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En 2002, Arthur Z'ahidi Ngoma, s'est offert un coup de mettre durant les négociations de Sun City où il a réussi à détrôner un certain Etienne Tshisekedi pour le poste de Vice-président attribué à l'opposition "non armée". Arazarias Ruberwa, l'autre vice-président de la transition...Nous sommes en 2002, tous les belligérants de la crise politico-militaire en République démocratique du Congo se sont donné rendez-vous dans cette ville Sud-africaine de Sun City, située à plus de 200 Km de la capitale Johannesbourg. Parmi eux, des anciens rebelles, leurs « commanditaires », mais aussi et surtout des politiciens congolais venus « régler leurs comptes ».

A la surprise générale, un « accord naîtra » de ce cadre improbable, visant à mettre sur pied un gouvernement unifié et multipartite, ainsi qu’une feuille de route pour des élections démocratiques sera trouvée. L’accord permit entre autres à Joseph Kabila de demeurer président pendant une période de transition de deux ans, extensible pour une année supplémentaire. Le partage du « gâteau national » entre belligérants, opposition et société civile accouchera d’un monstre dénommé 1+4 (un Président et quatre vice-Présidents), une soixantaine de ministres et vice-ministres, un Parlement (Sénat et Assemblée Nationale) composé de tous les participants au Dialogue Intercongolais, quatre institutions d’appui à la Démocratie (Haute Autorité des Médias, Observatoire National des Droits de l’Homme, Commission Electorale Indépendate, Commission Vérité et Réconciliation), des quotas de mandataires publics, de gouverneurs de provinces, d’ambassadeurs, d’officiers de l’armée et de la police, de responsables des services de renseignements, etc.

Il était donc prévu que Kabila partage le pouvoir avec quatre vice-présidents, un issu de chacun des deux principaux groupes rebelles, un du gouvernement et un de l’opposition non armée.

Justement, s’agissant de l’opposition « non armée », incarnée traditionnellement par Etienne Tshisekedi wa Mulumba, leader historique et charismatique de la lutte contre le pouvoir de Mobutu, aura finalement jeté son dévolu sur un certain Arthur Zaidh’i Ngoma.

Que s’est-il passé? « Du cascade », répond François Mwamba Tshishimbi très affecté par la disparition de celui qu’il considère comme l’un « des artisans des accords historiques qui ont développé le socle de la démocratie congolaise« .

« C’est le destin », rétorque Azarias Ruberwa, l’autre Vice-président et très proche ami de Zaidh’i Ngoma.

« Etienne Tshisekedi n’est pas au pays à l’époque, et donc le camp de la patrie [plateforme regroupant plus de 25 partis de l’opposition politique non armée à l’époque, NDLR] a choisi Zaidh’i Ngoma pour représentant. En suite, il a simplement été un homme très courageux et infiniment intelligent », explique l’ancien Vice-président congolaise.

Courageux, Zaidh’i Ngoma l’était. Bien avant cette étape fatidique, le natif Kalima, province du Maniema, aura balisé son chemin calmement, comme son tempérament d’ailleurs, au point de constituer un consensus viable préférable à un Etienne Tshisekedi un peu trop extrémiste.
En 1997 déjà, Arthur Z’ahidi Ngoma fut arrêté par le régime de Laurent-Désiré Kabila à la prison de Makala puis déplacé au Katanga à Likasi, à la prison de haute sécurité de Buluwo. Condamné à mort, la peine fut commuée en condamnation avec sursis, grâce à l’intervention du Parlement européen
et de personnalités européennes. Son emprisonnement avait entraîné la rupture de la coopération entre l’UNESCO et la RDC en 1998.

Poursuivant son combat contre le nouveau régime instauré par l’AFDL, il s’est engagé dans la rébellion initiée par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), mais quatre mois
après, il s’en est séparé. Il a ensuite créé en janvier 1999 à Bruxelles l’Union des Congolais pour la Paix (UCP) avec pour objectif faire comprendre et défendre l’impératif du dialogue entre congolais.

Il a entrepris de consulter à cet effet des forces politiques significatives du pays dont le président Kabila, auquel il a proposé la médiation de Communauté de Sant’Egidio, en la personne du Révérend
Don Mateo. Ainsi avait commencé le Dialogue entre Congolais, qui fut entrepris dans le cadre des accords de Lusaka entre belligérants (1999).

Porté par plus de 25 partis de l’opposition, Z’ahidi Ngoma arrive à Sun City sans crier gars, se faufilant, cascadant, au point finalement d’obtenir l’un des quatre vice-présidents pendant la période de transition chargé de la Commission sociale et culturelle. Plus encore, cet homme n’aura finalement pas eu besoin de se faire d’ennemis pour y arriver.

Au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, on regrette « amèrement la disparition d’un homme qui aura tout donné pour son pays », réagi le Secrétaire général Jean-Marc Kabund.

L’annonce de son decès hier à Paris a suscité un élan de solidarité. François Muamba parle d’une « grande tristesse »

« Comme vous, je viens d’apprendre avec une grande tristesse le décès de ce frère, ce plus qu’un ami pour moi … Artur [Z’ahidi], en effet, a participé grandement à ce long processus de réunification de la RDC à un moment clé (…) j’implore le Très-haut qu’Il puisse vraiment l’accueillir« , a déclaré François Muamba, faisant référence aux négociations de Sun City auxquelles il a aussi participé.

Ancien vice-président chargé de la Commission politique, défense et sécurité Azarias Ruberwa a accepté de revenir sur la vie de cet homme dont il aura été plus que proche.



politico.cd
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