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Tony Casius Bolamba est empêtré dans plusieurs scandales depuis son élection comme gouverneur de la Province de l’Equateur, notamment le détournement des deniers publics avec l’affaire du comptable caché dans le coffre de sa voiture.


Cette fois-ci est-ce le scandale de trop qui risque de l’emmener en prison? Ça tout l’air car l’individu est bloqué depuis plusieurs semaines par le Procureur Général de la République pour raisons d’enquêtes.

Selon un notable de l’Equateur, Bolamba avait accusé les députés nationaux Henri Thomas Lokondo José Endundo et Jean Claude Baende de préparer une rébellion pour le renverser.

Pour Wina Lokondo, qui révèle sur Facebook le scandale, le député Lokondo, son frère, a aussitôt porté plainte contre Bolamba pour ses affabulations répugnantes.

Depuis Bolamba ne peut librement aller et venir, y compris dans sa province car l’affaire est en instruction au parquet général de la République.

(Ci-dessous la tribune de Wina Lokondo)

LE Gouverneur Tony Bolamba, sacré numéro…
Tony Bolamba serait-il un cas psychiatrique ? Sa manière d’être et d’agir pousse à y croire. Il est agité, bipolaire, incohérent, roublard, prompt à la colère, impoli, impressionniste, entêté, sans retenue, bonimenteur,…Un sacré numéro, un désaxé. « Un mal élevé », disent de lui ses connaissances de longue date. Il est à la tête de la province de l’Equateur depuis un an et quelques mois. Ceux qui lui ont fait la courte échelle et lui ont permis d’y arriver avaient cru voir en ce quadragénaire aux allures BCBG – qu’ils ne connaissaient pas du tout et qui s’était présenté à eux en un petit ange, poli, réceptif, « peu bavard » – une sorte d’Emmanuel Macron : la jeunesse, la volonté, le dynamisme. Bref une « fraîcheur », une nouvelle génération de politiques pour la nouvelle province, fraction sud de l’ancien grand Equateur démembré. Mais la désillusion arriva vite. La vraie nature de l’homme et ses insuffisances se révélèrent aussitôt élu gouverneur : rien à comparer avec l’actuel chef de l’Etat français, ni en instruction ni en compétence ni en civilité. Le numéro un de la province – intellectuellement pas structuré (à l’entendre s’exprimer) et sans passé professionnel connu – ne comprend absolument rien du fonctionnement des institutions. Ses différents collaborateurs (qui démissionnent par vagues successives – sept ministres ont quitté d’un coup son gouvernement qui en compte constitutionnellement dix, son directeur de Cabinet, M. Bondjeka, lassé, s’est aussi récemment séparé de lui) peinent à le « coacher », à lui expliquer le b.a.-ba de l’administration et la logique politique.
L’Equateur sous Tony Cassius Bolamba, c’est des scènes de cinéma au quotidien. Et ses mensonges aussi, systématiques, permanents, au cours de ses causeries privées comme dans ses propos publics,… Le « gouv » ne se soucie nullement du qu’en-dira-t-on et répète sans cesse être « en harmonie avec lui-même », habituelle dernière phrase de tous ses écrits sur Facebook révélatrice d’une personne vantardement autiste. « TCB » vit dans son monde à lui. Il ment (comme il respire) sur tout et à tout le monde. Vice qui le rattrape aujourd’hui et qui est la cause de son actuelle descente aux enfers. Une plainte est déposée contre lui au Parquet général de la République pour imputations dommageables suite à des graves déclarations (mensongères) qui lui sont reprochées.
En effet, lors d’une réunion du comité provincial de sécurité – où siègent de droit, outre le gouverneur lui-même, les chefs provinciaux de la police, de l’armée, de l’agence nationale de renseignement (Anr), de la direction générale des migrations (Dgm), le procureur général ainsi que le maire de la ville de Mbandaka -, Tony Bolamba fait savoir, le ton sérieux, qu’il dispose des informations selon lesquelles le député national Henri-Thomas Lokondo, l’ancien ministre national José Endundo et l’ancien gouverneur Jean-Claude Baende, qui se plaignent tous de ses méconduites, se sont ligués – impensable coalition, pourtant, entre les trois hommes qui n’ont pas d’atomes crochus – et préparent de déclencher une rébellion à l’Equateur. Qu’ils auraient été financés pour l’opération par le G7, comprenez par le riche Moïse Katumbi. Et d’ajouter, croyant ainsi crédibiliser ses propos, que deux jeunes gens, dont il cite spontanément les noms et qui sont présents dans la ville, auraient été contactés par les « comploteurs » pour des premiers préparatifs de la sédition.
Informations qui font naturellement bondir les barbouzes à qui Bolamba les donne. Ces derniers demandent illico que l’on fasse venir les jeunes cités. Très vite localisés dans la ville, les deux garçons, Joël Ilangila et Guy Bobua, reçoivent la visite de Willy Botoka, responsable d’une équivoque Ong « d’assainissement » de la ville de Mbandaka et un habitué de la résidence du gouverneur où se tient la réunion. « Il y a un message du président de la République qui vous est destiné. Vous êtes urgemment attendus chez le gouverneur », leur dit-il. Une communication du…chef de l’Etat, un irrésistible appât ! Cela est fréquent en RDC de la part des maîtres chanteurs généralement des proches du président de la République. Bien que dubitatifs, Joël Ilangila et son ami se résolvent à s’y rendre. Arrivés aux lieux, ils sont surpris de se retrouver devant les hautes (et redoutées) autorités de la province réunies qui, visiblement, les attendaient. « Voici ce que monsieur le gouverneur nous apprend vous concernant et au sujet d’une action de déstabilisation des institutions provinciales à laquelle vous êtes associés. Qu’en dites-vous ? », les questionne le directeur de l’Anr. Le sang leur monte vite à la tête. Leurs yeux soudainement écarquillés dénotent leur grand étonnement et sans doute aussi une compréhensible peur. Les jeunes hommes – kabilistes et activistes locaux du Pprd – retrouvent rapidement leurs esprits et répondent avec empressement, droit dans leurs bottes : « Nous ne savons rien de cette prétendue action en préparation et n’avons été contactés par personne à ce sujet. Le gouverneur s’est certainement trompé de personnes et de noms. Nous le jurons. Nous lui demandons de revenir sur ses propos, de vous avouer, ici et maintenant, que nous ne sommes impliqués dans une aucune affaire illégale ». Tony Bolamba, ainsi sèchement contredit et embarrassé – qui ne s’attendait pas que l’on exige la venue immédiate des deux garçons -, ne disposait d’aucune preuve attestant leur implication dans des menées subversives imprudemment (méchamment ?) révélées par lui. A la grande déception de tous les participants à la réunion qui ont vite compris que le gouverneur a affabulé, que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Chacun d’eux a certainement fait rapport à ses chefs hiérarchiques de Kinshasa, lesquels doivent avoir, sans doute, à leur tour, passé « l’info » au chef de l’Etat Joseph Kabila.
Craignant des possibles « emmerdements » de la part de Tony Bolamba, les jeunes gens feront aussitôt une déclaration écrite dont ils se sont activés à faire une large diffusion et dans laquelle ils plaident leur innocence et disent craindre pour leur vie, tenant ainsi le gouverneur pour responsable d’un éventuel malheur qui pourrait leur arriver.
Devant les propos graves et mensongers de Tony Bolamba le mettant en cause et estimant, pour sa part, ne pas laisser planer des doutes sur sa personne et son honneur de démocrate respectueux des institutions et des lois de la République, le député national Henri-Thomas Lokondo a introduit une plainte contre le gouverneur à l’office du procureur général de la République pour imputation calomnieuse. Celui-ci a, pour cette affaire, envoyé une commission rogatoire à Mbandaka qui y a été entendre tous les membres du comité provincial de sécurité ainsi que les jeunes incriminés par le gouverneur. Et c’est à la suite du rapport fait par la commission que le gouverneur a été convoqué à Kinshasa où il se trouve depuis deux mois. Interdiction lui a été faite – par le PGR ? Par le ministre de l’Intérieur ? – de rentrer à Mbandaka jusqu’à…nouvel ordre.
Par une témérité ridiculement infantile, Tony Bolamba a tenté, à trois reprises, de regagner le chef-lieu de sa province. Les services de « sécurité » l’en ont empêché – sur instruction de la « hiérarchie », lui a-t-on chaque fois fait savoir. Deux fois à l’aéroport de Ndjili et une autre au petit aéroport de Ndolo où il a naïvement cru pouvoir échapper à la vigilance des mêmes services, pourtant présents à tous les grands postes frontaliers, et lesquels reçoivent tous instantanément la liste des personnes « à problème » et interdites de sortie de la ville. Intervenant sur radio Top Congo, et bien que la nouvelle de sa retenue à Kinshasa par décision de « l’autorité » soit connue dans tout le pays, Tony Bolamba a tenu à porter un démenti et a donné la raison de sa (longue) présence à Kinshasa : « Je suis venu en mission de service ». Depuis…deux mois. Ses démêlés avec la justice se mêlant et coïncidant en lieu et en temps à cette « mission de service », la présence du gouverneur dans la capitale pourrait encore durer, le Parquet général de la République ayant son « indépendant » rythme de travail et son propre agenda pour l’examen des affaires qui lui sont soumises. Sauf si la « haute hiérarchie » en décide autrement et que les actuelles agitations « anti-retour de Bolamba » s’estompent à Mbandaka. Ce qui n’est pas sûr.

Wina LOKONDO
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