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Bien avant que la plénière ne se fixe sur les trois scénarii proposés par la Céni, Edem Kodjo s’est empressé d’étaler sa préférence. Il a pris parti pour les « 16 mois et un jour », courant à partir de février 2016, contre les « 10 mois et demi » proposés par les Nations unies à compter du 30 juillet 2016. Quid ? Edem Kodjo est enfin sorti de sa tanière. En lieu et place de faciliter le dialogue, le Togolais est venu plutôt faciliter la prolongation du mandat de Joseph Kabila, suivant un scénario écrit d’avance.

Le deuxième jour du dialogue politique de la Cité de l’Union africaine (UA) a été consacré à l’évaluation du processus électoral. A l’occasion, le président de la Céni, Corneille Nangaa, a fait le point du travail abattu dans la perspective de l’organisation d’élections apaisées, crédibles et transparentes. « L’évaluation du processus électoral (problématique du système électoral) ; le fichier électoral ; la séquence des élections ; le calendrier électoral ; les mesures d’équité et de transparence ; la sécurisation du processus électoral ; le budget et le financement des élections », sont des questions sur lesquelles la Céni attend avoir des réponses précises des participants au dialogue politique.

Dans son exposé inaugural, le président de la Céni a présenté à la plénière trois scénarios possibles pour la relance du processus électoral. La première option consistait en la prise en compte du fichier électoral dans sa forme actuelle, quand bien même celui-ci serait jugé « infecté » par l’Opposition, « corrompu », selon la Majorité, et « inapproprié », de l’avis de la Société civile. La deuxième option renvoyait, selon Corneille Nangaa, à l’actualisation du fichier électoral actuel, en y intégrant notamment les nouveaux majeurs, les Congolais de la diaspora, après avoir, éventuellement, élagué les morts. Enfin, la dernière option consistait en la refonte du fichier électoral et, donc, la reprise des opérations d’enrôlement et d’identification des électeurs.

Une mascarade

Pour le président de la Céni, il revenait au dialogue politique de trancher sur l’option à mettre en œuvre. Une fuite en avant. Car, l’option a été levée sans que les parties congolaises ne soient consultées. Depuis juillet 2016, la Céni procède, à partir de la phase expérimentale de la province du Nord-Ubangi, à la refonte du fichier électoral par l’enrôlement et l’identification des électeurs. L’exposé de son président devant la plénière du dialogue était une mascarade. L’opération de refonte du fichier électoral est déjà mise en œuvre. Ce qui prouve l’adoption du troisième scénario présenté par Corneille Nangaa.

En faisant semblant de se plier au dialogue dans le choix d’une option, le président de la Céni s’est offert en spectacle, le jeu consistant à remplir une formalité qui n’avait aucune influence sur l’option déjà en œuvre au niveau de la centrale électorale. Tout étant boutiqué d’avance, le facilitateur Edem Kodjo est rentré dans la danse dont il connaissait bien les pas. C’est ce qui ressort de son communiqué du 6 septembre 2016.

Dans ce document, le facilitateur confirme son choix, lequel a été opéré par son mandant. Il note dans ledit communiqué que « les deux exposés (Ndlr ceux de la Céni et des Nations unies) présentent des points de convergence pour ce qui est des enjeux et de l’état des lieux du processus électoral ». Il continue en faisant remarquer que « des divergences résident cependant au niveau de la durée d’enrôlement des électeurs. 16 mois et demi pour la Céni à partir de février 2016 et 10 mois et demi pour les Nations unies à partir du 30 juillet 2016 ».

Ce qui saute aux yeux tout de suite, c’est que Edem Kodjo s’est déjà mis dans le troisième schéma proposé par la Céni, c’est-à-dire celui de la refonte du fichier électoral, en réduisant les divergences à la seule « durée d’enrôlement des électeurs ». Si tel est le cas, pourquoi continue-t-on à débattre de cette question ? Réponse : l’imposture se met en place au niveau du dialogue de la Cité de l’UA.

Kodjo s’est dévoilé

A tout prendre, il y a une logique qui régente le dialogue piloté par Edem Kodjo. Les 14 jours que se sont donné les délégués à ce forum national qui pèche par son exclusion et son ton monologue, malgré les apparences, ne servent qu’à jouer aux prolongations en entretenant un faux suspense. Ce qui est vrai c’est que les conclusions de ce forum ont déjà été pensées et ficelées au plus haut niveau de la Majorité présidentielle. La trahison est venue de l’amateurisme du Togolais qui s’est précipité à faire mention de la refonte du fichier électoral, au moment où aucun compromis n’a encore été dégagé à la plénière.

Ils ont raison ceux qui, à l’instar de principaux partis du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, continuent à fustiger le penchant très prononcé d’Edem Kodjo envers la Majorité présidentielle, et par ricochet, Joseph Kabila.

En réalité, Edem Kodjo reste fidèle à la ligne et au schéma qu’on lui a dictés. Toute sa mission se réduit aujourd’hui à la question de savoir combien de temps il faut pour arriver aux scrutins. Qu’importe le temps que ça prendra. C’est tout le sens du dialogue qui se tient présentement à la Cité de l’UA. Tout compte fait, Edem Kodjo exécute une mission qui se réduit en la prolongation du mandat de Kabila. Un schéma tracé à l’avance et qu’il exécute à la lettre, sous la supervision des ténors de la Majorité présidentielle.

LP/LC
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