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*Dans un contexte marqué par la volonté des uns à passer en force et des autres à résister en recourant à la rue, le bon sens commanderait qu’un compromis politique soit vite trouvé pour permettre au pays d’aller de l’avant. Entre le pouvoir et le Rassemblement, le langage des sourds développé ces derniers temps fait penser à un bras de fer dont le dénouement risque de se faire à un prix lourd.

Etienne Tshisekedi a finalement reporté son meeting au samedi 19 novembre 2016. Le samedi 5 novembre dernier, il n’a pu se mouvoir pour atteindre l’espace à côté du Boulevard Triomphal, le lieu de rassemblement de ses partisans. Toutes les issues étaient bloquées par les forces de l’ordre massivement déployées pour empêcher le meeting, du reste, interdit par le pouvoir. L’interdiction de manifester, décidée par le pouvoir après les violences du 19 au 20 septembre, a donné lieu à des réactions diverses. La Majorité présidentielle, naturellement, applaudit la mesure de deux mains. La Communauté internationale, l’ONU en tête, condamne et juge cette interdiction de manifester non justifiée. Le Haut Commissariat de l’ONU a regretté que la RDC connaisse un recul démocratique, alors que d’importants progrès ont été réalisés, ces dix dernières années. Sur place, à Kinshasa, le pouvoir ne l’entend pas de cette oreille. Le signal de RFI a été coupé. Celui de Radio Okapi brouillé. Le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales acquises au Changement, qui s’est constitué essentiellement autour d’Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, l’organisateur du meeting avorté, a sauté sur l’occasion pour vendre une image négative du régime en place à Kinshasa. A trois jours de l’arrivée, sur les terres congolaises, d’une délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU pour exiger, des acteurs politiques congolais, la date de l’élection présidentielle, et obtenir un compromis politique sur l’après-2016, on voit bien que le Rassemblement a réussi à écorner davantage l’image du pouvoir. Les opposants ont, par ailleurs, démontré que l’Accord politique signé le 18 octobre à la Cité de l’Union Africaine, n’a pas jugulé la crise politique née de la non-organisation des élections dans les délais constitutionnels. Ils ont, aussi, montré qu’ils feraient de la résistance et renforceraient le bras de fer aussi longtemps qu’un compromis, qui prendrait en compte leurs exigences politiques sur le respect de la Constitution à la fin du second et dernier mandat du Président de la République, n’aura pas été trouvé.

La CENCO joue à la nouvelle facilitation

C’est, dans ce sens, qu’il faut concevoir la remise, par Etienne Tshisekedi en sa qualité de Président du Rassemblement, d’un mémo à la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Le mémo dans lequel l’on observe une certaine évolution dans la démarche du Rassemblement qui accepte que la présidentielle se tienne en 2017 et non en 2018 comme prévu dans l’Accord du 18 octobre entre la Majorité présidentielle et une frange de partis de l’Opposition. En effet, depuis quelques jours, les prélats catholiques mènent une série de contacts avec les différents protagonistes de la crise politico-électorale en RDC. Ils avaient, la semaine dernière, rencontré le Président de la République. Le week-end, la Monusco a apporté un soutien total à l’initiative de la CENCO. De deux choses, l’une, dit-on. A défaut d’organiser un deuxième dialogue formel entre les dialoguistes de la Cité de l’UA et les membres du Rassemblement, il faudrait, néanmoins, amender l’Accord politique qui reporte la présidentielle à fin avril 2018 et attribue la Primature à l’Opposition, l’actuel Président devant rester, entretemps, à la tête du pays. Même dans le cas de la deuxième acception, un cadre de discussions devrait être institué. Car, on voit mal comment Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi iraient signer l’Accord du 18 octobre, dans son état actuel alors qu’ils ont, eux, des préalables résiduels, depuis qu’ils militent pour la tenue dudit dialogue en RD. Congo.

De nouvelles structures à installer

L’hypothèse d’un deuxième dialogue, on le sait, n’intéresse pas vraiment les dialoguistes de la Cité de l’UA parce qu’ils veulent mettre en place les structures de Transition. Il s’agit, entre autres, de la mise sur pied du Comité de Suivi, apparemment l’organe suprême de la Transition doté des pouvoirs immenses notamment, en matière de prorogation des délais des élections, du Gouvernement de Transition et de la CENI partiellement restructurée. Pendant que l’on tergiverse, le pays est en train de s’enfoncer dans une léthargie sans pareille. Le Gouvernement que dirige Matata est réputé démissionnaire, depuis le 18 octobre 2016. Il n’y a pas mieux que l’Assemblée nationale pour le rappeler aux Ministres qui se font l’audace de se pointer au Palais du Peuple pour tenter de poser des actes de disposition. Les membres du Gouvernement sont éconduits, s’ils ne frôlent pas le ridicule. Le Premier Ministre, lui-même, n’a pas été autorisé à défendre le Budget 2017 qu’il avait, pourtant, personnellement, déposé. On rapporte que depuis le 26 octobre dernier, il a instruit ses Ministres de se limiter à préparer la remise-reprise. Pendant cette période d’hibernation, les membres du Gouvernement n’ont plus le pouvoir d’engager la République, de nommer, de recruter ou de promouvoir le personnel de l’Etat. La crise de confiance s’est, de façon lente mais sûre, installée. Les fêtes de fin d’année 2016 et de Bonana 2017 s’approchent pendant que le marasme économique ronge les petites économies domestiques. Les entreprises publiques, les rares qui fonctionnent encore, sont confrontées, elles, à des menaces des grèves alimentées, littéralement, par l’amenuisement croissant du tissu social dû notamment, à la perte substantielle du pouvoir d’achat, à la flambée des prix et à la dépréciation monétaire. Dans ces conditions, seul un compromis politique bien pensé, peut, normalement, sauver les meubles. Tout ceci implique, évidemment, que les uns et les autres se fassent des concessions, pour sortir le pays du gouffre. Et, le plus tôt serait le mieux.
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