passé ?

Là encore, je ne l’ai jamais frappé. Ce type me doit encore de l’argent ! J’ai fini par être relaxé par la justice congolaise. Une fois de plus, j’avais simplement voulu lui faire peur. Et il a eu peur de Koffi Olomidé. Mon succès fait beaucoup de jaloux.

Votre succès ne nourrit-il pas une sorte de mégalomanie qui vous éloigne de la réalité ?

Pensez ce que vous voulez, moi, je sais que je n’ai pas frappé, que je n’ai pas violé, que je n’ai pas séquestré. Je ne suis pas un violent. J’aime m’amuser, jouer de la guitare, faire des parties de scrabble avec mes amis et chanter. Et je n’arrêterai pas.

Le 7 août, j’ai tenu à rejoindre sur scène Fally Ipupa pour son concert célébrant ses dix ans de carrière solo. C’est mon « petit », un ancien du Quartier Latin, dont je suis fier. Je prépare un grand concert au Stade Vélodrome de Kinshasa le 13 août et un autre, le lendemain, où les femmes sont conviées gratuitement.
Si la justice française revient à la raison et est disposée à m’entendre, elle finira par me relaxer, et je remplirai alors le Stade de France. Ce que je vous dis est la vérité et faites une page ou deux dans le journal Le Monde. Je vous paierai le prix si vous voulez.

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