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Kinshasa s’est dit choquée par les propos de François Hollande accusant le gouvernement congolais d’"exactions" contre son peuple. Des affrontements survenus lundi et mardi entre policiers et opposants ont fait au moins 17 morts.

"Comme à l'accoutumée, nous avons eu droit à des injonctions comminatoires." Le gouvernement congolais s’est dit, jeudi 22 septembre, par la voix de son porte-parole Lambert Mende, choqué par les propos de François Hollande. Le président français avait accusé mardi l’État congolais d’"exactions" contre son peuple après que la manifestation de lundi a été marquée par la mort d'au moins 17 personnes.

C'est "à se demander si la RD Congo [est] devenue un nouveau département d'outre-mer issu de nouvelles conquêtes de l'Hexagone", a ajouté Lambert Mende, reprochant au président français de s'être "permis de tirer à boulets rouges" sur le gouvernement congolais "avec des accents de maître d'école".

Lundi et mardi des affrontements entre forces de l’ordre et jeunes réclamant le départ du président Joseph Kabila ont fait au moins 32 morts, selon le bilan officiel provisoire. L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d'opposition historique en République démocratique du Congo, conteste ce nombre et estime que les affrontements ont fait "plus de 100 morts".



Jeudi matin, le calme était précaire dans la capitale congolaise. La circulation était encore inhabituellement fluide dans cette mégapole de 10 millions d'habitants gangrenée quotidiennement par les embouteillages. L'activité économique tournait au ralenti, beaucoup de boutiques restant fermées.

À l'échangeur de Limete (centre-ouest de la capitale), d'où était partie la manifestation lundi, plus d'une centaine de militaires étaient postés. Non loin, un grand nombre de policiers et soldats étaient déployés aux abords du camp militaire Mobutu, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Journée de deuil national

L’opposition avait appelé lundi à manifester pour exiger du président Joseph Kabila qu’il quitte le pouvoir à l'issue de son mandat, le 20 décembre, et convoque l’élection présidentielle dans les temps. Mais, selon Bruno Tshibala, porte-parole de l'UDPS, principal parti d’opposition, les forces de l’ordre ont ouvert le feu avant même que tous les participants aient pu rejoindre le point de rendez-vous.

"Nous comptons décider d'une journée de deuil national lors de l'enterrement de nos combattants tués par le pouvoir", a-t-il déclaré jeudi à l'AFP. "Nous comptons nous rendre en cortège jusqu'au cimetière, avec le président Tshisekedi en tête", a-t-il ajouté. Opposant historique sous la dictature du maréchal Mobutu puis à Laurent-Désiré Kabila et à son fils Joseph, Étienne Tshisekedi est le fondateur de l'UDPS. Il se considère "président élu" de la RDC depuis l'élection de novembre 2011, entachée de fraudes massives, ayant reconduit Joseph Kabila à la tête du pays.



La Constitution interdit au président Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais le chef de l'État ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser avant le 20 décembre.

Les violences à Kinshasa ont éclaté alors que se déroule un "dialogue national" entre la majorité au pouvoir, des représentants de la société civile et une frange minoritaire de l'opposition pour tenter d'esquisser une voie de sortie à la crise politique qui consume le pays. Suspendus mardis, les travaux de ce forum sont censés reprendre vendredi.

Avec AFP
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