A l’aube de la marche du dimanche 21 dĂ©cembre 2018, hier, le Parlement EuropĂ©en a pris une toute nouvelle rĂ©solution contre le pouvoir de Kinshasa. Ladite rĂ©solution est adressĂ©e, prĂ©cisĂ©ment, au PrĂ©sident Joseph Kabila, au Premier Ministre Bruno Tshibala et aux deux chambres du Parlement. LibĂ©ration des prisonniers d’opinion. Retour en toute sĂ©curitĂ© et sans conditions des opposants en exil. Ouverture d’une enquĂȘte sur la rĂ©pression de la manifestation du 31 dĂ©cembre. Ouverture d’une enquĂȘte par la CPI et l’ONU sur les allĂ©gations de la FIDH Ă  propos des crimes contre l’humanitĂ© au KasaĂŻ dont se seraient rendues coupable les forces de sĂ©curitĂ©. L’approfondissement des sanctions ciblĂ©es, si jamais aucun progrĂšs significatif n’est accompli dans la recherche d’une solution pacifique Ă  la crise, contre les autoritĂ©s congolaises qui entravent le processus Ă©lectoral et qui violent les droits humains. La subordination du financement de l’UE au processus Ă©lectoral Ă  la publication d’un budget rĂ©aliste par la CENI. VoilĂ , en quelques phrases, les grandes lignes de cette nouvelle bombe larguĂ©e sur Kinshasa par Bruxelles.


AprĂšs les sanctions ciblĂ©es et maintenues malgrĂ© les recommandations de la RDC au sommet UE-UA, l’organisation rĂ©gionale du vieux continent reste sur une lancĂ©e cavaliĂšre Ă  l’endroit des autoritĂ©s congolaises. Plus d’un fait, plus d’un rapport, justifieraient cette posture, selon des analystes politiques et autres observateurs.



La crise perdure en RDC


Si le temps a la rĂ©ponse Ă  tout, comme le dit un adage bien connu, en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo la donne est tout autre. Oui. De 2016 Ă  ce jour, prĂšs de deux ans et une nouvelle annĂ©e en cours d’expĂ©dition peuvent ĂȘtre constatĂ©s. Pourtant, la crise politico-Ă©lectorale nĂ©e fin 2016 avec le report des Ă©lections alors que le PrĂ©sident Kabila arrivait au terme de son deuxiĂšme et dernier mandat constitutionnel, perdure. L’Accord de la Saint Sylvestre, une annĂ©e aprĂšs sa signature, donc le 31 dĂ©cembre 2016, n’aura fourni qu’une mince avancĂ©e sinon le statu quo. Car, en effet, ledit 31 dĂ©cembre, c’est des heurts, comme le 19 dĂ©cembre 2016 qui ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s. Et, comme bilan, quelques vies fauchĂ©es. Pis encore, des lieux de cultes ont Ă©tĂ© envahis et profanĂ©s par des hommes en armes. D’oĂč, naturellement, un bras de fer Eglise Catholique-Pouvoir a vu le jour avec comme premier pic de tension en 2018 ce dimanche.

Tir de semonce




Intervenant Ă  quelques jours, 3 Ă  4, la rĂ©solution du Parlement EuropĂ©en sonne comme un tir de semonce contre Kinshasa. Qui, ce dimanche 21 janvier 2018, devra gĂ©rer la marche pacifique des chrĂ©tiens toujours appelĂ©e par le ComitĂ© LaĂŻc de Coordination. La derniĂšre tentative du CLC s’Ă©tait, en effet, soldĂ©e par une note peu heureuse. Par ailleurs, l’Application de l’Accord de la Saint Sylvestre, objet central de la manifestation du CLC, est, in globo, ce que recommande l’Union EuropĂ©enne avec la batterie des demandes qu’elle formule. Surtout quant Ă  la dĂ©crispation et la bonne marche du processus Ă©lectoral. Brandissant carotte et fouet, l’UE promet des sanctions ‘’contre les autoritĂ©s congolaises qui entravent le processus Ă©lectoral et qui violent les droits humains’’.

Dan

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