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*Tshibala, la tête sauvée de justesse, est attendu, une fois de plus, ce lundi 27 novembre 2017 à l’Assemblée Nationale. Même si l’épée de Lokondo n’est toujours pas encore replacée dans le fourreau, il va de soi que l’actuel Premier Ministre, arrivé aux arcanes du pouvoir en avril 2017 et investi en mai 2017, puisse se prendre, lui-même, au sérieux. Car, en revanche, il n’a vraiment pas de droit à l’erreur. Au regard de l’immensité de ses responsabilités, il doit, sans titillements, ni fioriture, jouer sa partition pour l’avancée du processus électoral dont l’examen et l’adoption du Budget 2018 et de la loi électorale constitue, à plus d’un titre, l’une des étapes cruciales. Le respect de l’almanach, avec les échéances précises, telles que publiées, le 5 novembre dernier, en dépend étroitement. Retour à l’essentiel Aujourd’hui, Bruno Tshibala Nzenzhe, l’actuel Premier Ministre, revient à la chambre basse du Parlement. Il va, en effet, répondre aux préoccupations des Députés sur le Budget 2018 et présenter l’économie de la loi électorale, telle qu’elle a été adoptée dernièrement en Conseil des Ministres, sous la présidence du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange. Mais, le débat suscité par l’interpellation de l’Honorable Henri Thomas Lokondo et la démission subséquente qu’il exigeait, reste encore vif dans le gotha politique congolais. Car, quoique la Commission spéciale instituée pour ressasser les contours de cette démission ait recommandé le rejet de sa motion, Henri Thomas Lokondo Yoka ne sent nullement interdit de poursuivre la procédure jusqu’au bout. Ce week-end, sur des antennes de Top Congo, il dit avoir actionné les mécanismes de la déchéance de Tshibala. Pour ce faire, il récolte des signatures. Et, d’après la loi, il aurait besoin d’en réunir plus ou moins 125, avant de revenir à la charge. Controverse Cette démarche est, cependant, diversement interprétée. A la Majorité, l’on croit que l’option de Lokondo n’aurait jamais été une initiative collective avalisée d’avance par l’Autorité Morale, ni par le Bureau Politique. C’est donc, seul, en tant que Député National qu’il aurait agi ainsi, en ‘’solo’’. D’autres cadres, au niveau de la Majorité, estiment, par ailleurs, que l’Honorable Lokondo, en ouvrant cette brèche de la démission du Premier Ministre Tshibala, serait plus proche du G7 ou du Rassemblement de Limete, pour créer une nouvelle crise politique et engager le pays dans une nouvelle zone de turbulences d’ici fin décembre 2017. A l’Opposition, plus particulièrement, au Rassemblement de Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi, la démission supposée ou réelle de Tshibala de la tête du gouvernement, n’est ni plus, ni moins qu’un piège de nature à gagner du temps, en fourvoyant les gens dans une espèce de course vers des postes, alors que le vrai problème, selon elle, c’est la non-tenue des élections dans les délais prévus par l’Accord, au 31 décembre 2017, au plus tard ; la fin de la rallonge du 12 mois accordée aux animateurs des institutions à mandat électif, y compris à l’actuel Président, Joseph Kabila, la non-gestion consensuelle de la transition, l’absence de la décrispation politique et, donc, le non-respect de l’Accord de la Saint Sylvestre. A vrai dire, cette exigence de la démission, une fois passée au prisme de la critique de l’aile dure du Rassemblement, serait une diversion dans l’escarcelle des manœuvres dilatoires du régime en place, pour traverser la ligne rouge du 31 décembre, sans coup férir. Page tournée ? Pourtant, ce débat, si vif soit-il, était clos, le vendredi 24 novembre dernier, à l’hémicycle du Palais du Peuple. Si Bruno Tshibala, de l’avis de la Commission spéciale, avait déposé le budget 2018 endéans les quinze derniers jours d’ici la session ordinaire en cours, c’est-à-dire, à partir du 1er décembre, il aurait écopé d’une sanction prévue par la Constitution et serait contraint, derechef, à la démission d’office. Tout comme si, après avoir constaté qu’il a violé intentionnellement ou délibérément la Constitution par le fait d’avoir déposé le Budget en retard, Bruno Tshibala devait, en principe, lui-même, ‘’volontairement’’, démissionner. Ce qu’il n’a, malheureusement, pas fait. Ainsi, en dehors de ces deux possibilités, seule, la motion de censure, dûment, initiée et engagée peut ouvrir cette brèche si, après coup, la Majorité, celle-là même qu’il n’avait pas associée, dès le départ, à sa démarche, venait, bien que tardivement, à mordre à l’hameçon. Equation… Or, peu avant de quitter la salle ce jour-là, Henri Thomas Lokondo qui n’arrivait pas à digérer les arguments de la Commission spéciale, avait piqué une colère sainte, en proférant des propos jugés indélicats à l’endroit de Minaku Ndjalandjoko, le Président de l’Assemblée Nationale et qui, en même temps, faut-il le rappeler, est le Secrétaire Général de la Majorité Présidentielle. Comment ferait Lokondo pour atteindre le nombre de signatures exigées pour faire passer cette motion de censure ? Lorsqu’on sait que, très généralement, la Majorité est habituée à agir en raison du mot d’ordre donné d’en haut, comment lui qui, sans excuses, aurait brûlé la politesse à Minaku, fera pour convaincre les sociétaires de la Majorité à l’aider, dans cette démarche contre-productive à l’effet de chambouler l’essentiel du dispositif de la stratégie de la Majorité face une opposition accrochée à l’idée d’une transition sans Joseph Kabila, son Autorité Morale, au-delà du 31 décembre 2017 ? En quoi, au fait, la démission du Premier Ministre Bruno Tshibala permettrait-elle à la Majorité d’engranger quelques gains politiques, si ce n’est d’électrocuter la dernière ligne droite engagée sur la voie des élections, selon que le calendrier de la CENI, à lui tout seul, devient l’instrument principal qui justifie le passage à l’autre bout du monde, jusqu’au 23 décembre 2018 et, même, à la limite, au 12 janvier 2019, pour la passation civilisée du pouvoir, à la tête du pays ? Pousser la Majorité à se débarrasser de l’aile modérée de l’Opposition qui, volontiers, a accepté de rejoindre la barque à la faveur de l’Accord de la Saint Sylvestre, serait la meilleure façon, pour Lokondo, de sacrifier l’essentiel des acquis sur l’autel des calculs politiques à haut risque, soutient-on, dans des salons ouatés. L’équation, comme l’on peut bien se rendre à l’évidence, est, certes, difficile. Mais, le jusqu’auboutisme peut faire en sorte que la Majorité, en raison de recommandations pertinentes de la Commission spéciale et ce, malgré l’esprit de tolérance redevable à la démocratie et à l’exercice des fonctions parlementaires, soit obligée de passer à la phase supérieure, en prenant quelques mesures disciplinaires à l’endroit de tous les co-auteurs d’une telle démarche ratatinée autour des actions à impact éphémère.
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