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Cinq jours après le passage du président Joseph Kabila à Beni, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, un nouveau massacre s’est produit dans la ville. Le massacre s’est produit au Quartier Rwangoma à seulement 2 km du centre-ville de Beni, une ville pourtant quadrillée par plusieurs bataillons de l’armée nationale, les FARDC. Comme d’habitude, les tueurs sont tous repartis sans qu’un seul soit capturé ni par l’armée ni par les casques bleus de l’ONU. L’occasion de répondre à une série des questions que bien des gens se posent depuis des mois sur les auteurs des massacres à caractère génocidaire qui sévissent dans cette partie du pays depuis octobre 2014. On les appelle « les rebelles islamistes ougandais ADF », une version officielle qui mérite d’être disséquée.







Nous essayerons d’expliquer qui sont réellement les tueurs de Beni entre la réalité des rapports de force sur terrain, une version officielle qui ne tient plus la route et des certitudes tirées des enquêtes et des recoupements de plusieurs témoignages et rapports sérieux.






I. La situation militaire à Beni et les rapports de force

Le Territoire de Beni est sans doute le territoire congolais où l’on observe la plus grande concentration des militaires par habitant et là où l’inefficacité de l’armée peut difficilement trouver une explication rationnelle. En effet, les recherches entreprises par le GEC, un groupe de recherche basé à New York[1], sont que les effectifs des ADF oscillent entre seulement 100 et 260 maquisards[2]. Ils sont confinés dans un petit triangle d’une cinquantaine de kilomètres. En face, l’armada de l’armée congolaise, les FARDC. Les recherches de DESC-Wondo font état d’une présence à Beni d’environ 25.000 soldats opérant dans différentes unités[3]. Toujours au sujet de la puissance de feu dont dispose le Congo, il faut rappeler que les FARDC sont une force de 150.000 soldats, appuyés par la plus grande et la plus coûteuse mission de maintien de la paix au monde, la MONUSCO, forte de 19.815 casques bleus dont une brigade d’intervention créée en 2013 spécialement pour traquer et neutraliser les groupes armés[4]. Cette Brigade comprend trois bataillons d’infanterie, une compagnie d’artillerie, une force spéciale et une compagnie de reconnaissance.

En gros, avec 25.000 soldats déployés à Beni, un petit Territoire[5], et les divers appuis de la MONUSCO, le Congo dispose largement des moyens internes pour venir à bout d’une centaine de maquisards confinés dans un mouchoir de poche. D’où cette question : qui sont vraiment ces « ADF » ?



II. Vérités et mensonges sur les ADF

La version officielle consiste à présenter les ADF[6] comme des terroristes islamistes ougandais, en lien avec des groupes terroristes étrangers, et qui massacrent des civils dans le cadre de leur nouvelle stratégie. Selon cette version, les ADF feraient partie d’un réseau transnational d’islamistes qui s’étend jusqu’au Sahel, en passant par Boko Haram et les Al-Shebab somaliens, voire les talibans en Afghanistan. Cette version a été bâtie à partir des confidences d’un mystérieux personnage qui se présenta comme un transfuge des ADF et qui est connu sous le sobriquet de « Mr X »[7]. Durant des mois, ce fameux Mr X sera l’informateur attitré de la MONUSCO sur les ADF jusqu’à ce que des recherches aboutissent à un constat accablant ! L’homme est un affabulateur qui inventait ses récits et racontait n’importe quoi. Le chercheur américain Daniel Fahey, ancien coordinateur du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC, l’a rencontré et a publié un article intitulé « L’homme qui a floué l’ONU »[8], dans lequel il énumère la litanie des mensonges sur les ADF que ce monsieur a réussi à faire avaliser par le gouvernement congolais et la MONUSCO. En réalité, loin de la « version officielle » l’acronyme ADF ne désigne pas un même groupe d’assaillants. Pour comprendre l’affaire des ADF, il faut se situer dans le temps. L’histoire des ADF a en effet évolué passant d’une phase à l’autre : de 1995 à avril 2014 ; puis d’octobre 2014 à nos jours.



a) Les vrais ADF : de 1995 à avril 2014

En 1995, après avoir été chassés d’Ouganda d’où ils sont originaires, les ADF, un groupe armé de tendance radicale-islamiste, ont établi leur base arrière dans le Territoire de Beni (Est du Congo) suite à une alliance avec l’Armée nationale pour la Libération de l’Ouganda (NALU), un autre mouvement rebelle ougandais installé dans le Territoire de Beni depuis 1988. Cette fusion donna naissance à une coalition connue sous l’acronyme « ADF-NALU ». L’objectif commun de ces deux groupes était de renverser le gouvernement ougandais. En décembre 2007, les combattants de NALU se sont rendus, dans le cadre des pourparlers de paix avec Kampala. Le 17 mars 2008, le gouvernement ougandais a reconnu le Royaume du Lwanzururu, satisfaisant ainsi la principale revendication des combattants de NALU. Seuls les ADF sont donc restés dans les maquis de Beni[9].

Pour revenir aux ADF, fin 2013, après la victoire sur le M23, les FARDC et la MONUSCO ont été déployées en Territoire de Beni pour mener des opérations contre ce groupe armé. Malgré l’assassinat de l’officier qui devait piloter la première phase des opérations, le colonel Mamadou Ndala, le 2 janvier 2014, la campagne militaire fut menée avec succès sous le commandement du général Jean-Lucien Bahuma. Elle fut achevée en avril 2014 avec la prise de toutes les localités que contrôlaient les ADF, dont Medina, leur centre de commandement. Le leader des ADF, Jamil Mukulu avait fui Beni dès février 2014, abandonnant ses troupes en pleine débandade. Il sera arrêté en Tanzanie en mars 2015 puis transféré en Ouganda où, depuis, il croupit en prison[10]. Dans leur rapport du 12 janvier 2015, après le succès de l’Opération Sukola 1, les experts de l’ONU décrivent alors les ADF comme une organisation finie. Il n’en restait qu’une trentaine d’individus sans armes ni munition, et privés, par ailleurs, de sources de ravitaillement[11]. C’est ici, en réalité, que s’achève l’histoire des ADF, « les vrais », le mouvement de Jamil Mukulu qui croupit en prison en Ouganda. 750 soldats congolais avaient péri dans les combats, un sacrifice qui permit de ramener la paix dans cette partie du pays, débarrassée du plus vieux groupe armé qui y sévissait.

Dès lors, d’où sont donc venus les ADF dont on parle aujourd’hui ?



b) Les faux ADF : d’octobre 2014 à nos jours

1°) Des tueurs à la machette en provenance du Rwanda
Entre avril 2014 et août 2014, le calme règne à Beni où l’activité économique reprend progressivement. Mais plusieurs signaux annoncent une menace sécuritaire imminente. Tout d’abord, on observe une arrivée massive des populations rwandaises qui disent venir s’installer à Eringeti (Territoire de Beni), Boga et Tchabi en Territoire voisin d’Irumu, Province d’Ituri. Selon les autorités provinciales, ces populations sont des Hutu du Masisi qui migrent vers le nord à la recherche des terres. Elles ont la particularité de voyager avec des machettes, ce qui aurait dû attirer l’attention des services de sécurités. Elles voyagent avec des laissez-passer signés par les autorités provinciales de Goma et, parfois, avec des cartes d’électeurs neuves, ce qui, également, aurait dû attirer l’attention des autorités. En effet, les cartes d’électeurs au Congo datent des élections de 2006. Les nouvelles cartes sont fabriquées au Rwanda où le M23 avait fui avec du matériel permettant de fabriquer des cartes d’électeur, et en fabrique notamment pour les rebelles burundais qui transitent par le Sud-Kivu pour aller déstabiliser le régime du président Pierre Nkurunziza. En réalité, ces populations n’étaient pas des Congolais mais des sujets rwandais expulsés de la Tanzanie.

Pour rappel, le président Jakaya Kikwete, pressentant un risque de déstabilisation de son pays par le Rwanda, sur le même scénario que l’affaire des « Tutsi congolais »/Banyamulenge/AFDL, avait pris les devants et expulsé ces populations. En 2012-2013, ces populations tentèrent de s’installer dans les territoires sous contrôle du M23, mais durent fuir après la défaite de ce mouvement. Elles vont alors passer par un centre de formation militaire à Kagera, au Rwanda, puis vont être envoyées au Congo avec la complicité des autorités congolaises[12]. Leurs effectifs, à ce jour, tournent autour de 60.000 dans les secteurs où, justement, pullulent des tueurs qu’on appelle les « ADF », à savoir les forêts d’Eringeti avec pour base de repli le Territoire voisin d’Irumu. Ces assaillants sont évidemment des faux ADF, et n’ont jamais connu le chef du mouvement, Jamil Mukulu. Il s’agit de tueurs rwandais injectés dans la région, dans le cadre d’un complot régional, visant à anéantir les populations autochtones par la terreur et les actes d’extrême cruauté[13] pour les contraindre à fuir, à abandonner leurs terres qui sont réoccupées par des populations allogènes, affluant du Rwanda et de l’Ouganda voisins[14]. D’où la qualification de « génocide » retenue par les hautes autorités de l’Eglise catholique de la région, dans leur déclaration finale de mai 2015[15]. Le « génocide des Nande », selon la lettre du 18 février 2016 adressée au Secrétaire général de l’ONU par les députés du caucus Grand Nord[16].

2°) Les « ADF-FARDC »
Le deuxième signe annonçant la dégradation de la situation sécuritaire à Beni est la mort du général Jean-Lucien Bahuma[17]. Le général Bahuma fut remplacé à la tête de l’opération Sukola 1 par le général Akili Muhindo dit « général Mundos », officier de la Garde républicaine et réputé proche du président Kabila. Il est l’homme par qui le malheur s’est abattu sur Beni. Non seulement on assiste à une remobilisation des anciens éléments ADF, jusqu’alors dispersés dans la brousse, pour qu’ils reprennent du « service »[18], et à la création des groupes armés jusqu’alors inconnus, sous étiquette ADF ; mais, pire, on voit arriver des hordes de tueurs dans le sillage des bataillons commandés par le général Mundos[19]. Les tueurs opèrent librement. Ils tuent pendant des heures sans être inquiétés. On ne les arrête pas. Les rares qui sont appréhendés, notamment par de courageux habitants, sont systématiquement remis en liberté. Comme s’il y avait une volonté d’Etat de les laisser « finir le boulot ». Les experts de l’ONU, malgré leurs insistances, affirment que le gouvernement congolais n’a pas expliqué pourquoi les tueurs de Beni étaient systématiquement remis en liberté[20].

Les massacres avaient commencé le 2 octobre 2014, le jour-même où s’ouvrait le procès sur l’assassinat du colonel Mamadou Ndala, avec le général Mundos sur la liste des accusés à la barre. Les tueurs s’expriment en kinyarwanda, font remarquer les experts de l’ONU, une langue que ne parlent pas les « vrais » ADF[21]. Ils portent des uniformes FARDC et tuent à proximité des positions tenues par l’armée. Il s’avère rapidement qu’il s’agit des soldats rwandais versés dans les rangs des FARDC en application des mécanismes de brassage et de mixage[22]. Dans le rapport du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de mars 2016, trois régiments FARDC sont cités nommément : le 808ème régiment impliqué dans le massacre de Tenambo-Mamiki, le 809ème régiment impliqué dans le massacre de Ngadi et le 1006ème régiment impliqué dans le massacre de Mayangose[23]. Ces régiments sont formés majoritairement d’anciens miliciens du CNDP[24], l’ancêtre du M23[25]. Ce dévoiement de l’armée amena la population de Beni à désigner ses tueurs par l’appellation sarcastique d’« ADF-FARDC ». Ces soldats FARDC (ADF-FARDC) qui tuent la population, sous le masque ADF, sont, évidemment, des faux ADF et n’ont rien à voir avec Jamil Mukulu. Et l’Ouganda dans tout cela ?



3°) La main ougandaise
Au-delà des assaillants rwandais qui migrent vers Beni avec des machettes et des infiltrés issus des mécanismes de brassage et de mixage, Beni enregistre depuis décembre 2013 des infiltrations armées à partir du territoire ougandais. Des noms célèbres sont mêmes revenus dans de nombreux témoignages. Il s’agit notamment du colonel Richard Bisamaza, un Tutsi, ancien du CNDP et ancien commandant du 1er Secteur FARDC basé à Beni. Il avait fui Beni et tenté de rejoindre le M23 mais n’avait pas réussi à atteindre Ishasha. Il prit alors la route de l’Ouganda, pays dont les autorités annoncèrent que le déserteur a été arrêté en septembre 2013. Un mensonge parce que la présence du colonel Bisamaza dans les zones de massacres, à Beni, a été attestée par de nombreux rapports et témoignages[26]. L’homme ne peut pas effectuer ces incursions en territoire congolais sans la complicité des autorités ougandaises.

Au-delà de ce cas, il faut toujours rappeler qu’après leur défaite, les combattants du M23 s’étaient repliés au Rwanda et surtout en Ouganda. Depuis, ils se sont dispersés du lieu de leur regroupement. La société civile de Beni a plusieurs fois signalé des infiltrations des anciens du M23 en territoire de Beni à partir des frontières de l’Ouganda. Mais il y a plus grave. En effet, plusieurs fois, après les combats entre FARDC et des assaillants, on retrouve sur le champ de bataille des cadavres de soldats portant des uniformes, des casques et des armes identiques à ceux des UPDF, l’armée ougandaise. De quoi se demander qui sont « ces soldats ougandais » qui se battent contre l’armée congolaise à Beni. La situation pourrait même se dégrader rapidement si la promesse du président Kabila à ses homologues Museveni et Kagame était mise à exécution. Le président Kabila a, en effet, promis de faire revenir au Congo les membres du M23 qui s’étaient repliés au Rwanda et en Ouganda ainsi que les milliers de « réfugiés congolais » installés dans ces deux pays. Les expériences du passés sont que ces deux difficiles voisins se servent systématiquement de ce genre d’occasion pour déployer leurs propres agents au Congo et provoquer des troubles dans le cadre de l’interminable guerre qu’ils mènent contre le Congo depuis 1996.



Boniface MUSAVULI

Analyste politique et militant des droits de l’homme.

Auteur de l’ouvrage LES GÉNOCIDES DES CONGOLAIS – De Léopold II à Paul Kagame,

Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, Vevey, mars 2016 (328 pages).



[1] GEC (Groupe d’étude sur le Congo), un centre de recherche indépendant dirigé par Jason Stearns, ancien Coordinateur du Groupe d’experts de l’ONU sur la République Démocratique du Congo.

[2] GEC, « QUI SONT LES TUEURS DE BENI ? », Rapport d’enquête N°1, mars 2016, p. 16.

[3] Les unités militaires déployées à Beni : - une brigade commando sous le commandement du général Kalonda, avec deux bataillons déployés dans la zone dite « triangle de la mort » commandés par le colonel Ngadjole Tipi Ziro-Ziro ; - 5 régiments d’infanterie venus de Kinshasa et de Dungu, - 4 brigades d’infanterie et - une unité d’appui-feux mixte de la Garde républicaine (les GR) qui a la taille d’un régiment (1.200 soldats). Elle est composée d’un bataillon d’artillerie avec des unités de lance-roquettes multiples et des unités d’artillerie anti-aérienne équipées de canons de DCA déployés autour de l’aéroport de Beni-Mavivi. N.B. : une brigade compte environ 2.500 soldats ; un bataillon compte environ 800 soldats tandis qu’un régiment en compte 1.200.

[4] La brigade d’intervention de la MONUSCO est une force de 3.069 soldats dotée d’un mandat offensif. Elle a été créée par la Résolution 2098 (2013) du Conseil de sécurité de l’ONU du 28 mars 2013. Composée de soldats sud-africains, tanzaniens et malawites, elle vient en appui aux 17.000 casques bleus et aux unités FARDC dans les zones de combats.

[5] Les Territoire de Beni a une superficie de 7.484 km² avec une population de 1.273.583 habitants, soit une moyenne d’1 soldat pour 50 habitants, c’est-à-dire 11 fois plus que la moyenne nationale (1 soldat pour 566 habitats).

[6] ADF : Allied Democratic Forces (Forces Démocratiques Alliées).



[7] C’est sous ce sobriquet que ce monsieur est apparu entièrement masqué pour témoigner à charge au procès sur l’assassinat du colonel Mamadou Ndala, en octobre-novembre 2014, témoignage sur la base duquel la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu avait condamné à mort le lieutenant-colonel Birotsho Nzanzu Kosi, malgré les protestations de ce dernier. Le lieutenant-colonel Birotsho est, depuis, enfermé dans la prison de Makala à Kinshasa.

[8] Daniel Fahey, “Congo’s “Mr. X” - The Man who Fooled the UN”, http://wpj.dukejournals.org/content/33/2/91.abstract.

[9] Mais il faut souligner que les ADF (les vrais) n’étaient pas une « rébellion ougandaise » à proprement parler. Ils ne menaient aucune attaque contre l’Ouganda, mais plutôt contre les populations congolaises. Par ailleurs, les produits de contrebande, du bois et de l’or principalement, dont ils s’emparaient au Congo, ils les écoulaient sur le marché ougandais. Ils utilisaient même des comptes dans les banques ougandaises pour financer leurs activités criminelles. En gros, les ADF et l’Ouganda étaient des partenaires dans le cadre d’une économie mafieuse qu’ils entretenaient sur le dos des Congolais.

[10] Daniel Fahey, op. cit.

[11] Rapport S/2015/19 du Groupe d’experts de l’ONU du 12 janvier 2015, p. 7, § 14.

[12] « L’heure des révélations sur l’assassinat du père Vincent Machozi et les massacres de Beni », 3 avril 2016, benilubero.com/lheure-des-revelations-sur-lassassinat-du-pere-vincent-machozi-et-les-massacres-de-beni/.

[14] Le processus d’occupation du Kivu, d’élimination de ses populations autochtones et de son repeuplement par des populations en provenance du Rwanda est un secret de polichinelle. Le sujet est abordé dans ‘Les Génocides des Congolais’, pp. 235-239.

[15] « Notre cri pour le respect absolu de la vie humaine », Message de l’Assemblée Épiscopale Provinciale de Bukavu (ASSEPB), Butembo, 23 mai 2015. http://www.africamission-mafr.org/Declaration_ASSEPB_23_05_2015.pdf.

[16] CENTRE D'ETUDES JURIDIQUES APPLIQUEES-CEJA-UCG, « Nord Kivu : les députés nationaux du Caucus Grand Nord alertent les Nations Unies sur « Génocide contre la communauté Nande à l’Est de la République Démocratique du Congo », ceja.overblog.com/2016/02/nord-kivu-les-deputes-nationaux-du-caucus-grand-nord-alertent-les-nations-unies-sur-genocide-contre-la-communaute-nande-a-l-est-de-l.

[17] Le général Bahuma est décédé le 31 août 2014 des suites d’un malaise qu’il avait ressenti au cours d’une mission officielle en Ouganda. Pour la petite histoire, le général Bahuma, héros avec Mamadou Ndala, de la campagne contre le M23 et contre les ADF, deux groupes armés liés au Rwanda et à l’Ouganda, s’apprêtait à parler dans un micro lorsqu’il fut pris de malaise.

[18] Plusieurs noms d’officiers FARDC sont cités dans les rapports onusiens pour leur rôle dans le recrutement de tueurs sous masque ADF, la remobilisation des anciens ADF qui avaient fui dans la brousse, la fourniture d’armes, de munitions et de renseignements. Voir notamment Rapport S/2016/466 du Groupe d’experts de l’ONU du 23 mai 2016, §§ 208-212.

[19] Le rôle du général Mundos, à la tête de cette-armée-qui-tue-la-population, devient rapidement flagrant, quasiment dès les premières semaines des massacres. Plusieurs voix s’étaient élevées à pour réclamer son départ de Beni. Le régime Kabila a alors organisé un « tour de magie ». Le général Mundos a été envoyé dans l’ex-Katanga, à Kalemie. Puis, lorsque la vigilance de la population a baissé, il a été discrètement ramené près de Beni, à Mambasa, dans la province voisine de l’Ituri. Il a été placé à la tête de la 32ème Brigade mécanisée de la force de défense principale, tout en cumulant les fonctions de commandant du secteur opérationnel FARDC Mambasa-Nyanyi-Komanda-Nyakunde, en Territoire d’Irumu. C’est justement dans ce secteur que « les migrants-rwandais-voyageant-avec-des-machettes » ont été installés par dizaines de milliers et d’où partent désormais des attaques contre la population du Territoire voisin de Beni (attaques sur Eringeti, Oicha, Mavivi,…).

[20] Ibidem, § 213.

[21] Rapport S/2015/19 du Groupe d’experts de l’ONU du 12 janvier 2015, §§ 41 et 42.

[22] Dans sa lettre du 14 mai 2016, la Société civile de Beni-Lubero réclame de départ de ces soldats. Cf. « RDC : lettre ouverte au président Kabila sur les massacres à Béni », http://www.rfi.fr/afrique/20160517-rdc-kabila-adf-massacres-beni-lettre-ouverte-gilbert-kambale.

[23] Rapport GEC, op. cit., pp. 27-31.

[24] Mouvements que dirigeaient les généraux Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda.

[25] Ils avaient été versés dans les rangs des FARDC durant la période préélectorale de 2011 pour appuyer la Majorité présidentielle.

[26] Rapport du GEC, op. cit. p. 38.
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