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"Nous sommes aux urgences. Vous remarquerez qu’il n’y a pas de personnel. Voyez ce laboratoire, c’est fermé". Rien que des plaintes du côté des patients hier lundi 28 août. A l’hôpital pédiatrique Kalembe-Lembe, des familles attendent dans les couloirs, mais aucune blouse blanche pour les prendre en charge. Seuls trois enfants qui étaient là avant la grève sont hospitalisés. La tristesse saute toutefois sur leurs visages. Une dure réalité pour cette formation hospitalière, censée desservir une population estimée à 87.726.

Ce lundi 28 août, aucun membre du corps médical n’est passé dans les salles. Il est pourtant 14h45’. L’inquiétude est visiblement grande dans les milieux des familles qui amènent leurs proches. En sillonnant les différents pavillons de cette institution hospitalière, les malades, sur les 122 lits que compte la pédiatrie et garde-malades, sont pensifs. Ils sont tous assis devant leur bâtiment, comme s’ils attendaient voir un "Messie" qui leur apporterait une solution miracle.

DESOLATION
Les malades disent qu’ils sont habitués à voir défiler chaque matin les médecins et les infirmiers pour la prescription matinale. Mais ce ne sera pas le cas ce lundi. "C’est à travers les infirmiers et les médecins que nos malades vivent. Maintenant qu’ils sont en grève, nous ne savons pas ce qu’il faut faire. Depuis le matin, aucun infirmier n’est passé. Ceux qui viennent exigent des sous pour toucher les patients", regrette un garde-malade.
Une dame, qui est venue avec un membre de sa famille à l’hôpital, fustige les autorités du pays qui "sont à la base de cette situation de la chosification du personnel soignant". Selon un délégué syndical trouvé sur les lieux, les médecins réclament l’amélioration de leurs conditions salariales. "Une loi a été votée au niveau du Parlement pour demander qu’on paie les fonctionnaires au taux réajusté de 1.425 Fc au lieu de 923 Fc comme actuellement. Mais nous avons constaté que pour les listings notamment du mois de juillet, aucun réajustement n’a été opéré", se désole-t-il.

NEGOCIATIONS
Face à cette situation, explique-t-il, les médecins avaient entamé des négociations avec le Gouvernement, mais ces discussions n’ont pas abouti à un compromis, indique-t-il. Ainsi donc et comme annoncé dans la dernière assemblée générale du Syndicat national des médecins du Congo (SYNAMED), les médecins du secteur public sont effectivement entrés en grève le vendredi 21 juillet, exigeant, comme condition pour reprendre le travail, l’indexation de leurs primes et salaires au taux du dollar américain tel qu’annoncé par le chef du Gouvernement.
En effet, défendant son budget à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Bruno Tshibala avait promis de réajuster le salaire des agents et fonctionnaires de l’Etat (de 930 Francs congolais, à 1425), conformément à la parité entre le dollar américain et la monnaie locale.
PRESSION
Voila qu’au regard des listings, aucune augmentation de salaire dans les proportions annoncées par le Premier ministre n’a été prévue. Les salaires ont donc été payés au taux de 930 Fc, ce qui a déclenché la colère des syndicalistes.
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