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*C’est, donc, une partie remise à la semaine prochaine, au retour des Evêques qui, depuis hier, sont partis à Genève, en Suisse, pour un séjour de sept jours. La signature des Arrangements Particuliers, prévue ce samedi 28 janvier, à 21 heures, a été annulée et renvoyée à plus tard. Le temps, pour le Rassemblement et la Majorité, de s’entendre sur ce qui reste encore comme points de divergence pour amorcer, enfin, le processus de mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, tel que conclu au Centre Interdiocésain, à la Gombe, sous les auspices des Evêques catholiques. Le mode de désignation du Premier Ministre et le rôle de la CENCO pendant la période charnière de transition demeurent, jusqu’ici, les deux tendons d’Achilles, pour la suite de ces discussions directes. Normalement, en l’absence des Evêques, les deux parties devraient se retrouver en vue de vider ces écueils persistants. Dans une brève intervention, Mgr Marcel Utembi, Président de la CENCO, l’a dit, ce jour-là, aux Ambassadeurs et invités de marque, réunis pour la circonstance, au Centre Interdiocésain, où est planté, désormais, l’arbre à palabre à la congolaise. Doit-on penser que cette fois-là, ce sera la bonne ? Oui, s’il y a un minimum de bonne volonté. Mais, si les peaux de banane se multiplient, il y a tout le risque, pour les congolais, de revivre le même spectre de la violence, tel qu’il a laissé des stigmates dans les veines et, même, zébré les corps de certains manifestants, l’année dernière, lors des journées villes mortes. Deux épines majeures scindent, désormais, les négociateurs engagés dans les discussions directes autour des Arrangements Particuliers pour la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, en deux blocs irréductibles. Le mode de désignation du Premier Ministre et le rôle de la médiation de la CENCO, tout au long du processus de transition. Comment désigner le Premier Ministre ? A la Majorité, il n’est pas possible d’avancer, si le Rassemblement, comme il prétend, s’obstine à ne désigner qu’un seul Nom pour le poste de Premier Ministre, sans tenir compte du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat. Au Rassemblement, ceci ressemble, plutôt, à une pullule que nul ne peut avaler. Donc, pas question de présenter un panel de cinq candidats pour la Primature, comme l’exige la Majorité. Voilà deux positions, deux visions contradictoires. Et, pourtant, depuis le 8 décembre 2016, jour du début des discussions directes ainsi que de tous les débats liés, aujourd’hui, aux arrangements particuliers, beaucoup de progrès ont été réalisés. Consensus dégagé Déjà, un large consensus a été trouvé autour du Profil du Premier Ministre, des Ministres et autres membres du gouvernement. La taille du gouvernement, initialement fixée à 46 a été ramenée à 53. La répartition des postes a été, elle aussi, réalisée. On sait désormais que la Majorité a : 18 ministères et 3 vice-ministères, le Rassemblement : 13 ministères et 3 vice-ministères. L’Opposition signataire : 8 ministères et 3 vice-ministères, l’Opposition Républicaine : 2 ministères et 1 vice-ministère et la Société civile : 2 ministères. Il y a eu, par la suite, d’autres discussions, là-dessus. Mais, le Rassemblement, en vertu de la clé de répartition convenue avec la Majorité, n’a pas voulu concéder un ministère qui lui était réclamé, en dernière minute. Si cette affaire de mode de désignation du Premier Ministre est solutionnée, il va de soi que les choses aillent vite, voire très vite. Mais, en attendant, les tractations devront se poursuivre, avec le concours bienveillant du Secrétariat Technique de la CENCO. Rôle de la CENCO ? L’autre face de l’iceberg qui divise sérieusement, c’est au niveau du rôle assigné à la CENCO durant la transition. Pour la Majorité, après les discussions directes et les arrangements particuliers, les Evêques doivent retourner à leur travail et paître, comme d’habitude, les troupeaux dans les champs de Dieu. Et, en cas de problème, il n’est pas exclu qu’on les rappelle. Un point de vue que le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement rejette catégoriquement. Pour lui, en effet, la CENCO doit, en même temps que le CNSA, jouer un rôle d’accompagnement de la transition. La CENCO constitue, du point de vue du Rassemblement, une force morale pour garantir l’application sans failles de l’Accord du 31 décembre 2016. Avancées Les quelques divergences résiduelles ne doivent nullement occulter l’essentiel du travail abattu. Au Conseil National de Suivi de l’Accord, toutes les options ont été levées. Tshisekedi Etienne sera à la tête. Il sera secondé de trois Vice-Présidents. Aucun de ces Vice-Présidents n’aura de préséance sur un autre. En cas d’absence de Tshisekedi, c’est le Doyen d’Age qui s’y fera. La Majorité prend les Relations avec les Institutions, le Front pour le Respect de la Constitution prend, quant à lui, le suivi du processus électoral. Tandis que l’Opposition signataire s’occupe du suivi et de la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre. Plus loin, les trois membres de l’actuel gouvernement (Makila, Ruberwa et Bussa) qui refusaient l’Accord, ont, enfin, signé dans la nuit du 27 au 28 janvier 2017. Théoriquement, il ne reste plus que Maguy Kiala, de la Société civile, qui doit apposer sa signature, du moins, solennellement. De façon générale, il y a lieu de relever qu’au-delà de divergences apparentes, le reste de la transition va, en tout cas, obliger les parties prenantes à discuter sur d’autres partages. Lors de la restructuration partielle de la CENI ou du CSAC, par exemple, elles devront s’entendre et trouver des modalités, pour partager les responsabilités. Il y va de même des entreprises publiques, des exécutifs provinciaux etc. Le temps presse Fin 2017, c’est le délai butoir pour l’organisation de la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales. Le 15 avril 2017, au plus tard, la CENI, selon le chronogramme, devra publier le nouveau calendrier actualisé et adapté à l’Accord du 31 décembre 2016. Le 31 juillet 2017, elle en aura, certainement, fini avec la refonte totale du fichier électoral. Le 30 octobre 2017, la CENI est tenue de convoquer le corps électoral. Il reste, cependant, à déterminer la date effective des scrutins et, surtout, à fixer l’opinion, une fois pour toutes, sur l’almanach complet concernant l’installation de nouvelles institutions issues des joutes électorales. Ce sera, sans nul doute, en 2018, lorsqu’on aura droit de connaître qui, après les élections, succèdera à Joseph Kabila. Le chemin paraît, décidément, long. Si bien qu’au vu de la multiplicité de préalables, les acteurs politiques congolais, s’ils sont sérieux avec eux-mêmes ou, s’ils respectent le peuple congolais qu’ils feignent de servir, devraient tenir compte du temps qui presse. Sinon, ils porteraient tous et chacun, la responsabilité du glissement dans le glissement.
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