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*48 heures après les directives de Kabila à Kingakati, la Majorité Présidentielle s’y plie. Désormais, comme l’avait si bien annoncé Aubin Minaku, lors de sa restitution télévisée de ce dimanche 9 octobre, sur les antennes de la télévision publique, toutes les options ont été levées, pour la conclusion du dialogue sur une note d’espoir. Ainsi, un accord politique quel qu’il soit, même si l’on sait d’avance qu’il ne saurait être accepté par les sociétaires du Rassemblement de l’Opposition, sera-t-il signé, en fin de cette semaine. Kodjo, le Facilitateur désigné par l’Union Africaine et appuyé par l’Onu, va, très prochainement, plier bagages et rendre le tablier à ses mandants. Ceci ouvrirait, par conséquent, la voie à l’avènement d’un autre médiateur qui, normalement, dans le souci de rechercher un large consensus ainsi qu’une véritable inclusivité, pourrait se jeter dans les eaux bouillantes de la bouillabaisse politique congolaise, pour rééditer, une fois de plus, l’exploit de la pêche miraculeuse, en allant vers l’inoxydable Tshisekedi et ses colistiers de l’Opposition radicale congolaise. Et, dans cette perspective, le nom de Kofi Annan supplante celui de Said Djinnit qui, s’il était désigné, risquerait de subir le même sort que Kodjo, en essuyant des flèches enflammées de la ‘’satanisation’’ de la part du Rassemblement des Forces politiques et sociales pour le changement, du fait d’avoir déjà œuvré dans une mission similaire, dans la Région des Grands Lacs. D’ailleurs, le conclave du 4 octobre dernier, à Limete, dans le rapport final, en avait tiré la sonnette d’alerte.

Qui succédera à Matata ? A qui reviendra la charge de conduire la transition post-dialogue ? Sous quel format et sur pied de quel texte juridique ? Combien de temps prendrait cette transition jusqu’aux élections ? Difficile à ce stade, d’en dire plus. D’autant que les participants au groupe restreint, du moins, officiellement, ont choisi jusqu’ici, de donner la langue au chat tant que l’accord politique n’aura pas été signé. Tous, alors tous, de la Majorité, de l’Opposition ou de la société civile, n’acceptent pas de répondre à toutes ces questions. Néanmoins, dans les parvis des négociations secrètes, grâce à la dextérité des divers fins limiers branchés à des sources croisées, il a été donné de glaner quelques informations sous forme de bribes.

Grosso modo, il y a lieu de noter que les options ont été levées sur ordre de Joseph Kabila, l’Autorité Morale. La Majorité, après plusieurs jours de titillements, n’avait plus qu’à s’exécuter. Hier, en effet, la famille présidentielle a donné des signaux encourageants, pour l’Opposition pro-dialogue. L’affaire de la Primature, c’est fini. C’est l’Opposition qui s’en occupera. Toutes les autres questions, y compris celles qui, naturellement, sont considérées, outre mesure, comme étant les plus ultra-sensibles, ont été évoquées. Point par point, les barres ont été mises sur les ‘’T’’.

Accord politique, la dernière main…

C’est maintenant, une question de jours ou d’heures, pour la signature de l’Accord Politique, afin de sceller le principe de la gestion consensuelle de la période intérimaire. Les juristes s’y affairent, en toilettant et fignolant le texte, sous l’œil vigilant du Facilitateur, M. Edem Kodjo. On y met, donc, la dernière main. Alors que les politiques, eux, se perdent en conjectures sur la suite des avancées sur ce chemin aux enjeux périlleux, pour s’assurer que les choses iront bien dans la direction tracée. En tout état de cause, toutes les conclusions des experts nationaux et internationaux, sont unanimes, quant à l’impossibilité, pour la CENI, d’organiser des élections dans les délais constitutionnels.

Cap sur la refonte totale

Nangaa clique sur un double clavier. D’abord, sur celui de la refonte totale du fichier électoral, conformément à l’une des options levées à la Cité de l’Union Africaine. L’objectif visé, dans ce travail titanesque, c’est de disponibiliser d’un fichier électoral, au plus tard, le 31 juillet 2017. Ensuite, sur celui de la priorité des élections accordée à la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales qui devront, si les moyens techniques et financiers le permettent, s’élargir aux locales, en une séquence et en un jour. On peut dire à ce sujet que le Président de la CENI qui a réceptionné une ribambelle de kits électoraux hier, à l’aéroport international de N’djili, ira à l’assaut de sept nouvelles provinces dont 4 de l’Ex-Equateur et 3 de l’ex-Katanga. Il dit être déterminé à accélérer le rythme dans le but de tenir les engagements pris devant les plénipotentiaires du dialogue de Kodjo, le récusé.

Mystère

Le calendrier électoral reste un mystère. Pour le réaliser, la CENI, selon son Président, Corneille Nangaa, a besoin, à la fois, d’un fichier électoral et de la loi portant répartition des sièges. En l’absence de ces deux supports substantiels, la CENI s’est contentée seulement, de livrer quelques indications de dates. L’on sait, par exemple, qu’en septembre 2017, elle pourrait convoquer le corps électoral pour des élections prévues, si tout va bien, le 25 novembre 2018. Entre guillemets, les boursicoteurs pourraient-là, comprendre que la mise de ce feuilleton de transition, s’étendrait à quelque deux ans, si pas plus.

Des étincelles

Mercredi 19 octobre s’annonce de nouveau chaud à Kinshasa, la mégalopole de la RD. Congo. Deux rendez-vous sont avancés dans le microcosme politique. La Majorité présidentielle se mobilise pour marcher, en appui à l’accord politique et aux institutions de la République. Alors que le Rassemblement, tracté par Tshisekedi wa Mulumba Etienne, promet de décerner le carton jaune à Kabila, en plongeant ses partisans dans une journée ville morte. Les deux démarches, de nature à se télescoper, peuvent déboucher sur des excentricités aux allures étincelantes. Sur ce point, maints analystes craignent qu’il n’en résulte de nouveaux débordements fâcheux. On risque encore d’en arriver à la guerre des chiffres sur le nombre des morts, des blessés, des disparus.

Vrai dialogue ?

Peu avant de suspendre sa participation au dialogue, la CENCO disait qu’elle n’avait pas besoin de donner son quitus à l’imminent Accord politique, sous peine de s’exposer aux affres des politiciens, restés en marge. Allusion faite, évidemment, au Rassemblement dont la voix compte dans l’opinion, avec des milliers des personnes qu’il draine, à chaque rendez-vous public. Prêchant au milieu du village, la CENCO promet de se battre pour arrondir les angles, en recherchant un consensus plus large. Didier Reynders, depuis Bruxelles, émettait sur la même longueur d’ondes. Jean-Marc Ayrault, le Ministre français des Affaires Etrangères, n’était pas loin de là, lorsqu’il tentait de peindre, à sa manière, la situation de la RD. Congo. A tout prendre, le Rassemblement, derrière Etienne Tshisekedi, réclame un vrai dialogue. Mais, il pose des préalables renforcés et actualisés. S’il faut y répondre, il sera question, pour la Majorité Présidentielle, déjà coincée par le groupe de Kamerhe et consorts, avec lequel elle aura, pendant ce temps, signé un Accord politique, de penser à des concessions supplémentaires. La paix et la stabilité sont, semble-t-il, à l’aune d’un tel nouveau pari. Et, pourtant, Joseph Kabila, en instituant une brigade électorale au travers de la Cellule de coordination, voulait bien mettre une croix sur ces affaires, devenues emberlificotantes, de vrais ou faux ‘’dialogues’’ à l’infini.
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