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Quelques centaines de rebelles peuvent-ils encore défier des forces régulières? La question se pose dans l'est de la République démocratique du Congo, où l'armée essuie des pertes face aux miliciens ougandais musulman ADF, mystérieux groupe jugé responsable de la mort de 14 Casques bleus début décembre.

Vendredi, l'armée a perdu 22 hommes dans une contre-offensive des Allied Democratic Forces (ADF) dans la région de Beni, province du Nord-Kivu, selon une information qui tourne dans les chancelleries à Kinshasa, à 2.000 km des lignes de front.

"On ne comprend rien à ce qui se passe là-bas", reconnaît un diplomate.

Samedi, une jeep militaire a conduit trois corps à la morgue de Beni, victimes de nouveaux assauts au petit matin à Nyaleke, a rapporté un témoin à un correspondant de l'AFP.

Des femmes de soldats attendaient en pleurs dans la cour de la morgue. "Mon mari est mort dans des combats ce matin. Les assaillants ont brûlé la moto que sa hiérarchie lui a donnée", se lamente l'une d'elle.

Une douzaine de soldats blessés ont été vus à Oicha, à 20 km au nord de Beni. Et les ADF ont repris leurs attaques samedi soir à 45 km toujours au nord de Beni, selon un porte-parole de l'armée.

Les combats de vendredi matin à Abialos semblent avoir été très violents. "Les ADF sont venus nous attaquer (vendredi matin) à 04h00. Ils ont pénétré notre camp jusqu'aux premières tranchées. Ils avaient des armes lourdes et légères mais n'ont pas réussi à nous déloger de notre position", a témoigné un officier congolais, faisant état de la mort de plusieurs gradés.
"Les ADF étaient nombreux. Ils sont venus par devant et par derrière notre position. Il n'y avait pas moyens de sortir c'est pourquoi nous avons enregistré de lourdes pertes", ajoute un autre.

- Armée en difficulté -

Qui sont-ils? Combien sont-ils? Pendant que la question agite experts militaires et spécialistes de la région des Grands lacs, les rebelles estampillées ADF sèment aussi la terreur chez les civils.

Jeudi 12 janvier: une dizaine de civils dont un journaliste sont enlevés à Beni. Responsable désigné: les ADF.

Deux jours plus tard, l'armée a procédé à des tirs d'artillerie lourde devant des journalistes vers Beni pour annoncer le lancement de son offensive contre les "terroristes" dans leur fief, le triangle de la mort Eringeti-Mbau-Kamango.


Elle avait annoncé par la suite avoir repris deux positions aux rebelles, et tué quatre d'entre eux vendredi.

Depuis, c'est l'armée congolaise qui semble en difficulté face aux contre-offensives des miliciens, analyse un expert.

Soucieuse de ne pas démoraliser les troupes, l'armée ne communique par sur le nombre de ses pertes, mais reconnaît à mi-mot que les combats sont difficiles.

"Quand on va en guerre c'est normal, et c'est fort regrettable, qu'il y ait mort d'hommes", avait déclaré vendredi le ministre de la Défense Crispin Atama Thabe, interrogé par l'AFP en marge d'une conférence de presse à Kinshasa.



Des voix s'interrogent sur la stratégie de l'offensive congolaise, avec des bombardements visant la forêt alors que les rebelles se trouveraient plutôt proches des centres urbains et de l'axe routier Beni-Kasindi qui contrôle la route vers l'Ouganda.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre, les mêmes "présumés" ADF - précaution oratoire de rigueur pour un groupe qui ne communique pas et dont on ne sait rien - avaient tué 14 Casques bleus dans un assaut contre la base onusienne de Semuliki, province de Beni.

Au nombre de 150 à 400 selon les estimations, les ADF auraient résisté depuis à l'envoi de renfort de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), de nouvelles troupes congolaises, et à des opérations aériennes de l'Ouganda.

Kampala a en effet affirmé fin décembre avoir tué une centaine de rebelles ADF dans des attaques aériennes dans l'est de la RDC.



Au delà de la traditionnelle raison invoquée dans la région (le contrôle des ressources naturelles), personne ne s'explique vraiment l'éternel regain de vitalité des ADF, qui combattent officiellement le régime de Yoweri Museveni à Kampala depuis plus de 20 ans à partir de leur base arrière congolaise.

Samedi, la justice militaire congolaise a annoncé plusieurs condamnations à mort pour des faits de collaboration avec les ADF dans la région de Beni, où les ADF sont accusés d'avoir massacré 700 civils en 2014-2015.

Avec AFP
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