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Pendant que d’un côté, les signataires de l’Accord politique du Camp Tshatshi apprêtent vestes, robes ou jupes, limousines et champagne en prévision de la prise de leurs nouvelles fonctions au sein du Gouvernement de Transition et du Comité de Suivi du dialogue, il y a de l’autre côté la levée de boucliers tant au niveau de l’opposition et des organisations de la société civile interne que de la communauté internationale. Le chaos pressenti par les Nations Unies dans leur rapport du mois de mai 2016 semble se profiler à l’horizon avec la multiplication des signaux négatifs.

Comme premier signal négatif, on retient le manque d’inclusivité du dialogue suite au boycott de forces politiques et sociales qui pèsent le plus au sein de l’opinion nationale. Cette tare ne cessera d’accompagner ceux qui ont choisi le passage en force pour le glissement du calendrier électoral jusqu’en avril 2018, et pourquoi pas au-delà, dans l’incertitude la plus totale du lendemain.

Le second signal négatif était le rejet pur et simple des conclusions de ce forum par les masses populaires, qui l’ont clairement manifesté à travers leur totale et libre adhésion à la journée ville morte décrétée le mercredi 19 octobre 2016 par le « Rassemblent des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement ».



Bien que la « majorité silencieuse » n’ait pas versé dans des actes de violence contre le pouvoir en place et ses symboliques, la paralysie totale des activités à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays était suffisamment éloquente pour exprimer la rupture totale entre le peuple et les signataires de l’Accord politique de la Cité de l’Union Africaine. La leçon du jour était que le « préavis » adressé au Chef de l’Etat par le Rassemblement pour lui signaler que son- mandat expire le 19 décembre 2016 a reçu un total soutien de Kinshasa et du Congo profond.



Le troisième signal négatif est venu de l’Union Européenne, qui a menacé de sanctionner des hommes au pouvoir à Kinshasa (interdiction de séjour dans les 28 Etats d’Europe, hypothèse de poursuites judiciaires devant la Cour Pénale Internationale) et de suspendre la coopération structurelle avec la RDC. Quand on considère que les « 28 » comptent parmi les plus gros bailleurs du Congo démocratique dans ses projets de développement, chacun peut imaginer l’étendue de dégâts économiques, financiers, politiques et diplomatiques en cas de rupture effective, comme c’était déjà le cas entre 1990 et 1997, sous le Zaïre de Mobutu. L’Union Européenne a indiqué comme « ligne rouge » à ne pas franchir l’année 2017 pour la tenue de l’élection présidentielle.



D’autres signaux négatifs sont apparus à travers l’envoi par la Procureure de la CPI (Cour Pénale Internationale), du 16 au 20 octobre 2016 à Kinshasa, d’une équipe chargée d’enquêter non seulement sur les violences des 19 et 20 septembre à Kinshasa, mais aussi sur les atteintes futures aux droits de l’homme en RDC dans le cadre du processus électoral. Selon cette juridiction internationale, leurs auteurs présumés et commanditaires pourraient être poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.



Il y a aussi le rejet de l’Accord du Camp Tshatshi par – des personnalités proches de la Majorité Présidentielle cas d’Adolphe Muzito du Palu. Cet acteur politique a fait une révélation de taille la majorité des participants l’ont signé sans avoir au préalable pris connaissance de son contenu. On n’oublie pas la réaction de la CENCO, qui exige un large consensus autour d’une éventuelle transition et la tenue de la présidentielle en 2017 au plus tard.



Quant à l’Accord politique du Camp Tshatshi, force est de constater qu’il s fermé toutes les voies pouvant mener vers des élections crédibles, transparentes, apaisées et à organiser, dans les délais constitutionnels. Le flou est total quant à la durée réelle de la période de transition, à la date précise de la tenue couplée des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, à l’engagement du Chef de l’Etat de ne pas briguer un troisième mandat. Plus grave, l’alinéa 4 de l’article 12 de l’Accord du Camp Tshatshi fait état de la probabilité de changement de système électoral afin de réduire les coûts des élections.



Les observateurs voient dans cette incise l’intention, de la Majorité au pouvoir d’initier un référendum constitutionnel et de supprimer le « suffrage universel direct» pour certains scrutins, dont la présidentielle. Dans pareille perspective, la voie serait ouverte à un nouvel ordre institutionnel en RDC, ce qui devrait conduire à «effacer le tableau » pour un mandat comme celui du Chef de l’Etat, pourtant hermétiquement verrouillé par le législateur tant en ce qui concerne la durée et que le nombre.



Bref, l’avenir de La RDC est fort sombre. Le chaos, aux dires de beaucoup, est devant la « maison commune » aux Congolaises et Congolais.

Par KIMP
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