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Blocage aux pourparlers du Centre Interdiocésain, à Kinshasa, entre les signataires de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine (UA) du 18 octobre 2016 dont la Majorité Présidentielle (MP), d’une part, et le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement plus le Front pour le Respect de la Constitution, d’autre part ! Quelle est la pierre d’achoppement ? Les violons sont encore loin de s’accorder à propos du choix et du mode de désignation du futur Premier Ministre, de même que sur la répartition des postes ministériels, principalement les ministères dits de souveraineté. Autrement dit, des chaudes empoignades autour du fameux partage du gâteau. Pour le Rassemblement made in Genval (Royaume de Belgique) mené par « Ya Tshitshi », seul le nom de Félix Tshisekedi sera proposé au Président de la République, Joseph Kabila, pour nomination par Ordonnance présidentielle. Cependant, la MP ne l’entend pas de cette oreille et exige au minimum cinq noms. De son côté, une frange des opposants signataires de l’Accord du 18 octobre soutient mordicus que la Primature a, d’ores et déjà, été attribuée à l’un des leurs, en l’occurrence, Samy Badibanga, Président sortant du groupe parlementaire UDPS et Alliés à l’Assemblée nationale. Dans ce tourbillon juridique et cette pagaille politique, les évêques catholiques ne savent plus à quel saint se vouer. De tous ces politiciens gloutons et égocentriques, qui se soucie encore des intérêts du peuple congolais ?

L’enlisement se dessine clairement aux discussions directes du Centre Interdiocésain dont l’Accord a été signé par certains acteurs congolais le jour de la Saint Sylvestre, peu avant minuit, sous les bons offices de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Il sied de rappeler que cette médiation des prélats catholiques a été sollicitée par le Président Joseph Kabila faisant suite aux conseils prodigués par ses homologues Denis Sassou N’Guesso du Congo-Brazzaville et Edouardo Dos Santos d’Angola lors du mini-sommet de Luanda du 26 octobre 2016. Ne dit-on pas que le diable se cache dans les détails ? Dans un communiqué lu, le week-end dernier, par son porte-parole, André Atundu, la MP exige que le Rassemblement propose 5 noms des personnalités «primaturables» en raison du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat dans le choix de son collaborateur immédiat. La famille politique de Joseph Kabila soutient que cette pratique est courante depuis la naissance de la Troisième République. A propos de la composition de l’équipe gouvernementale, la mouvance présidentielle n’entend pas transiger quant aux ministères de souveraineté, «la chasse-gardée», dont la Short list est la suivante : la Défense Nationale et Anciens Combattants ; Intérieur et Sécurité ; Affaires Etrangères ; Justice et Garde des Sceaux ; Finances ; Mines. Certains membres de la MP déclarent que le fils de l’opposant historique Tshisekedi ne répond pas au profil repris dans les arrangements particuliers concernant le niveau d’études. En revanche, Etienne Tshisekedi et son camp politique exigent un partage fifty-fifty des postes ministériels. Le Rassemblement affirme haut et fort qu’un seul nom, vraisemblablement celui Félix Tshisekedi, fils biologique du Président du comité des sages de ce regroupement politique qui a vu le jour dans une banlieue bruxelloise, sera proposé. Au père, Etienne Tshisekedi, a déjà été attribuée la présidence du Comité de suivi de l’Accord du 31 décembre et du processus électoral. Et si Joseph Kabila récusait Félix Tshisekedi ? Blocage !

Par ailleurs, un Accord fut accouché au cours du dialogue entre la mouvance présidentielle, une frange de l’Opposition politique, de la Société civile de même que des confessions religieuses constituant près de 300 participants, sous la facilitation du Togolais Edem Kodjo et l’accompagnement international de l’ONU, de l’UA, de l’UE, de l’OIF, de la SADC et de la CIRGL à la Cité de l’Union Africaine, à Kinshasa. De ce forum national convoqué par Ordonnance présidentielle du 28 novembre 2016, est issu le Gouvernement de large union nationale que dirige le Premier Ministre Samy Badibanga Ntita. Cette équipe est constituée en majeure partie des élus du peuple. Cela explique son investiture par acclamation à l’Assemblée nationale, le 22 décembre 2016 peu avant minuit. Ce travail laborieux et le compromis trouvé avec l’implication de la Communauté internationale doivent-ils être balayés d’un revers de la main par l’Accord de la CENCO ? Est-ce sérieux ? D’autant plus que le délégué du prélat catholique, l’Abbé Donatien Nshole, avait refusé d’apposer sa signature à l’Accord du 18 octobre faute d’inclusivité. De la même manière, l’Accord de la Saint-Sylvestre souffre aussi du manque d’inclusivité puisqu’un groupe d’opposants qui a comme leader Samy Badibanga et de la Société civile mené par madame Maguy Kiala n’a toujours pas signé ce nouveau compromis politique. Joseph Kabila avait exigé aux évêques l’inclusivité. Pendant ce temps, la formation politique UNANA du Vice-ministre Willy Mishiki vient de saisir la Cour constitutionnelle pour statuer sur l’inconstitutionnalité de l’article 2 de l’Accord du Centre Interdiocésain relativement au référendum populaire (articles 5 et 218 de la Constitution du 18 février 2006). Quelle équation à plusieurs têtes ? Les évêques sont lassés et sidérés. Le Président Sassou les a réconfortés la semaine dernière à Kempiski Fleuve Congo Hôtel.

«Ôte-toi de là que je m’y mette ! »

Cette phrase rendue célèbre par l’ancien Premier Ministre Nguz’A Karl_ibond qui se disputait le fauteuil de Chef du Gouvernement avec le lider maximo et Président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, durant la Deuxième République du Maréchal Mobutu. Actuellement, c’est la guéguerre entre le tout nouveau locataire de l’Hôtel du Gouvernement, Samy Badibanga, et son ami et frère Félix Tshisekedi, tous deux membres du même parti politique. C’est malhonnête de dire que le premier, Samy Badibanga, ne fait plus partie de l’UDPS. Au nom de cette formation, il avait pris part aux négociations secrètes avec la mouvance présidentielle, notamment à Ibiza (Espagne) et Venise (Italie). Au cours de l’année 2016 qui vient de s’achever, Samy Badibanga, Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi s’étaient retrouvés à Paris en France pour un pacte politique. Toujours au nom de l’UDPS, l’ancien Conseiller Spécial d’Etienne Tshisekedi avait également pris part à la controversée rencontre de l’Ile de Gorée (Sénégal) aux côtés d’autres opposants dont Vital Kamerhe, Franck Diongo, Eve Bazaïba, Gilbert Kiakwama, et un représentant de la CENCO. Qu’on ne trompe pas le peuple congolais ! Samy Badibanga est bel et bien membre de l’UDPS, du Rassemblement et de l’Opposition congolaise au même titre que Félix Tshisekedi. D’aucuns disent que ce dernier a toujours perçu, en catimini, ses émoluments à la Chambre Basse du Parlement que préside Aubin Minaku, Secrétaire Général de la MP. Dans une interview exclusive accordée récemment à La Prospérité, le « vrai opposant » Gabriel Mokia Mandembo avait tranché comme suit : « Kabila a déjà nommé un Premier Ministre avec son gouvernement. Et le même Kabila ne va pas se gêner de renommer un autre Premier Ministre issu du dialogue conduit par la CENCO. Ce qui je puis dire est que comme ils [des membres du Rassemblement] ont besoin d’argent pour la campagne électorale, on va demander à Samy Badibanga de former un gouvernement même de 100 Ministres […] Ils ne font pas la politique mais ils font ce que j’appelle la « sorcellerie politique ». Pour cet acteur politique, on n’a pas à déranger la communauté internationale par une autre remise-reprise à la Primature.

Ainsi donc, la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 connaîtra des sérieuses difficultés au vu de l’atterrissage forcé des pourparlers du Centre Interdiocésain. Halte à la distraction ! Le peuple congolais veut des élections démocratiques, des meilleures conditions sociales et, surtout, la paix.
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