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Les égoïstes veulent tout pour eux et rien pour les autres, allant jusqu’à sacrifier les intérêts du grand nombre pour se faire plaisir. Sur le théâtre politique congolais, les attitudes, actions et démarches des uns et des autres fixent l’opinion congolaise sur qui aime véritablement la RDC. Comment tirer de la sagesse de l’attitude de l’une ou l’autre des deux femmes qui réclamaient l’enfant vivant dans le jugement de Salomon ?

Les Congolais connaissent l’acteur politique qui dit sans cesse : « Si je ne suis pas au pouvoir, rien ne doit marcher en RDC ! ». L’esprit qui contrôle cet acteur politique a trouvé d’autres médiums parmi les nouveaux politiques de la RDC. Moïse Katumbi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de montrer combien il veut asphyxier la terre de nos ancêtres s’il n’accède pas, selon sa programmation des faits, à la magistrature suprême. En effet, invité de la BBC le vendredi 14 octobre courant à Londres, l’ex-gouverneur du Katanga a, tout de go, déclaré que les contrats miniers signés aujourd’hui par l’actuel gouvernement n’engageraient pas le futur gouvernement et seront renégociés. La raison avancée par ce protagoniste veut que Joseph Kabila, à trois mois de la fin de son mandat, n’ait pas le droit d’engager la République. Il s’est étonné de la précipitation avec laquelle des sociétés signaient des contrats. Il est allé jusqu’à dire : « Moi je pose la question à toutes ces sociétés cotées en bourse, aujourd’hui pourquoi aller acheter illégalement des choses? ». A s’en tenir à Moïse Katumbi : «Et nous ne pouvons pas accepter que quelqu’un qui est en train de violer la Constitution et qui donne des contrats pendant son préavis. ». Pour le Chairman de TP Mazembe, « la seule chose qu’il lui reste, c’est d’organiser les élections.».

Le droit et le monde à la katumbi

Manifestement, on se demande si Katumbi consulte ses experts avant de faire ses sorties médiatiques, car sous plusieurs regards, il va de gaffe en gaffe. Il apparaît clairement qu’il veut créer le monde à lui et selon lui sans se référer aux repères déjà tracés. En vertu de quelle disposition constitutionnelle, un président fin mandat ne peut plus engager le pays qu’il dirige ? Un président en fonction engage son jusqu’à la dernière seconde de son mandat, quitte à le faire selon la loi. Le langage, de surcroît, de préavis, est-il consacré dans la Constitution congolaise ? Est-il expressément écrit dans la Constitution congolaise qu’en attendant l’organisation de la présidentielle, le président fin mandat qui reste en fonction jusqu’à l’installation d’un nouveau président élu ne peut engager l’Etat ?

Il est certain que Moïse Katumbi cherche à intimider les investisseurs qui se présentent en RDC dans le secteur minier, en considérant que c’est lui qui sera le prochain président. Rien jusqu’ici ne lui donne le droit de parler comme s’il sera le prochain président, car il ne l’est pas encore devenu. Rien, non plus, ne dit que c’est lui qui gagnera la présidentielle pour devenir le prochain raïs congolais.

Eu égard au principe de la continuité de l’Etat, le prochain régime va assumer l’actif de l’actuel régime. Ainsi, un nouveau régime ne peut pas croire qu’il peut librement renégocier les contrats qui ont été antérieurement conclus en bonne et due forme. S’il était outillé, Katumbi aurait du se préoccuper de la conformité de ces contrats avec la loi congolaise plutôt que de chercher à intimider les investisseurs qui ont des équipes des juristes bien rôdés qui les accompagnent. La RDC a adhéré depuis 2013 à l’OHADA et la sécurité d’investisseurs est garantie par le droit OHADA. Ainsi, on a logiquement de la peine à trouver le piédestal de cette malheureuse sortie médiatique de Katumbi.

Quand Jeune Afrique a déballé le patron du Rassemblement, on a pu noter ces détails : « Comme l’a révélé le Groupe d’étude sur le Congo dans son dernier rapport, le 5 août, cette ONG a été créée en 2015 par l’opposant congolais Moïse Katumbi, probablement avec l’aide d’Akin Gump, le cabinet de lobbying américain que ce dernier emploie depuis des années. Le directeur exécutif de l’ONG, Rick Gittleman, est un ancien d’Akin Gump ; il est aussi passé par l’entreprise suisse Glencore et l’américaine Freeport-McMoRan, les deux principaux acteurs miniers du Katanga à l’époque où Katumbi en était le gouverneur. ». Il est donc permis de croire que la démarche de Katumbi s’inscrit dans la logique de réserver des contrats miniers à son groupe des lobbyistes occidentaux qui le soutiennent dans son élan vers la présidence de la RDC. Durant son séjour à la tête de Katanga, il y a eu une telle pagaille de contrebande et d’exonérations via les actes de corruption, de concussion et de fraude à la DGDA/Katanga en relation avec le secteur minier dans cette province. De sorte qu’une mission avait été mise en place et couverte par la réquisition d’information n°4379/D.025/PGR/NYS/2013 du 22 aout 2013 chargée d’investiguer sur les présomptions de détournement des deniers publics, de corruption, de concussion, de faux et usage de faux, de fraude, de contrebande mises à charges des fonctionnaires de la DGDA/Katanga s’était rendu au Katanga le 29 septembre 2013. Katumbi a donc appréhendé d’avoir des problèmes avec son groupe des lobbyistes miniers qui risquent de le trahir s’étant rendu compte qu’ils n’auront plus rien à se mettre sous la dent. Alerté, il a osé faire ce qu’il a trouvé bon pour stopper ce qui peut le faire abandonner par ces amis intéressés par le secteur minier.

La RDC n’est pas Katumbi et ne peut être régie par sa volonté et ses visées. Il n’a aucune qualité pour intimider les investisseurs dans le secteur minier. Pas un futur président ne renégociera les contrats miniers que signera légalement l’actuel régime, car il se les mettra à dos. La RDC n’est pas non plus un bien privé de Katumbi pour qu’il se prononce tel qu’il l’a fait. Il s’est donné une importance qu’il n’a pas et une qualité qu’il n’a pas encore alors qu’il ne peut aussi arriver qu’il ne soit pas le prochain raïs congolais.

La RDC ne doit-elle donc pas se porter bien tant que Katumbi n’en sera le président ? Un vrai patriote veut le bonheur de son pays qu’il soit au pouvoir ou non. Pour servir son pays, il n’est pas nécessaire d’être politique ou seulement ministre ou chef de l’Etat. Quelle est la culture de ceux qui ambitionnent occuper les hautes fonctions du pays ? La RDC risque, avec de telles mentalités, connaître une crise postélectorale pareille à celle qu’elle a connue en 2011 ou que connaît le Gabon à l’issue de sa dernière présidentielle. Moïse Katumbi se voit déjà le prochain raïs si bien qu’on appréhende une crise postélectorale s’il échoue à la prochaine présidentielle. La bonne maman dans le jugement de Salomon avait accepté qu’on donne l’enfant vivant non coupé à la femme qui le réclamait rien que par amour pour cet enfant qu’elle voulait voir vivant. Pour elle, l’enfant devait continuer à vivre même en dehors de ses mains. Mais là, Katumbi veut une RDC morte tant que lui n’en sera pas le raïs. A chacun de juger !



Samy BOSONGO (Congovirtuel.net)
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