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Ce 19 décembre marque la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila. Les négociations directes entre signataires et non signataires de l’accord du 18 octobre en vue d’obtenir une solution, notamment, sur la gestion du pays après cette date ont été suspendues. Elles reprennent ce mercredi, 21 décembre. Entre temps, certains mouvements citoyens appellent la population à se mobiliser pour dire au revoir à Joseph Kabila.
Jean Baudoin Mayo, cadre de l’Union pour la Nation Congolaise(UNC), s’est prononcé sur cette question. Dans une interview accordée à ACTUALITE.CD, il appelle toute la population congolaise au calme.

Le mandat constitutionnel de Joseph Kabila prend fin aujourd’hui. On a pas son successeur. Qu’est ce qui arrive à partir de ce 21 décembre 2016 ?

B.M: Nous sommes allés à la cité de l’Union Africaine sous la médiation d’Edem Kodjo pour résoudre ce problème. Nous avons trouvé une solution à travers l’accord qui a été signé. Certains amis de l’opposition avaient estimé que l’accord n’ a pas résolu tous les problèmes. Actuellement nous sommes à la table pour trouver une solution à cette crise. Nous avons un président élu de la république dont le mandat prend fin aujourd’hui. Nous n’avons pas un président pour le remplacer.

C’est un problème à la fois juridique et politique. Il y a la décision de la Cour constitutionnelle que moi-même j’ai critiqué.

Sur le plan politique il y a eu dialogue et aujourd’hui il y a des négociations directes. Il y aura des solutions. Ça ne sert à rien de régresser dans la violence qui tire le pays vers le bas. Nous en avons fait l’expérience dans le passé, notamment au mois de septembre dernier. La violence ne pourrait pas résoudre le problème. Donnons toutes les chances à ces négociations directes pour aboutir à une solution pacifique.

Certaines garanties ne sont pas données jusqu’ici. Joseph Kabila ne devrait pas se représenter, pas de référendum, pas de révision de la Constitution. Il y a toutes ces questions qui remettent en cause la confiance entre les signataires et les non signataires de l’accord du 18 octobre?

B.M: Il y a beaucoup plus de peur. Mais lorsque nous revenons au bon sens, la parole de Kabila ne vaut pas plus que la Constitution. Selon la Constitution, on ne peut pas faire plus de deux mandats. Que Kabila le dise ou pas ça ne change rien. Il ne peut pas faire plus de deux mandats. On peut organiser le référendum comme on veut, mais pas sur les dispositions verrouillées de la Constitution. Si quelqu’un osait le faire c’est en ce moment-là qu’on aura alors sérieusement énervé le peuple congolais. Jusqu’ici la Constitution est là. Nous avons connu une panne technique causée par certains parmi nous. Prenons un temps, soit une année soit 16 mois pour organiser les élections.

Qu’est ce qui garantit que l’accord de la cité de l’UA et celui qui va probablement sortir des négociations sous la médiation de la CENCO seront respectés lorsqu’on sait que la Constitution qui prévoyait un nouveau président en cette date n’a pas été respectée?

B.M: Si Kabila se prononçait aujourd’hui qu’il ne va pas se représenter et que demain il se comporte comme Yayah Jammeh… Donc le fait pour Kabila de dire qu’il va ou pas se représenter m’importe peu. Seule la Constitution est opposable à Kabila. Il a fait deux mandat, nous n’avons pas pu organiser les élections, on prend un temps pour organiser les élections.

Il n’y aura pas un nouveau président aujourd’hui. Est-ce un recul de la démocratie en RDC ?

B.M: La démocratie n’est pas en péril, mais il faut regretter ce qui est arrivé. C’est pour cela qu’au niveau de la cité de l’UA on a exigé des sanctions. Le gouvernement Matata n’est pas là. C’est une sanction. La Majorité a accepté que le premier ministre vienne de l’opposition. Samy Badibanga de l’opposition est là. C’est une sanction. Nous avons aussi dit que chaque composante qui a son représentant à la CENI et qui estime que ce représentant a failli, peut le retirer et le remplacer à tout moment, c’est une autre sanction.

Quel rôle compte jouera l’UNC pendant cette période transitoire ?

B.M: L’UNC s’engage à respecter l’accord de la cité de l’UA, à respecter aussi l’accord qui sortira des négociations actuelles. L’UNC fera aussi de son mieux pour que tout le monde respecte les accords afin que le pays retrouve la voie de la démocratie.

Le mandat de Kabila expire aujourd’hui. Ila donc perdu sa légitimité…

B.M: Si je prends l’accord de la cité de l’UA, il va rester jusqu’à l’organisation des élections. J’ai aussi lu que, concernant les négociations directes, il peut rester. Il reste là par la volonté de ceux qui sont censés représenter la population dans sa diversité pour autant que nous ayons un accord tous ensemble.

La population doit-elle ou non descendre dans la rue pour chasser Kabila ?

B.M.: Je dis que ce n’est pas aussi démocratique.

Calmons-nous et évitons la violence. Il ne pas question de chasser qui que ce soit. Il est question de trouver une solution pour organiser les élections. N’oubliez pas que sur le plan juridique j’ai évoqué l’arrêt de la cour constitutionnelle qui fait partie du droit positif congolais. Le plus important est d’obtenir de la part du président qu’il ne se représentera plus. Et je crois que ça sera le cas.

Propos recueillis par Stany Bujakera Tshamala
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