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Etoile montante du marché de diamants, Grisogono, société basée en Suisse, rachetée en 2012 par l'homme d'affaires congolais Sindika Dokolo est dans le collimateur du nouveau pouvoir angolais.


C‘est un joaillier suisse, appartenant au Congolais Sindika Dokolo qui est au centre d’un nouveau tournant à Luanda. La Société publique angolaise de commercialisation des diamants (Sodiam) a annoncé vendredi son retrait du capital du bijoutier suisse de Grisogono, dont l’actionnaire n’est autre que Sindika Dokolo, homme d’affaires et activiste et mari d’Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président angolais.
Selon le journal suisse Le Temps, la société fondée par le jet-setteur Fawaz Gruosi a été rachetée via un montage offshore par l’homme d’affaires Sindika Dokolo. Cette opération a coûté pas moins de 100 millions de dollars américains, faisant de la petite PME une étoile montante dans le marché mondial de diamants.

Rachetée par Dokolo via montage offshore

Août 2014, le magazine Forbes explique, dans un article (à lire ici), que des documents récemment dévoilés montrent qu’une société fictive appelée Victoria Holding Ltd. a acquis 75% de Grisogono en 2012 pour plus de 100 millions de dollars par le biais d’une filiale.


« Les documents montrent que la propriété de Victoria Holding Ltd. est également partagée entre la société de diamants angolaise, Sodiam, et une société néerlandaise, Melbourne Investments. Le mari d’Isabel Dos Santos, l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo, est considéré comme le seul véritable propriétaire de Melbourne Investments« , affirment nos confrères américains.
« Sodiam, en tant qu’entreprise publique (son conseil d’administration, son président et son PDG sont tous nommés par le président José Eduardo dos Santos), est tenue de divulguer publiquement toutes ses entreprises nationales et étrangères, mais jusqu’à présent, son partenariat avec Dokolo est tenu secret. »

Manque de transparence

Isabel dos Santos et Sindika Dokolo avec le Président et la Première Dame de l’Angola. CREDIT FB.

A l’époque, Sindika Dokolo affirme à la presse portugaise que « l’investissement mentionné … est logique d’un point de vue stratégique … Tout dollar entrant en Suisse ou en Europe fait l’objet d’un processus de vérification exhaustif« .
Néanmoins, Rafael Marques de Morais, journaliste d’investigation en Angola et qui dirige le site internet MakaAngola, affirme qu’il y a manque de transparence. « Le partenariat prouvé entre Isabel dos Santos, Sindika Dokolo et Sodiam équivaut à un cas flagrant de conflit d’intérêts, de corruption et de népotisme de la part du Président de la République », explique-t-il sur son site internet.
Pour lui, c’est le président de la République (Eduardo Dos Santos, beau-père de Sindika Dokolo, Ndlr) qui nomme et peut révoquer le bureau et le président de Sodiam, à sa convenance. En outre, l’entreprise peut faire des investissements et former des partenariats uniquement en conformité avec les politiques et les stratégies définies par le chef de l’exécutif, à savoir José Eduardo dos Santos.
« En tant qu’entreprise publique, Sodiam doit publier ses comptes chaque année, tout comme Sonangol, mais en réalité, elle ne l’a jamais fait. Il en va de même pour Endiama, le concessionnaire national de diamants, qui détient 99% de Sodiam« , fait-il remarquer.
Pendant ce temps, Grisogono a réalisé un coup de maître en juillet 2016 en s’adjugeant le «404» : le plus gros diamant jamais découvert en Angola, se mettant ainsi à rêver de conquérir le monde.

Dans le collimateur de Lourenço

Un an après, et alors que Sindika Dokolo est activement engagé dans le mouvement citoyen pour l’avènement de la démocratie en République démocratique du Congo – son pays d’origine – sa société Grisogono est visée par le nouveau président, qui entreprend d’assainir la cour, surtout contre les intérêts du clan Dos Santos.
Selon l’AFP, Joao Lourenço a récemment nommé un nouveau président à la tête de la Sodiam, Eugene Bravo da Rosa, en remplacement de Beatriz Jacinto de Sousa, qui avait été nommée plus tôt cette année par José Eduardo dos Santos.

Dans un communiqué, la Sodiam, qui annonce son retrait de Grisogono, explique que “pour des raisons d’intérêt public et de légalité” son conseil d’administration “a adopté (…) un ensemble de délibérations en vue de son départ de la société maltaise Victoria Holding Limited”, dans laquelle elle détient une “participation minoritaire”.
Par ailleurs, depuis qu’il a pris les rênes de l’Angola en septembre, Joao Lourenço a commencé à démanteler pièce par pièce l’empire politico-financier bâti pendant le long règne de son prédécesseur et mentor José Eduardo dos Santos.
Emblème ou caricature du régime familial instauré par Jose Eduardo dos Santos, sa fille Isabel, classée femme la plus riche d’Afrique par le magazine américain Forbes, est tombée la première.
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