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*Kajepa Molobi, l’analyste politique qui s’identifie à la Majorité Présidentielle, s’inquiète de la nouvelle orientation qu’Etienne Tshisekedi donne à son parti, l’UDPS. Il n’accepte pas la nouvelle alliance conclue entre Tshisekedi, qu’il présente comme un agneau et Katumbi, recouvert de la peau d’un loup. Kajepa Molobi affirme avoir la ferme conviction que l’UDPS a été vendue à Moïse Katumbi comme on vend un lingot de cuivre. Sinon, il ne s’explique pas autrement le revirement de Tshisekedi qui, après son soutien au Dialogue et son quitus aux discussions secrètes entre le Pouvoir et l’UDPS à Venise, Ibiza et Bruxelles, souffle aujourd’hui, plus d’une année après, le chaud et le froid. Il conditionne le dialogue à un florilège de préalables. Il jette l’anathème sur le facilitateur qu’il avait, lui-même, tant exigé. Puis, alors qu’il avait demandé l’élargissement de la facilitation internationale, lorsque le Groupe de soutien arrive, il demande que celui-ci soit mué en un panel de facilitateurs. Il joue ainsi au jeu de mots, comme s’il était question, ici, de se livrer à un exercice de sémantique en littérature. Et, au comble de tout, il fait de l’affaire des prisonniers ou détenus politiques, le dernier verrou psychologique pour ne pas embarquer dans le train du dialogue censé, pourtant, trouver un consensus sur toutes les questions liées notamment, au processus électoral. Kajepa Molobi, visiblement exaspéré, approuve, d’ailleurs, la démarche de certains cadres de l’UDPS qui ont décidé, dernièrement, d’ester une action en justice contre Tshisekedi. Car, selon lui, les titillements d’un homme ne peuvent pas sacrifier la lutte des milliers des Congolais qui, depuis plusieurs années, ont cru en son combat. Ci-après, la dernière tribune, sans moufles, de Kajepa Molobi.



POURQUOI L’UDPS A-T-ELLE ETE VENDUE ?

Les Congolais et les étrangers qui suivent l’évolution politique de la République Démocratique du Congo savent que l’UDPS a été créée, le 17 février 1982, en marge d’une lettre ouverte de 13 parlementaires publiée, le 1er novembre 1980. Selon les déclarations des signataires, la nouvelle organisation politique se voulait soucieuse de mettre fin à la dictature du Maréchal Mobutu, d’instaurer la démocratie et un système socioéconomique basé sur la justice distributive.

Quelques années plus tard, l’UDPS a adhéré à l’Internationale socialiste, manifestant ainsi sa décision de lutter pour la mise en place d’une société de progrès et de justice sociale.

A la surprise de beaucoup, l’UDPS n’a pas voulu rejoindre la marche pour la libération de Mzee Laurent Désiré Kabila de 1996-1997, dans le sillage idéologique duquel elle prétendait pourtant mener son combat. Plus tard, elle refusera de s’associer aux efforts de reconstruction initiés par Joseph Kabila depuis 2001. Dès lors, ce parti s’est enfermé dans l’opposition.

Les dernières évolutions de la scène politique apportent une nouvelle confusion dans les milieux intéressés à la chose publique congolaise.

Dans la forme, l’UDPS s’est toujours présentée comme un parti politique. C’est-à-dire, une organisation appartenant à ses adhérents et gérée comme un bien commun par des cadres et dirigeants. Sur le fond, Il apparaît de plus en plus clair, depuis un certain temps, que ce parti s’est complètement éloigné de ses objectifs premiers, rappelés ci-dessus, pour devenir un bien privé appartenant à la seule famille biologique d’un de ses fondateurs. Les idéaux ont été dévoyés ; les cadres, adhérents et militants, n’ont plus voix au chapitre. Seule la famille du leader accapare toute initiative. Un des anciens cadres a d’ailleurs porté plainte en Belgique pour protester contre cette dérive et dénoncer les changements introduits dans les statuts.

L’information qui circule aujourd’hui va encore plus loin ; le parti jadis créé par les Kibassa Maliba, Mbwakiem, Etienne Tshisekedi, Paul Kapita, Joseph Ngalula, Charles Dia et bien d’autres, vient d’être vendu au richissime homme d’affaires katangais et dirigeant d’équipes de football, Monsieur Moïse Katumbi, par ailleurs candidat à la Présidence de la République.

Le parti politique, regroupement des hommes et des femmes qui cherchent à atteindre un but précis, a été cédé comme l’on vend un lingot de cuivre ou comme l’on transfère un footballeur. Autrement dit, pour en tirer profit, réaliser un bénéfice. En échange de quelques millions de dollars, l’homme qui se voulait l’incarnation de l’espoir des Congolais, pour les sortir de la dictature mobutiste et de la misère, a renoncé à tout idéal pour des questions d’intérêts bassement matériels.

Pour de l’argent, foulant aux pieds toute son histoire et au mépris de ceux qui sont morts dans son long combat, le parti s’est mis au service d’un projet politique qui n’a absolument rien à voir avec les idéaux proclamés en 1980.

L’UDPS se voulait un parti luttant pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Voilà ce qui explique son choix de la social-démocratie, comme doctrine politique. Or nous avons vu la pratique politique de Moïse Katumbi. Elle est complètement dominée par le principe de l’enrichissement personnel effréné, tout en méprisant les populations qu’elle maintient dans la plus grande indifférence. Tout son système est basé sur la corruption. Tous ceux qui l’ont suivi, l’on fait en échange de l’argent. Et l’affaire de la spoliation immobilière de Lubumbashi éclaire davantage la personnalité de l’homme qui veut gérer la République. Comment expliquer ce choix du mariage entre le loup et l’agneau ?



Comment comprendre l’association entre, d’une part, un homme qui prétend avoir sacrifié 30 ans de sa vie et qui a réellement mis en danger l’existence de beaucoup de ses compagnons pour la recherche d’un idéal et, d’autre part, un prédateur qui n’agit qu’en fonction des intérêts financiers et qui ne fait preuve d’aucun scrupule dans la recherche de cet enrichissement inconsidéré ? Faut-il, à cause de la fatigue psychologique d’un homme, sacrifier la lutte des milliers des Congolais qui ont cru en son combat ?

Aujourd’hui, il est clair que Moïse Katumbi s’est associé à de grands capitaux étrangers afin de s’emparer des richesses de notre pays pour son intérêt et celui de ses alliés de toujours. Dans ce complot, ils veulent utiliser l’un des partis politiques les mieux installés dans la nation congolaise. Voilà ce qui explique le fait qu’après avoir soutenu le dialogue et accepté de le préparer à Venise, Ibiza et Bruxelles, avec les délégués du Pouvoir, le leader de l’UDPS se rétracte, en soufflant aujourd’hui le chaud et le froid. Nous devons, pour l’intérêt général, non seulement dénoncer, mais combattre ce projet maléfique.

En effet, ce qui se passe actuellement à l’UDPS ne concerne pas que les cadres, militants et adhérents, de cette organisation politique. Ils se montrent, d’ailleurs, complètement désorientés. La situation de ce parti devrait interpeller tous les Congolais désireux de voir notre pays se construire sur des valeurs autres que la simple recherche d’un enrichissement égoïste.

Si l’on vend son parti, il est clair que l’on peut vendre aussi le pays.

Mboka na biso ezali eloko ya koteka te !

Inchi yetu haiko kitu ya ku uzisha !

KAJEPA MOLOBI
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