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*Sous la directive de l’assistant Ngandi Nsanji, de l’Alliance Congolaise pour le Contrôle de Tabac (ACCT), une étude sur la prévalence du tabagisme a été réalisée entre 2006 et 2008 dans la province du Bandundu, selon son ancienne configuration. Il en ressort que 67,8% de la population sont sensibilisées dont 15,7% des tabacomanes. Parmi ces derniers identifiés, 30,8% ont été soumis à l’auto-sevrage tabagique suivi et 16,4% des auto-sevrés ayant subi le test de Fagerstrom. Les résultats de ce test prouvent que 60% de sujets sont fortement dépendants à la nicotine, 17,4% moyennement dépendants, 10% faiblement dépendants et 12,6% non-dépendants. Mais, toujours est-il que l’évolution de certaines maladies est accentuée par la consommation du tabac. Ce qui constitue des éléments importants dans l’établissement des listes de problèmes de santé ainsi que pour l’adoption des lois y afférentes.

Cette étude visait à rassembler des données épidémiologiques sur le tabagisme dans quelques zones de santé de Bandundu ainsi que d’analyser et proposer des recommandations en vue de constituer un plaidoyer en faveur de l’adoption, par le Parlement, de la loi nationale sur la lutte contre le tabagisme.

Pour cela, elle a fait office d’une enquête descriptive qui a déterminé le nombre de cas des tabacomanes (fumeurs) parmi une population d’une zone de santé choisie. Et, l'étude a été menée dans quelques zones de santé de la Province de Bandundu notamment, Bandundu-Ville, Bagata, Bokoro, Kenge, Kikongo, Nord et Sud-Kikwit.

Il faut signaler que les enquêteurs ont fait ce choix suite à la recrudescence des maladies liées à la consommation du tabac dont 72% en moyenne de tuberculose, celles liées aux complications respiratoires.

D’autre part, c’était également pour représenter chaque district de santé. Cette étude a établi que la tabacomanie s’est clairement intégrée dans la vie de la population de Bandundu. Et, il a été démontré que par la simple sensibilisation, les tabacomanes se sont identifiés.

Le non-fumeur (victime innocente) et le fumeur actif doivent être protégés contre les maladies liées au tabagisme.

Des mesures de lutte plus efficaces et urgentes doivent être prises étant donné qu’elles affectent plus de 15,7% de la population atteinte par cette étude. A cet effet, il est recommandé au Gouvernement de prendre des lois pour réglementer la production, la commercialisation et la protection de la population contre le tabac et ses sous-produits. Car, la prévalence du tabagisme décroit avec ses mesures.

En matière de sevrage, il y a nécessité d’un accès gratuit aux substituts nicotiniques sous forme d’assurance maladie.

Aussi, faut-il protéger les fumeurs passifs, en renforçant la réglementation sur l’usage de tabac en public, conformément à l’article 8 de la Convention-Cadre pour la Lutte Antitabac (CCLAT) relative à la protection contre l’exposition à la fumée du tabac. D’autant plus que les 42% de la population non-fumeuse africaine sont exposées à la fumée du tabac dans les milieux publics. Cependant, il est conseillé aux fumeurs de plus de 40 ans de faire le test de spirométrie afin d’évaluer les capacités pulmonaires chroniques. Parallèlement, tout fumeur devrait réaliser un test de Fagerstrom en vue d’adapter son traitement nicotinique, selon le score obtenu.

Il faut signaler qu’en RDC, le tabac est consommé sous différentes formes. Il y a, entre autres, le tabac roulé dans des feuilles de bananier et autres spathes de l’épi de maïs ; tabac à priser ou à placer sur la muqueuse buccale ; tabac à pipes; cigare et cigarette. Mais, avec les campagnes de promotion, parrainage et marketing, la consommation s'est intensifiée à travers le pays. Tabacongo, à lui seul, occupe 76% du marché national en vendant 2,5 milliards de cigarettes l’an, soit 4167 cigarettes par habitant, c'est-à-dire, 12 tiges consommées par jour par habitant. Elle paie 47% des droits d’accises à l’Etat et emploie 459 agents directs et 1500 indirects.

A la suite de la mondialisation de l’épidémie de tabagisme, l’Organisation Mondiale de la Santé a élaboré la Convention-cadre pour la lutte antitabac, CCLAT (OMS, 2005.). La R.D. Congo en est signataire depuis le 24 juin 2004. La ratification est intervenue, le 28 octobre 2005 et depuis le 24 janvier 2006, soit 90 jours après le dépôt de l’instrument de la ratification, elle est partie prenante.

Dispositions prises en RDC

Toutefois, la RDC a pris quelques directives réglementant le commerce du tabac. Pour ce faire, le Programme National de Lutte contre les Toxicomanies et les substances toxiques (PNLCT) est chargé d’en faire le suivi. Lesdites directives concernent spécialement, l’Ordonnance du Gouverneur Général du 17 février 1919 qui établit une nomenclature des établissements de fabrication des cigares et cigarettes ; l’arrêté ministériel nº1250/CAB/MIN/SPF/014/1997 portant mesure sanitaire sur la consommation de tabac ; l’arrêté ministériel nº084/CAB/MIN/FINANCES/2003 du 22 octobre 2003 portant taxation spécifique et instauration des vignettes sur les tabacs fabriqués ; l’arrêté ministériel nº04/MCP/009/2002 du 15 octobre 2002 modifiant et complétant l’arrêté ministériel nº04/DIP/005/9o du 21 avril 1990 fixant les critères d’appréciation de la publicité sur le tabac et sur les boissons alcoolisées.

Malgré cet arsenal de textes réglementaires, la Province de Bandundu est recensée parmi celles qui exploitent la culture du tabac en RD Congo. En considérant seulement la Zone de Santé de Kikongo, 7% de la population cultive le tabac et vend sa récolte aux entreprises de Kinshasa et aux fabricants artisanaux.

Deux tiers des producteurs du tabac, ainsi identifiés, font le stockage de leur production dans les maisons d’habitation. D’où, plusieurs d’entre eux, accusent certaines maladies liées à l’inhalation prolongée de la nicotine. La production annuelle avoisine 28 tonnes de tabac par an.
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