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* Aucun avocat ne peut nager à contre courant des intérêts de ses propres clients", a indiqué le bâtonnier A. Kamukuny. Les tergiversations avant d’aborder le fond dans l’affaire des présumés miliciens du mouvement terroriste Kamwina Nsapu se poursuit. Au cours de l’audience du mercredi 3 janvier dernier à la prison militaire de Ndolo, les avocats de la partie défenderesse ont refusé de comparaître. Ils demandent au président du tribunal militaire de garnison Kinshasa Gombe de lever sa décision accordant l’exclusivité de la couverture médiatique du procès à la chaîne nationale RTNC. Ce refus de comparution de la part des avocats de la défense n’a pas permis au tribunal militaire de Garnison Kinshasa Gombe de commencer l’instruction du fond de l’ affaire. Une phase tant attendue de ce procès, au cours de laquelle les prévenus vont répondre personnellement aux questions relatives aux actes odieux pour lesquels ils sont poursuivis. Dès le début de l’audience, le tribunal s’était vite rendu compte qu’il y avait un certain délaissement des avocats de la défense vis-à-vis de leurs clients. Un bon nombre d’entre eux ont été absents de la salle. Ceux qui étaient présents n’ont pas expressément voulu acter leur comparution. Interrogé à ce propos, Me Serge Mayamba, l’un des avocats de ce collectif, justifie ce comportement par le refus du président de cette juridiction de revenir sur la décision n’autorisant que la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) à filmer l’ensemble du déroulement des audiences. LE TRIBUNAL POUR L’INSTRUCTION DU FOND DE L’AFFAIRE Cette attitude de la défense a vite été ouvertement déplorée par le Tribunal. Le président de cette juridiction militaire a rappelé à ces avocats que ce procès ne consiste pas à débattre de la liberté de la presse. "C’est une perte du temps que de désorienter le débat sur des préoccupations qui n’ont aucune incidence sur le procès. Ce, en lieu et place de commencer l’instruction afin de permettre aux prévenus de connaître leur sort", a-t-il déclaré. Mu par le principe de la célérité et soucieux d’attaquer sans tarder le fond de l’affaire, le tribunal a convié tous les prévenus à la barre afin de s’enquérir de leurs points de vue au sujet de la décision de leurs conseils qui conditionnent leur comparution à la levée de ladite mesure par le tribunal. Ils ont, à l’unanimité, refusé de comparaître sans être assistés par leurs avocats. A la proposition du tribunal de mettre à leur disposition d’autres avocats au cas où les leurs s’obstiner dans leur position, ils ont tous répondu par un non catégorique. Constatant que les prévenus manifestaient un grand besoin de s’exprimer sur les griefs à leurs charges, le Tribunal les a invité à se concerter avec leurs avocats conseils afin de les convaincre à revenir comparaître. Entre temps, il fixe la prochaine audience au mercredi 10 janvier prochain. "Lors qu’on bloque la procédure, ça signifie que ceux qui sont en détention y restent. Alors que si on ouvrait le procès, on se retrouverait devant les éléments qui permettront probablement à certains prévenus d’être acquittés. Donc cette politique de la défense de bloquer la procédure va à l’encontre des intérêts de leurs clients. Nous avocats de la république sommes très étonnés de constater que les règles ne sont pas respectées. Aucun avocat ne peut nager à contre courant des intérêts de ses propres clients", a indiqué le bâtonnier Ambroise Kamukuny. " La presse n’a rien à voir dans ce procès. Elle ne participe pas à la défense. Ce sont des subterfuges qui nous font inutilement perdre de temps. Nous sommes convaincus que la plupart des avocats qui viennent comparaître ici n’ont pas été consultés par les prévenus. Ce sont des gens qui se sont constitués et ont d’autres agendas. Un avocat doit avant tout privilégier les intérêts de son client, pas ses propres intérêts", a-t-il poursuivi. La décision du président du tribunal militaire de garnison Kinshasa/Gombe accordant l’exclusivité de filmer le déroulement du procès à la RTNC a été prise au cours de l’audience du 27 décembre 2016. Elle est intervenue après que ce dernier à constaté que certains organes de presse torpillaient les informations collectées lors des précédentes audiences et un certain désordre dans le mouvement des cameramen dans la salle. Le collectif d’avocats de la défense n’avait pas bien accueilli cette mesure. Avant de claquer la porte, ces avocats ont crié à la violation de la liberté de la presse et du droit à l’information. Ils ont signifié à la composition que la chaine nationale ne doit pas jouir de cette exclusivité car elle non plus ne fait pas preuve d’impartialité dans la diffusion des informations relatives à ce procès.
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