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*Premier à réagir après l’intervention du Chef de l’Etat, le samedi 23 septembre dernier, devant le Conseil de Sécurité, lors de la 72ème session ordinaire de l’Assemblée Générale de l’Onu, Germain Kambinga Katomba, Président des forces politiques et sociales du Centre, salue l’esprit du dialogue. Il l’invite, par conséquent, à aller jusqu’au bout de sa logique, en convoquant rapidement une Table Ronde politique inclusive et représentative, pour dégager un consensus autour de la gestion de l’après 31 décembre 2017, de l’agenda politique axé sur le reste des préalables à la tenue des élections apaisées et sur les impératifs du redressement socio-économique dont tous les clignotants sont aujourd’hui au rouge. A l’affaire de la Monusco, Kambinga, tout en étant d’avis que cette force onusienne ne devrait pas s’éterniser sur le sol congolais, soutient, par contre, que l’on veillera à ce qu’au fur et mesure qu’elle se retirera, que les forces armées et de la police nationale congolaise, dans leurs missions régaliennes, occupent immédiatement des zones libérées, pour ne pas laisser le champ libre aux groupes armés ainsi qu’aux branches rebelles résiduelles.

Non au tabou !

Révolte personnelle. Démarche illuminée. Idée forte de briser le tabou. Le Centre à la tête de laquelle Germain Kambinga Katomba, ex-compagnon de Bemba durant plus de dix ans au Mlc, ex-Ministre de l’Industrie à l’aune des Concertations Nationales, a été porté, n’est ni une aventure éphémère, ni un sursaut opportuniste.

Le Centre, cette nouvelle coalition constituée d’une cinquantaine des partis et associations, depuis la signature de l’acte d’adhésion, à la suite de son Conclave du Centre Nganda, organisé du 19 au 20 septembre dernier, repose sur un socle, sur une posture iconoclaste qui bannit, littéralement, tout esprit de facilité consistant à marcher sur des sentiers battus.

Au fond, c’est le choix d’une action continue contre l’enlisement auquel la Majorité et l’Opposition, toutes deux fortement radicalisées, tentent, malheureusement, de fourvoyer les congolais, en se servant de l’impasse électorale en perspective, pour plonger le pays dans un précipice aux conséquences incommensurables.

Or, en réalité, la solution à cette impasse électorale, quelles que soient les intérêts partisans, n’est pas dans les positions extrêmes. Mais, plutôt, au milieu, dans l’esprit du consensus, du compromis. D’où, l’idée de dialogue permanent dont a parlé le Président Kabila, du haut de la tribune des Nations, ce samedi 23 septembre 2017, rejoint, à juste titre, celle du Centre qui, dans ses principales résolutions issues du Conclave, militait, comme s’il le subodorait déjà, pour la tenue urgente d’une Table Ronde inclusive et représentative des forces politiques (Majorité-Opposition – Centre), les organisations sociales et corporatives (confessions religieuses, syndicats, avocats, médecins, professeurs) et des représentations provinciales, comme unique alternative susceptible de sortir le pays de cette crise électorale, sociale et politique aux élans dévastateurs qui se profile à l’horizon.

Germain Kambinga, réagissant à chaud, estime, en effet, que l’idée du dialogue, telle que le Président Kabila l’a si exprimée, tout au long de son message, est à capitaliser pour la gestion de l’après 31 décembre 2017 et la tenue, grâce à un calendrier techniquement réaliste, des élections réellement apaisées en RD. Congo. Décryptage.

Genèse

Il se dit totalement décomplexé lorsqu’il parle du Centre, sa nouvelle coalition des forces politiques et sociales. Kambinga, dans un entretien exclusif, ce week-end à Kinshasa, affirme, en effet, qu’il refuse de faire partie d’une génération d’acteurs politiques qui constatent, impuissants, à la déliquescence de l’Etat, à la déchéance de la nation.

Il est fatigué d’assister, tel un spectateur, à une sorte de big-bang entre la Majorité et l’Opposition, dans toutes ses variantes ou souches. Il veut, au fait, sortir de l’esprit de ceux qui pensent que pour exister politiquement, il faudrait absolument adopter une posture de radicalisation qui, pourtant, conduit aux extrêmes et, donc, à l’émergence des rébellions.

Très souvent, ce sont des extrêmes qui conduisent aux morts, aux menaces de tous ordres, à la balkanisation. Conséquence, soutient-il, c’est un retard de plus de dix ans par rapport à d’autres nations africaines et du monde. Depuis Lusaka, en Zambie, jusqu’au dialogue Intercongolais, à Sun City, en terre Sud-africaine, l’eau avait abondamment coulé sous le pont, pour qu’on en arrive à un Accord Global et Inclusif. Dans l’entre-temps, fait-il remarquer, le pays aura perdu un des ses dignes fils, le tombeur du Maréchal Mobutu : Mzee Laurent-Désiré Kabila.

Aujourd’hui, l’histoire se répète. Germain Kambinga, 10 ans de carrière politique, deux ans passés au Gouvernement, rappelle, ici, que pour sortir de toutes ces expériences, il fallait une voie du courage, celle qui avait manqué vers les années 90. Il faudrait, à l’en croire, prendre le taureau par les cornes, s’assumer pleinement. Prendre des risques, adopter une position iconoclaste. Les forces politiques antagonistes pensent, à tort, que la solution est chez elles, dans les extrêmes. Et, pourtant, la solution aux problèmes du pays est au milieu, dans la position médiane qui n’est pas, à priori, séduisante.

Perspectives

Pour y arriver, Germain Kambinga estime qu’au préalable, le Centre rencontre sur terrain, des masses radicalisées qui n’ont, certes, pas besoin de réaliser de nouvelles adhésions immédiates à ses thèses. D’où, lui et ses compères se proposent de batailler dur, pour tailler le chemin dans le roc.

Le Centre ira ainsi, à la conquête des masses via la sensibilisation axée sur le triomphe de la raison sur la déraison, sur l’autre son de cloche.

Là où la Majorité propose le statu quo, en feignant d’appliquer l’Accord de la Saint Sylvestre dans l’exclusion des autres, le Centre œuvrera pour une nouvelle pédagogie de rapprochement pour des solutions appropriées.

Là où l’Opposition parle d’une transition sans Kabila, le Centre rejettera la politique de la ‘’tabula rasa’’ pour enterrer la Constitution au cimetière de la confusion et l’alchimie de la cacophonie.

Car, à son avis, peu importe les visions rivales, il faudrait, après tout, reconnaître que toutes les institutions à mandat électif, resteront en place, y compris l’actuel Président, Joseph Kabila Kabange, jusqu’à l’installation effective de son successeur élu. C’est un acquis reconnu, insiste-t-il, par la Constitution ainsi que par tous les Accords du 18 octobre, à la Cité de l’Union Africaine et du 31 décembre 2016, au Centre Interdiocésain, sous l’égide des Evêques.

Vers la Marche blanche…

Très bientôt, le Centre, révèle-t-il, va organiser une ‘’Marche blanche’’ pour exiger des solutions pacifiques. Il va, par ailleurs, organiser un meeting des vérités au Stade Tata Raphaël ainsi qu’une tournée dans les vingt-six Provinces du pays.

Plus loin, si les élections ne sont pas organisées d’ici le 31 décembre 2017, le Centre, dans une dynamique somme toute pacifiste, récoltera plus d’un million de signatures en faveur de son ‘’Manifeste’’, considéré, ici, comme le meilleur plan de sortie de crise. Il envisage, en outre, des colloques thématiques envers des professeurs d’universités, des corporations des médecins, des architectes ainsi que toutes les couches sociales professionnellement actives.

Sur le plan externe, le Centre ira à l’assaut des lobbyings et partenaires de la RD. Congo aux Etats-Unis, dans l’espace de l’Union Européenne, tel qu’en France, en Allemagne, Belgique, Grande Bretagne etc.

Dans la même percée, il le fera au niveau régional et international, auprès de la SADC, de la CEEAC, de la CIRGL et de l’Onu. Partout au pays et à travers le monde, le contenu du message sera le même, celui de la recherche des voies alternatives pacifiques pour tirer le pays du bourbier et garantir la paix.

Qui écoutera le Centre ?

Aussitôt né, aussitôt attaqué et critiqué. Mais, en dépit de tout, le Centre est là, bien debout. Kambinga, dans sa fougue, ironise en disant que tous ceux qui collent au Centre des étiquettes intégristes, ont seulement horreur de ce nouveau bébé, de ce dernier-né des plateformes politiques sur lesquelles le pays devra compter, désormais.

En vérité, pour la petite histoire, le 25 août 2017, un appel avait été lancé, lors du lancement de son parti, Liberté. Des forces se sont mobilisées. Plus d’un mois après, plusieurs partis et associations sont venus, toute une ribambelle de personnalités sont venues adhérer à la vision. Et, tout récemment, tous mais, alors tous, ont signé l’Acte d’adhésion, à l’issue du Conclave du Centre Nganda, le 20 septembre dernier.

Donc, pas de faux procès contre le Centre, même si, par ailleurs, on sait que dans une société démocratique, les critiques, les réactions et la méfiance ont droit de cité. Mais, à qui la faute ? Puisqu’en démocratie, on ne cherche pas d’unanimité. L’essentiel à retenir est que le Centre qui n’est qu’à ses débuts, a déjà plus d’une cinquantaine des partis, associations et personnalités qui croient aux vertus du consensus, du compromis et de l’équilibre. Dès lors, le Centre n’est ni le satellite de la Majorité, ni l’appendice de l’Opposition. Voilà tout.

Table ronde

Face à l’imminence de la crise électorale, une nouvelle mécanique devrait s’imposer à tous les ‘’egos’’. La gestion harmonieuse de l’après 31 décembre 2017, doit être, forcément, consensuelle. L’idée de la Table ronde est donc, selon le Centre, une contingence politique évidente, pour éviter l’apocalypse.

D’où, toutes les forces politiques (Majorité-Opposition – Centre), les organisations de la société civile et corporatives (médecins, professeurs, syndicats) et représentations provinciales devront impérativement y être associées.

Durant la transition à venir, puisqu’à l’impossible, dit-on, nul n’est tenu, toutes les institutions à mandat électif resteront en place, y compris l’actuel Président Joseph Kabila, jusqu’à l’installation effective de son successeur élu. La Primature qui, soit dit en passant, n’est pas l’apanage d’une seule force politique, serait attribuée à la famille autre que celle de l’actuel Chef de l’Etat. Le prochain gouvernement, tel qu’il est perçu au Centre, pourrait essentiellement s’adonner à l’impératif de concilier la priorité du redressement socio-économique à celle de la tenue, dans un délai relativement plus court mais, tenant compte de contraintes financières, politiques et techniques, des élections libres, transparentes, démocratiques, crédibles et apaisées.

Un tel gouvernement devrait mobiliser les ressources financières, par tous les moyens, pour réussir son pari. Agir autrement, c’est, apparemment, cette histoire du serpent venimeux qui, curieusement, croyait prendre les autres dans son piège, alors qu’il s’est mordu, lui-même, la queue.

Au Centre, conclut Kambinga, il n’y a pas d’illusions, pour l’avenir du pays. On se battra jusqu’au bout !
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