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La prostitution à Kinshasa prend une proportion inquiétante. Celles que les kinois appellent ‘’fioti-fioti‘’, ‘’kamuke‘’, ‘’molaso‘’, ‘’kapuba‘’, ‘’forces nouvelles‘’, ‘’pressée pressée ‘’ etc. deviennent, de plus en plus, des véritables fossoyeurs des ménages car, elles détournent les hommes de leurs femmes. Ces professionnels du plus vieux métier du monde sont perceptibles, çà et là, aux grands carrefours de la capitale congolaise, avec une spécificité pour chacune des vingt-quatre communes que compte la Ville-Province de Kinshasa.

C'est dans le célèbre quartier Matonge, dans la commune de Kalamu, que la prostitution est plus connue des Kinois et même des étrangers. Pour les rencontrer, il suffit d'y faire un tour, aux environs de 19 heures. Des jeunes femmes dont l'âge varie entre 15 et 35 ans errent dans les rues et les recoins sombres à la recherche des clients. Ce sont les ‘’Pressée Pressée‘’. Elles sont aux aguets près des bistrots. Elles surgissent aussi parfois comme venues de nulle part pour courir vers les taximen ou les conducteurs des voitures personnelles. Cela, que ces derniers manifestent un désir particulier ou pas. «Je suis disponible pour vous. Quand et comment vous voulez », lâchent-elles. Quand la clientèle se fait rare, c'est le jet de papier mouchoir qui départage. Même si l’homme voulait conclure avec une autre, souvent, il se trouve dans une situation difficile où doit-il accepter de partir avec celle qui l’a touché en premier. Dans le cas contraire, il risque de provoquer une ''dispute'' entre la ''préférée'' et celle dont le mouchoir l’a atteint en premier. Cette méthode d'approche de la clientèle s'est déportée dans le quartier Yolo où l'on rencontre également des filles de joie parfois très agressives. Celles-ci n'hésitent pas à faire la guerre aux «couples » qui passent dans leur périptère avec des attaques particulières contre les femmes.

Le réseau
De ce commerce indirect, des Nganda, c’est-à-dire, des maquis kinois en ont fait leur spécialité. C’est à ces endroits que l’offre et la demande se croisent. Dans la commune de Kasa-Vubu on y rencontre des filles de joie de tout âge même ceux de 12 ans et plus. Ces mineures appelées ‘’forces nouvelles‘’ seraient particulièrement efficaces pour détourner les maris du coin et ceux qui ont le malheur ou soit le bonheur, c’est selon, de passer par les zones où elles sont postées. «Je déteste ces enfants-là », lâche Yvonne K., une dame dans la trentaine, croisée dans cette partie de la Ville-province de Kinshasa. « A cause d'elles, mon père à un moment donné avait déserté le domicile. Il louait un appartement pour une fille qui avait presque la moitié de mon âge. Elle devait avoir 15 ans. Ce sont des briseuses de foyers ». A Gombe, c'est vers 21 heures que ces prostituées arrivent sur le lieu du travail. Les prix des passes se négocient et une fois le marché conclu, le couple de circonstance prend alors la direction vers un hôtel selon les moyens disponibles. Dans la commune de N’djili, il existe des milliers de maquis et buvettes, on rencontre une série des ‘’fioti-fioti‘’ et les ‘’nouvelles générations‘’ à tout bout de chemin mais surtout à la fameuse rue Kimbuta. Là, elles sifflent des bouteilles d’alcool comme de l'eau. « Ce sont les filles les plus moins coûteuses », explique JP M., en faisant allusion au prix de passe. « Pour aller avec une, il faut passer par son ventre, c'est-à-dire, qu’il faudrait la nourrir», souligne-t-il. Pour lui, il suffit de partager un repas avec elle. Cet acte fait déjà partie des frais de prestation. Une situation qui n'est pas anodine. Elle illustre la pauvreté dans laquelle vivent ces filles prêtes à tout pour un morceau de pain.

Une troublante confession
«Ma sœur Sandra et moi avons été obligées, après avoir exercé la prostitution pendant plus d'une année pour une proxénète, de la quitter et pour nous installer à notre propre compte », explique Viviane. Elle et sa sœur, Sandra, ont été victimes d’une dame qui les a prises au Bandundu auprès de leur parent pour les amener à Kinshasa en usant de ruse. Elle prétextait disposer d’un bistrot très florissant. Et, ainsi, avait-elle demandé ces deux filles pour venir avec elle à la capitale en tant qu’employée. Pour convaincre les parents, elle avait promis monts et merveilles. Le rêve prendra fin ici à Kinshasa pour les deux filles qui seront forcées à satisfaire les clients particuliers de cette dame qui, de ce fait, se révélait proxénète.

La passe était à 1500 Fc. La dame prélevait 500FC afin d'assurer les charges de loyer, d'électricité et de l'eau. Ses deux protégées ne percevaient que 1000Fc et devaient se prendre elles-mêmes en charge. Dans le quartier de Kingabwa, un confrère révèle que le réseau génération ‘’pressée pressée‘’, constitué spécialement des adolescentes dont l'âge varie entre 12 et 15 ans, est tenu par des proxénètes hommes. « Nous n'avons pas forcé les petites filles à se prostituer », relaie-t-il des propos d'un entre eux qui souligne qu'il rend service à des enfants abandonnées par les familles et qui, aujourd'hui, vivent dans une misère indescriptible.
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