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initiative de la CENCO de tenter l’impossible face à la situation très crispée de la politique congolaise ne peut que réjouir plus d’un. Car, elle émane des fils du pays qui connaissent mieux toutes les péripéties de l’interne et qui vivent au quotidien les tribulations de la population. De plus, ils sont par vocation au service de la vérité et sont appelés à être au milieu du village en s’occupant des intérêts de tous, particulièrement des plus démunis.
Pour avoir participé au Dialogue du Camp Tshatshi avant de quitter la scène parce que toutes les exigences n’étaient pas satisfaites, on peut alléguer, avec raison, que la CENCO connait bien les tenants et les aboutissants de cette crise institutionnelle. En tant que médiatrice, elle devrait saisir l’occasion pour aller droit vers l’écueil principal qui bloque toute possibilité d’entente, soit la présence de Kabila à la tête du pays durant la période de transition ou du régime spécial.

L’enjeu semble à première vue compliqué parce qu’il est basé sur le juridisme, c’est-à-dire, sur l’interprétation controversée des prescrits constitutionnels. En réalité, il faut voir le problème sous un autre angle. En persistant dans leur dessein de vouloir maintenir Kabila à la tête du pays, la MP se préoccupe-t-elle de savoir si sa gouvernance temporaire en sera facilitée, ou au contraire, le pays connaîtra une de ses périodes les plus tumultueuses de son histoire ? Ces préoccupations sont fondamentales. Car, elles engagent la vie des milliers de personnes qui serait en péril et, sur l’autre versant, elles suscitent des inquiétudes légitimes sur de l’instabilité du pays qui risque de paralyser la vie normale des citoyennes et citoyens et le fonctionnement des institutions.

Il faudrait donc appréhender le nœud du problème avec une vision réaliste des choses considérant que les hommes passent et les institutions restent et tenant compte de cette sagesse qui dit que : quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par poindre à l’horizon. L’on devrait se souvenir qu’après de longues années de Mobutu, il y a eu Laurent Désiré Kabila. Après son assassinat, Joseph Kabila l’a succédé. Il était certainement jeune, mais à tout point de vue inexpérimenté pour la charge qu’il devait occuper. Dès lors, il va de soi qu’après lui, une autre personne dirigera ce pays. Et ainsi de suite.

Tenter de forcer les choses en lui permettant de diriger la transition serait une grande erreur, car l’on sait pertinemment bien que le schéma auquel on est parvenu aujourd’hui, c’est-à-dire, le glissement, n’est pas un fait du hasard. C’est une partie d’un plan concocté à l’avance qui déboucherait, si on n’y prend pas garde, à l’autre scénario qui a par ailleurs déjà été divulgué soit, la tenue d’un référendum ayant pour but de changer l’actuelle constitution. Ce n’est donc pas un secret de polichinelle.

L’on sait également que ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas quitter par crainte d’être poursuivis. Pour y rester, ils multiplient les bavures et les atrocités entretenant ainsi un climat de terreur qui dilue, par la force de la répression, toute velléité de l’émergence et de la consolidation de la pratique démocratique.

Devant cette attitude obscurantiste et anachronique, la voie de la sagesse et du compromis pour le compromis, ne suffirait peut-être pas pour juguler la catastrophe ou le scénario du pire qui est mis en marche. La CENCO devra prendre son courage entre ses deux mains et porter sa croix, sans la lâcher, pour tenir compte de l’humeur de la rue. Celle-ci gronde de colère. Fait aggravant, on ne peut toujours pas la contrôler en dépit de l’usage massif ou abusif de la force militaire. La CENCO devra faire acte de prévention en cherchant à ce que l’on évite que le pays ne s’embrase et ne sombre dans le chaos avec le risque d’ouvrir la boîte à Pandore. Celle-ci risque d’enclencher d’autres spirales de violence que le gouvernement actuel ne peut ni contrôler ni subjuguer.

Pour ce faire, la CENCO devra mettre sur la table les divers scénarios et se pencher finalement sur celui qui comporterait moins de danger pour la population et assurerait le fonctionnement et la stabilité des institutions tout en préservant l’intégrité du pays.

Une des solutions probables qui ne fera certainement pas l’unanimité auprès du peuple congolais serait d’envisager un sauf-conduit à Kabila d’abord et à son équipe. Ils auront un libre choix de s’exiler sous d’autres cieux ou de demeurer au pays. L’équipe qui prendra la relève devra miser sur l’organisation rapide des élections afin que le pays ait ses dirigeants légitimes jouissant de la pleine confiance de la population.

La CENCO ne devrait donc pas y aller avec le sentiment d’aménager les uns au détriment des autres. Son rôle est de faire voir la vérité et le danger pour toute la collectivité si l’on empruntait certaines voies honnies par la population. Comme le Christ dont ils sont les représentants sur terre, les éminences de l’Église catholique doivent jouer leur rôle au fond sans compromissions sachant que tous les espoirs d’une issue positive sont entre leurs mains. Ils savent aussi que tout le monde les observe et ils n’ont pas droit à l’erreur. Il leur restera l’ultime solution : agir comme Ponce Pilate en choisissant, la voie, la meilleure, pour ne pas se salir les mains et porter une lourde responsabilité devant les humains et devant Dieu.

[Mwamba Tshibangu]
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