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Lors de son interview ultra offensive contre le Gouvernement samedi sur Tv5, Félix Tshisekedi a développé une théorie sur la stratégie du chef de l’État et sa volonté de conserver le Pouvoir. Une stratégie organisée en 3 scénarii selon le leader du Rassemblement : le referendum, le chaos et le scénario à la Poutine, a-t-il détaillé. De quoi s’agit-il ?Pour le referendum qui viserait à modifier la constitution afin de permettre à Joseph Kabila de briguer un 3e mandat, ce ne fut pas (et ce n’est toujours pas) l’équation la plus simple pour le camp présidentiel. Contestée par une majorité des Congolais selon le dernier sondage effectué par la radio Top Congo (79 % contre un 3e mandat), l’idée de réformer la loi fondamentale a, pendant des mois, oscillé entre doute et passage en force au sein de la Majorité présidentielle. Dynamitée dès le départ par la « parole d’officier » de Joseph Kabila lui-même.

Dans une interview devenue référence accordée à Jeune Afrique en juillet 2015, le chef de l’État écartait alors catégoriquement toute idée de revoir les règles. « La constitution c’est sacré […] J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette constitution. Je ne toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir partir », expliquait le président à un peu plus d’un an de la fin de son second et dernier mandat. Relayé quelques mois plus tard par le porte-parole du Gouvernement Lambert Mende, convaincu qu’il y aurait le « passage de flambeau civilisé » à la fin de 2016. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Du « nouveau mandat et non un 3e mandat » de Yves Kisombe à la « stabilité du pays » qui avait encore besoin de l’autorité de Joseph Kabila argué par Kin Kiey Mulumba, le sujet est revenu le 4 juin 2017 dans la bouche du premier concerné, qui n’exclut plus un referendum constitutionnel, « qui est constitutionnel », a déclaré le président de la république au magazine allemand Der Spiegel. Mais pour Félix Tshisekedi, ce scénario a échoué.

Semer le chaos dans le pays

C’est la deuxième imagination, au cas où il devenait impossible de réviser la constitution. En tout cas selon le Secrétaire général adjoint de l’Udps. « C’est Joseph Kabila qui est responsable de ce pourrissement », a accusé le chef de file du Rassemblement qui a évoqué sur la télévision française un début de « génocide » au Kasaï et des milices fidèles au chef spirituel de Bundu Dia Kongo Ne Mwanda Nsemi (qui s’est évadé de la prison de Makala le 17 mai dernier, NDLR), qui menaceraient de semer le chaos dans la province du Kongo Central.Des propos qui font, en effet, échos aux soupçons de l’opposition qui voit dans l’insécurité grandissante et la multiplication des conflits locaux dans le pays (Kamwina Nsapu, Pygmées dans le Tanganyika et le Bundu Dia Kongo), une volonté délibérée de rendre le pays ingouvernable et ainsi justifier à la fois l’instauration de l’État d’urgence et le report des élections. « Le président de la république est en train d’encadrer l’insécurité pour qu’on n’organise pas les élections », a d’ailleurs dénoncé, début Juin, l’opposant Moïse Katumbi, pressenti comme le candidat le plus sérieux face à la machine présidentielle. Alors qu’une série d’évasions massives des prisonniers venait de toucher plusieurs centres carcéraux du pays. Une telle insécurité ne peut qu’avoir des conséquences sur le processus électoral. La violence au Kasaï a déjà dû pousser la Commission électorale nationale indépendante à plier bagages causant encore un peu plus le retard dans l’enregistrement des électeurs. Bref, une insécurité persistante ne pourra que favoriser le statu quo.

À la Poutine…

À moins qu’il soit levé l’option des élections bâclées sans Joseph Kabila, mais avec un dauphin. Ce qui ramerait au scenario numéro 3, à la « Poutine », suggéré par Félix Tshisekedi. Arrivé à la fin de son second mandat en 2008, l’actuel président russe dont la constitution interdisait d’enchainer un 3e mandat consécutif, avait cédé sa place à son fidèle et vice premier ministre Dmitri Medvedev, et devenu son Premier ministre. Avant de revenir à la tête du pays le 7 mai 2012.

Sous la pression accrue de la communauté internationale et face à une opposition qui ne faiblit pas, Joseph Kabila – qui ne manque pas des Medvedev dans ses rangs, Olive Lembe Kabila, Aubin Minaku, Augustin Matata Ponyo, les 3 noms qui reviennent le plus souvent – pourrait bien s’inspirer du maître du Kremlin en choisissant de partir tout en restant aux commandes. Et ça, ça n’a pas échappé à Félix Tshisekedi.


Yvon Muya

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