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Le ciel est de plus en plus nuageux sur la sphère dirigeante de la RD-Congo. La Communauté internationale ne jure plus que par l’alternance du pourvoir au pays de Kabila. Et après les événements des 19 et 20 septembre 2016, la pression monte d’un cran. Ingérence? Non, a-t-on répondu.

«Ce n’est pas de l’ingérence. Nous ne demandons pas aux RD-Congolais de voter pour telle ou telle personne. Là ce serait de l’ingérence. Nous sommes dans notre responsabilité quand nous disons: vous avez une Constitution, mais vous ne la respectez pas. Quand vous ne la respectez pas, c’est une atteinte au droit démocratique de tout le peuple RD-congolais», avait déjà expliqué Jean-Marc Ayrault le 23 septembre à New York.

Du côté américain, des sanctions contre des officiers RD-congolais continuent de tomber. Après le Général Kanyama en juin dernier, le Département du Trésor américain a ciblé cette fois-ci deux officiers supérieurs de l’Armée et de la Police. Il s’agit du Général-major Gabriel Amisi Kumba, commandant des FARDC, et du général John Numbi, ancien commissaire général la Police nationale congolaise -PNC-, accusés de menacer la stabilité et de nuire au processus démocratique dans le pays. Kinshasa proteste et riposte. Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a qualifié ces châtiments d’ubuesques.

Selon lui, ces pressions et injonctions comminatoires d’origine étrangère continuent à semer le trouble dans les esprits. Avant lui, son collègue de la Défense nationale Crispin Atama a accusé les Etats-Unis de vouloir armer l’Opposition… comme en Libye, en Syrie et au Katanga. C’est l’escalade.
Le désamour semble consommé entre Kinshasa et Washington qui tient mordicus à voir s’opérer une alternance démocratique au pouvoir en RD-Congo.

Deux semaines seulement après le passage de l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands-lacs, Tom Periello, détenteur d’un message du Président américain Barack Obama au Chef de l’Etat RD-congolais Joseph Kabila, exigeant le respect de la Constitution et la tenue à bonne date des élections, le Département du Trésor américain a sanctionné, mercredi 28 septembre 2016, deux galonnés des forces sécurité RD-congolaise: le général FARDC Gabriel Amisi dit Tango four et l’ancien chef de la police John Numbi. Raison avancée: ils menacent la stabilité et nuisent au processus démocratique dans le pays.
Cette sanction est la deuxième après celle du chef de la police de Kinshasa, Célestin Kanyama en juin dernier. Véritable pression contre le régime Kabila.
Réaction véhémente de Kinshasa
A son tour, le gouvernement RD-congolais a réagi avec véhémence. Deux déclarations dans la seule journée du 29 septembre. D’abord, le ministre de la Défense Crispin Atama qui a en sa charge l’armée nationale. Il a accusé les USA de chercher à armer l’Opposition politique RD-congolaise. «Il y a longtemps que la position de Washington en faveur de l’Opposition RD-congolaise est connue de tout le monde», a-t-il affirmé le ton peu diplomatique.
En réaction aux propos du directeur du Trésor américain, John Smith, interdisant aux ressortissants américains de faire des transactions avec Amisi et Numbi, le ministre Atama un brin sarcastique a argué: «menacer par écrit les banques commerciales en RD-Congo qui oseraient garder les comptes de ces officiers est un coup d’épée dans l’eau… Nous aurions souhaité voir les mêmes sanctions appliquées aux policiers qui commettent des bavures sur les noirs aux noirs».
A en croire le ministre de la Défense, le fait que Washington retire son personnel diplomatique prouve que le pays de l’oncle Sam «cherche à armer l’opposition ou le fait déjà, comme en Libye, en Syrie ou au Katanga».
Puis, un communiqué du gouvernement signé par le ministre de la Communication et Médias Lambert Mende est venu en rajouter. Avec la rhétorique qui lui est familière, Mende a qualifié les sanctions américaines d’«initiatives cavalières» Ce, parce qu’aucune plainte dans l’ordre judiciaire interne n’a été articulée à l’endroit de ces deux officiers RD-congolais.

«Il parait clairement qu’en revisitant l’histoire, ce schéma correspond à celui qui a conduit au chaos des pays comme la Lybie ou le Soudan aujourd’hui menacés de disparition après avoir été soi-disant aidés par ceux qui se sont arrogés le rôle de maître du monde et pour lesquels sont versés maintenant des larmes de crocodile», a-t-il avancé, appuyant ainsi les propos de son collègue de la Défense.
Et le ministre des Médias, incisif, d’enchainer: «La RD-Congo, déjà victime de ces schémas imposés de la part des mêmes Etats qui n’ont jamais, jusqu’à ce jour, rendu compte des stratégies naguère vécues par son peuple, notamment avec l’ignoble assassinat de son élu Patrice Emery Lumumba en 1961, ne veut plus à aucun prix, alourdir le tribut à payer aux adeptes des ingérences extérieures attentatoires à son autodétermination».
Comme Washigton, Paris a également opté pour la ligne dure contre Kinshasa. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault a prévenu contre la menace d’une guerre civile, pointant du doigt le Président Kabila.
Hugo Robert MABIALA

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