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Ainsi qu’on le sait, le dialogue tant attendu par des millions de Congolaises et Congolais en vue de baliser la voie devant conduire aux élections n’a toujours pas commencé. Aussitôt lancé le jeudi 1er septembre par son facilitateur, Edem Kodjo,
il a subi un brutal coup d’arrêt après le constat de son déficit d’inclusivité par les participants eux-mêmes, qui ont répondu favorablement à la requête de Vital Kamerhe, président de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), qui a sollicité la suspension momentanée des travaux en raison de l’absence des membres de l’Opposition regroupés au sein du « Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement ». L’ancien président de l’Assemblée Nationale et ancien sociétaire de la Majorité Présidentielle a pris l’engagement de mener une mission de bons offices auprès des « absents » au dialogue afin de les convaincre de revenir à la table des négociations, soulignant au passage que l’objectif de ce forum devrait être la recherche d’un consensus autour de la tenue de la présidentielle.
Alors qu’on s’interrogeait sur la manière dont il allait s’y prendre pour renouer le contact avec des partenaires politiques qu’il avait refusé de rejoindre au Conclave de Genval, à la rencontre de Paris entre l’Opposition et les représentants de la Communauté internationale ainsi que lors du grand meeting du 31 juillet à l’esplanade du boulevard Triomphal, on a vu surgir du néant le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso. Ce dernier a rencontré et écouté aussi bien le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, et sa famille politique, ainsi qu’Etienne Tshisekedi et ses alliés du Rassemblement, mais aussi des délégués de la Société civile, le facilitateur Kodjo et des membres du Groupe de Soutien au dialogue.
En attendant de connaître les conclusions de ses consultations et ce qu’il pense des éléments du blocage, on peut noter qu’il s’est retrouvé avec deux cahiers de charges sur les bras, à savoir la « Feuille de route du dialogue », adoptée à l’issue des travaux du Comité préparatoire régenté par la Majorité présidentielle, et le « Cahier de charges » du Rassemblement, daté du 31 août 2016 mais rendu public le jeudi 1er septembre sous la signature d’Etienne Tshisekedi, en sa qualité de président du Comité des Sages.
Qu’on le veuille ou non, la République Démocratique du Congo fait face à une nouvelle bipolarisation de sa classe politique, avec d’une part les pro-Kabila et de l’autre, les pro-Rassemblement.
Des divergences toujours pendantes
Selon la « Feuille de route du dialogue » élaborée par la Majorité présidentielle et quelques membres de l’Opposition et de la Société civile acquis à sa vision de ce forum, l’ordre du jour devrait s’articuler autour du fichier électoral, des séquences des élections, des mesures de confiance, du calendrier électoral, des mesures d’équité et de transparence du processus électoral (fonctionnement de la Ceni), de la sécurisation du processus électoral, de la sécurité des personnes sur toute l’étendue du territoire national, du budget et du financement des élections, du code de bonne conduite lors des élections, de l’accord politique et mécanismes de sa mise en œuvre et de son suivi.
Selon la Majorité présidentielle et ses alliés, cette «feuille de route» devrait permettre aux participants de « réfléchir, d’échanger et de débattre, en toute liberté et sans contrainte, des voies et moyens de l’organisation d’élections crédibles, transparentes, apaisées et inclusives en République Démocratique du Congo, dans le respect de la Constitution et conformément aux autres textes et instruments nationaux et internationaux pertinents ». Le même document propose un format de 200 participants, dont 68 pour la Majorité présidentielle, 68 pour l’Opposition politique, 39 pour la Société civile, 25 pour les personnalités à désigner par le Facilitateur.
Le Rassemblement, tout en maintenant sa décision portant récusation du facilitateur Kodjo, estime que le point central à débattre au dialogue politique est le processus électoral, comprenant notamment le fichier électoral, le calendrier électoral et l’ordre de priorité des élections, la neutralité, l’indépendance et l’impartialité des institutions et services publics impliqués dans le processus électoral, notamment la Ceni, la Cour Constitutionnelle, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, la territoriale, l’armée, la police, les services de sécurité, les sociétés d’Etat et les Etablissements publics, la sécurisation des élections.
Le cahier des charges du Rassemblement indique que le dialogue devrait répondre à un format de 100 participants, dont 50 pour la « Mouvance présidentielle élargie et restructurée à Béatrice Hôtel » et 50 pour « le Rassemblement et tous ceux avec qui il partage la vision ». Il y est précisé que « la Facilitation, n’étant pas partie prenante au dialogue, ne peut avoir ses invités à elle ».
Les préalables du Rassemblement
Mais, avant toute participation au dialogue, cette plate forme politique exige des mesures de décrispation : libération sans condition des détenus politiques et d’opinion, des activistes des droits de l’homme et des journalistes ; retour en toute sécurité et sans ennuis des exilés politiques congolais, abandon des procédures judiciaires arbitraires contre les opposants et les membres de la société civile, arrêt de tout forme de harcèlements, d’intimidations et de menaces contre les membres de l’opposition tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays, ouverture des médias publics à tous les courants d’opinion, ouverture de tous les médias proches de l’opposition fermés, dissolution des partis politiques ayant adopté les mêmes dénominations, symboles et signes distinctifs que les partis régulièrement constitués, arrêt et abandon des tracasseries fiscales, administratives et policières contre les membres de l’Opposition et de la société civile.
Dialogue inclusif impossible ?
Au regard des cahiers de charges sous examen, les divergences paraissent insolubles. D’une part, le pouvoir ne manifeste aucune volonté de voir Kodjo rendre son tablier de facilitateur, libérer les prisonniers politiques les plus en vue (Diomi, Muyambo, Mulongo, Yangambi), arrêter les poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi, accepter le retour des exilés politiques (Roger Lumbala, Antipas Mbusa et consorts), revoir à la baisse le nombre de participants au dialogue, organiser l’élection présidentielle cette année, etc.
D’autre part, l’Opposition n’entend pas participer à un dialogue ayant pour facilitateur Edem Kodjo, fermer les yeux sur les prisonniers politiques et d’opinions non libérés, partager son quota de participation avec des opposants en collusion avec la Majorité présidentielle, accepter un dialogue fourre-tout, etc.
Le dialogue inclusif parait impossible dans un climat de méfiance totale entre la Majorité Présidentielle et la Rassemblement. Le scénario le plus probable serait celui de la tenue d’un dialogue qui serait une pale copie des Concertations Nationales, avec un résultat que tout le monde peut désigner : la persistance de la crise politique au sommet de l’Etat, avec des conséquences difficiles à imaginer. Kimp


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