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La disparition de l’opposant congolais Etienne Tshisekedi demeure à jamais gravée dans la mémoire de la classe politique en RDC. Le courage, la détermination et l’honnêteté ont caractérisé le combat valeureux de cet opposant historique.

Une année après la mort du Sphinx de Limete, capsud.net a rencontré un de ses plus fidèles Lieutenants. Rencontre avec le Lider maximo, parcours à ses côtés, l’accord de la Saint Sylvestre Valentin Mubake témoigne et éclaire l’opinion dans une interview exclusive réalisé en marge de l’an de la mort d’Etienne Tshisekedi.



Capsud.net : Monsieur Valentin Mubake, quelle image gardez-vous d’Etienne Tshisekedi?

Valentin Mubake : C’était un grand homme. Et croyez-moi cet homme-là réunissait autour de sa personne, toutes les valeurs d’un leader, d’un grand homme.

Vous savez, le leadership ne se décrète pas. Et on peut même dire que le leadership est inné. Il avait en lui les qualités, pas les qualifications. Les qualifications on les trouve dans les universités.
C’était un homme extrêmement courageux. La deuxième qualité d’un leader, c’est l’honnêteté. Monsieur Tshisekedi était très honnête.

La troisième qualité de Monsieur Tshisekedi, c’est l’intégrité. Monsieur Tshisekedi était un homme intègre. Et enfin, je peux épingler la qualité du sage. Monsieur Tshisekedi était patient, il savait prendre son temps, il ne se précipitait pas dans les décisions. Mais quand il prenait des décisions, c’était des décisions qu’il fallait prendre.



Capsud.net : Dans quelles circonstances et comment l’avez-vous rencontré ?

Valentin Mubake : J’ai connu Monsieur Tshisekedi en 1990. C’est pendant les préparatifs de la Conférence nationale souveraine (CNS).

Je suis allé à la CNS comme délégué de l’Association Zaïroise des ingénieurs civils pour la ville de Kinshasa. Monsieur Tshisekedi, lui, est arrivé à la CNS pour le compte de l’UDPS. Ils étaient 4 délégués au total. Lui et ses 3 autres pairs. Et c’est à cette occasion que nous avons fait connaissance.

En 1991, la CNS est ouverte. Il faut préciser qu’à l’époque, je faisais partie de « jeunes turcs ». Un groupe de jeunes acquis au combat de Monsieur Tshisekedi. Nous étions les jeunes de la « génération Tshisekedi ».

Réunis au sein du groupe « Génération Tshisekedi » à la CNS, nous avons milité pour que ce dernier soit élu 1er ministre. Et le 15 août 1992, notre lutte aboutit : M. Tshisekedi est élu 1er ministre.
Un mois plus tard, j’adhère à l’UDPS. Et quand la CNS est clôturée le 5 décembre 1992, je suis élu par 2840 personnes à la CNS. J’étais donc le rapporteur.



Capsud.net : Et dès 1990, vous vous engagez aux côtés de Tshisekedi ?

Valentin Mubake : Notre rencontre au palais du peuple à la CNS a inauguré 27 amitié et de confiance. Et contre vents et marées, j’ai bénéficié de la confiance de cet illustre combattant de la liberté et de la démocratie.

Et on ne peut avoir mérité de la confiance d’un homme comme Tshisekedi pendant si longtemps si on ne vaut pas quelque chose. Je m’en réjouis et j’en suis fier !



Capsud.net : Quelle a été votre plus grande réussite aux côtés de Tshisekedi?

Valentin Mubake : Ma plus grande réussite, je ne saurais pas l’épingler. Tshisekedi et moi, c’était un parcours, une collaboration très intense. Et donc dans toutes les étapes depuis 1990 jusqu’à sa mort, Valentin Mubake était à ses côtés. Toutes les actions que M. Tshisekedi a dû poser pendant tout son parcours, Valentin Mubake n’était pas loin de là. Mais c’était lui l’acteur principal.



Capsud.net : Que dévient l’UDPS après la mort d’Etienne Tshisekedi ?

Valentin Mubake : Il faut faire remarquer que la perte d’une grande personnalité comme Tshisekedi ne peut pas se faire de manière veloutée. La mort de Tshisekedi a créé un vide, non seulement dans sa propre famille biologique, mais aussi dans la famille politique de manière générale au Congo (…).

Je dois, cependant, souligner une chose dont on ne parle pas souvent. Les divisions que nous vivons aujourd’hui au sein de l’UDPS et même au sein du Rassemblement, c’est le G7 de Moïse Katumbi qui les a créés. il faut avoir le courage de le dire. Ce n’était pas un Rassemblement autour des valeurs parce que M. Tshisekedi ne partageait pas de son vivant, les mêmes valeurs avec tout ce monde-là.

Donc c’était un Rassemblement autour de la personne de M. Tshisekedi et non pas autour des valeurs.



Capsud.net : Et que dire de l’accord de la Saint-Sylvestre, le testament politique d’Etienne Tshisekedi ?

Valentin Mubake : Juridiquement, cet accord n’existe pas. Le 31 décembre 2016, nous étions pressés par le temps et les évêques nous disaient, vous ne pouvez pas entrer en 2017 sans avoir signé un accord. C’est comme ça quand nous avions commencé les discussions, nous sommes arrivés à un point où les orientations générales étaient convenues. C’était la première partie de l’accord. Nous avions mentionné dans la 1ère partie que l’arrangement particulier qui est la 2ème partie, faisait partie intégrante de cet accord-là. Nous n’avons jamais négocié l’arrangement particulier dans les mêmes conditions que nous avons signé la 1ère partie. Et donc, juridiquement, la 2ème partie qui devait joindre la première pour faire un accord n’existe pas. Kabila est allé au palais du peuple avec ses gens à lui. Ils ont fait leur arrangement particulier à leur manière. Ce sont les mêmes acteurs qui ont signé la 1ère partie, devaient se retrouver pour négocier, signer la 2ème partie, n’a jamais eu lieu.



Propos recueillis par Judith Singa
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