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Malgré ses engagements, le président congolais, Joseph Kabila, ne semble pas prêt à lâcher le pouvoir. Alors que la province du Kasaï, au centre de la RDC, est toujours le théâtre d’une insurrection et d’une répression sanglantes.

“Je n’ai rien promis du tout.” Pour la première fois depuis cinq ans, Joseph Kabila s’est exprimé dans la presse étrangère. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le président de la République démocratique du Congo (RDC) a assuré n’être tenu par aucun engagement à propos d’une élection présidentielle d’ici à la fin de l’année 2017. L’accord de la Saint-Sylvestre, qu’il a cosigné le 31 décembre 2016, prévoit pourtant la tenue d’élections présidentielle, législatives et communales avant décembre 2017.

L’organisation de ces élections est une “obligation”, juge le quotidien congolais Le Potentiel. “Des engagements pris par différentes parties doivent impérativement être respectés. […] Malheureusement, sur le terrain, tout porte à croire que ces élections constituent le cadet des soucis de ceux qui gouvernent”, regrette le journal.

Pour le quotidien burkinabé Le Pays, Joseph Kabila, dont le mandat a officiellement pris fin le 19 décembre 2016, “vient de lever définitivement le secret sur ses intentions à peine voilées :

Avec cette dernière sortie qui semble repousser aux calendes congolaises les élections, les lignes de sa stratégie se confirment : l’homme fait des pieds et des mains pour faire capoter le processus électoral afin de s’accrocher au pouvoir.”
De son côté, le site guinéen Le Djely trouve de quoi se féliciter : “Heureusement que l’Union européenne ne se laisse pas prendre au piège” de “la supercherie Kabila”, écrit-il. Elle vient en effet de sanctionner neuf proches du président congolais, dont des ministres en fonction, pour “graves violations des droits de l’homme”. Ils sont interdits de circulation dans les pays de l’Union et leurs avoirs ont été gelés.

Un conflit meurtrier qui s’enlise

Ces sanctions de l’UE, qui s’est dite “gravement préoccupée par la détérioration de la situation en RDC”, viennent en réaction à la crise dans le Kasaï. Depuis septembre 2016, cette province du centre de la RDC est en proie à des affrontements entre des membres de la rébellion Kamuina Nsapu et des forces de sécurité congolaises. Ce conflit aurait déjà fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,27 million de personnes, alors qu’au moins 40 fosses communes ont déjà été découvertes par des experts de l’ONU. Deux de ces experts, chargés d’enquêter sur de possibles violations des droits de l’homme dans la région, ont d’ailleurs été assassinés au mois de mars.



Kinshasa a longtemps refusé de coopérer avec l’ONU, qui accuse les autorités d’un usage excessif de la force dans la région. Mais les “projecteurs de la communauté internationale, braqués en permanence sur la République démocratique du Congo”, comme le formule dans un autre article Le Potentiel, ont eu raison du gouvernement, qui a accepté mercredi 7 juin de coopérer avec l’ONU dans le cadre d’une enquête conjointe sur les violences dans le Kasaï. À condition d’en prendre la direction, s’est empressée de préciser Marie-Ange Mushobekwa Likulia, ministre congolaise des Droits humains.


“La communauté internationale s’est levée comme un seul homme pour dénoncer la tragédie qui dure depuis maintenant dix mois dans l’espace Kasaï. Les exactions qui y sont commises, autant par les forces de sécurité gouvernementales que par les insurgés, sont d’une cruauté qui appelle à la justice”, affirme Le Potentiel, qui poursuit :

Toute la question est de savoir pendant combien de temps encore le régime de Kinshasa va diriger ce pays continent en marge du respect des droits humains, des préceptes démocratiques et même du droit international.”
Claire Gounon
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