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*« C’est une démarche citoyenne et non politique », confie le Premier ministre honoraire. La conférence internationale des donateurs pour la RD Congo aura lieu le 13 avril prochain à Genève en Suisse. Cette rencontre des bailleurs de fonds au profit des populations congolaises en détresse, est le fruit du lobbying de Samy Badibanga, auprès des Nations Unies, de l’Union européenne et à travers les partenaires traditionnels. Ce, aussi bien à Washington, qu’à Paris et à Bruxelles. Il s’agit ici, d’une démarche purement citoyenne, à mille lieues de la politique. C’est sur insistance de la presse que Samy Badibanga a délié sa langue. De tout temps, cet homme préfère des actions à la politique spectacle. Comment peut-on rester indifférent face au tableau sombre de la situation humanitaire dans les zones affectées par les conflits en RD Congo ? Voilà qui constitue la problématique ayant motivé l’éli du Mont-Amba dans son plaidoyer. Sans tambour ni trompette, le Premier ministre honoraire n’a pas usé d’un moindre euphémisme pour manifester sa révolte devant la grave crise humanitaire qui frappe la RD Congo (six millions de morts dans l’Est, conflit pygmées-Bantous dans le Nord-Katanga, Espace Grand Kasaï fragilisé par le phénomène Kamwina Nsapu qui a plongé cinq provinces dans une misère indescriptible)…. Face à cette situation de précarité abjecte, Samy Badibanga a feuilleté son carnet d’adresses. Déjà, en 2017, il a contacté et sensibilisé deux hauts responsables de deux grandes confessions religieuses. A savoir le cardinal Monsengwo et le pasteur Bokundoa, président de l’Eglise du christ au Congo (ECC), dans le cadre de la coordination de l’Ong « Espoir ». Ensemble avec les deux pasteurs, Samy a pu apprêter le plaidoyer. Depuis, cette croisade pour la bonne cause a fait du chemin. Pour preuve, la Communauté internationale, par le biais des Nations Unies, a placé la RD Congo au cœur de l’Agenda humanitaire. Rendez-vous pris la première quinzaine du mois d’avril prochain dans la ville-siège européen de l’ONU. Donc, dans pas très longtemps. Homme au triomphe modeste, Samy Badibanga a tout de même confié ses espoirs à la presse, lui qui pilote une Ong…dénommée « Espoir ». UNE GRANDE PREMIERE POUR LA RDC Les besoins humanitaires en RD Congo se chiffrent à 1,68 milliard de dollars américains. Une bagatelle à laquelle le Gouvernement congolais seul, ne saurait faire face dans les circonstances actuelles du pays. D’où ; l’inévitable apport extérieur. Mais comment Samy Badibanga a-t-il fait pour convaincre ses interlocuteurs aux fins d’une conférence internationale des donateurs pour la RD Congo ? « Le souci a commencé déjà avec la guerre qu’on avait connue, ce qu’on a appelé la guerre de l’Est. On nous a parlé de six millions de morts, si pas plus. Et, malgré cette catastrophe, nous n’avons pas obtenu de solidarité de la part de la Communauté internationale. Et nous avons remarqué qu’il y a eu quelques appuis sur le plan bilatéral. Il y a surtout eu des investissements, comme vous le savez, dans le secteur minier. Mais cela n’a pas permis à ce qu’on atteigne un niveau de développement, et que cela puisse aider nos frères et sœurs du Grand Kivu après cette guerre qui les avait tant malmenés », déclare Samy Badibanga, précisant qu’il parle de la période post- conflit. Aussi, précise-t-il qu’au aujourd’hui, dès son arrivée aux affaires, donc à la Primature, il a regardé avec beaucoup d’attention, cette question qu’il suivait déjà au niveau du Parlement : le Tanganyika avec le conflit Pygmées-Bantous qui, aujourd’hui, a atteint plus de 650.000 déplacés, le Kivu où le nombre de déplacé a franchi la barre de plus d’un million. Et ensuite il y a eu le conflit du Kasaï, du Grand Kasaï où il y a eu plus de 1.500.000 déplacés. Sur base des statistiques compilées, Samy Badibanga rappelle que dans toutes les zones précitées, un enfant sur 10 n’atteint pas l’âge de 5 ans. « Il y a beaucoup de morts, de problèmes au niveau de diverses familles. Rien que pour le Kasaï, par exemple, ils n’ont pas pu obtenir de récoltes sur trois saisons. Et vous savez combien est-ce que l’agriculture est importante pour ce coin reculé de la République. Ce conflit du Kasaï a amené 5.000 morts, rien que pour l’année 2017. Et quel a été le souci ? Le souci c’est celui d’amener une aide humanitaire. Les chiffres nous informent qu’en 2017, ce besoin humanitaire était de 812 millions de dollars, mais malheureusement on a pu atteindre que 52% de ce montant, soit 424 millions de dollars », renchérit-il. Dans son plaidoyer, le Premier ministre honoraire signale qu’à nos jours, les Nations Unies, à travers OCHA a fixé les besoins humanitaires à 1 milliard 680 millions de dollars, soit 1 milliard 700 millions de dollars pour plus de 13 millions de personnes nécessiteuses. « Si on n’avait pas pu obtenir 800 millions en 2017, je vois très mal comment est-ce qu’on pourrait obtenir 1 milliard 680 millions. Surtout que là jusqu’ici, on n’a obtenu que 2% de ce montant. Voilà pourquoi, j’ai décidé de mener une démarche citoyenne, et pas tout seul. J’ai contacté l’Eglise catholique à travers le cardinal Monsengwo, l’Eglise protestante à travers le Révérend Bokundoa, le président de l’ECC qui ont accepté de mener cette démarche ensemble. Donc, l’union des églises et la volonté politique nous a permis d’entrer dans cette démarche, de mener ce lobbying, à travers toutes les capitales du monde, surtout les Nations Unies et l’Union européenne et arriver à décrocher cette conférence internationale des donateurs ». L’ONU ET L’UE, DEUX CO-ORGANISATRICES DE LA CONFERENCE La Conférence internationale des donateurs pour la RD Congo sera co-organisée par les Nations Unies et l’Union européenne. « Aux Nations Unies, nous avons contacté deux hauts responsables, à savoir Antonio Guterres et Marc Lowcock, respectivement Secrétaire général et Sous-secrétaire général chargé des questions humanitaires. Et donc, c’est avec eux que nous avons eu des discussions. Ensuite, nous avons eu des discussions au niveau de l’Union européenne avec ECHO qui est la Commission qui s’occupe des affaires humanitaires », explique Samy Badibanga à la presse. Il précise par ailleurs qu’il y a un Commissaire qui dirige cette commission. C’est donc avec d’autres pays comme la France, que le fondateur de l’Ong « Espoir » a mené son plaidoyer pour arriver à obtenir l’organisation effective de cette conférence internationale des donateurs et montrer l’importance. A ce propos, il fait remarquer qu’au mois d’octobre 2017, les Nations Unies avaient mis cette question de la RDC au niveau 3 ou « level 3 » qui est le niveau maximal qu’on peut mettre pour une question humanitaire. En plus des deux Eglises, catholiques et protestantes, avec qui d’autres travaille le Premier miinistre Badibanga, sur le plan local, pour organiser cette conférence ? « Je dois apporter une précision. Notre objectif n’est pas d’organiser la Conférence internationale, non. Nous, c’était de sensibiliser la Communauté internationale, particulièrement les Nations Unies et la Communauté européenne, de pouvoir organiser cette conférence. Elle ne se fait pas par les « locaux », si j’ose dire. Donc, ce sont les Nations Unies. C’est une première étape que nous avons pu atteindre. La deuxième partie maintenant, celle qui peut intéresser au niveau national, c’est qu’après avoir obtenu ces différents dons que les Onginternationales puissent travailler avec les organisations locales pour atteindre le fin-fond du pays, tous les milieux ruraux et pouvoir faire, non seulement accepter, mais de remettre ces dons aux concernés, c’est-à-dire à la population directement. » Selon l’animateur de l’ONG « Espoir », le choix porté sur les deux Eglises tient se justifie par leur ancrage dans le pays réel. « L’Eglise catholique et l’Eglise protestante sont les structures les mieux organisées qui vont jusqu’aux confins du territoire national pour pouvoir animer et remettre ces dons aux différentes couches de la population. » Quid du cahier des charges de la partie congolaise ? Ira-t-elle à cette conférence les mains vides ?« Nous ne sommes pas les organisateurs. Mais il est sûr que le Gouvernement sera certainement représenté. Donc, à ce niveau-là, il y aura probablement des documents qui pourront être remis par rapport aux échanges qu’il y aura avec les différents partenaires. Cette sensibilisation doit, non seulement être faite au niveau des partenaires traditionnels de la Conférence internationale, mais doit justement donner accès à d’autres partenaires, peut-être méconnus, qui ne sont pas de partenaires traditionnels, voire des privés à pouvoir apporter leur aide ». 1 milliard 700 millions de dollars pour une assistance humanitaire aux Congolais, on ne devrait sans doute pas compter exclusivement sur le Gouvernement, compte tenu de la modicité du budget national. Est-ce à penser que c’est à cause de ses origines kasaïennes que Samy Badibanga a pensé à cette Conférence internationale des donateurs ? « Non, pas forcément. J’avais ce dossier sur le bureau quand j’étais à la Primature. J’avais reçu les notables du Tanganyika et le Gouvernement avait fait le nécessaire à cette époque-là pour pouvoir donner quelques moyens pour subvenir aux besoins. Etant à ce poste, j’ai vu toutes les calamités qu’avaient connues le Kivu et bien sûr pour le Kasaï », réplique-t-il. Néanmoins, il reconnait comme la plupart des compatriotes, l’état des caisses de l’Etat congolais. Et surtout le budget. « Nous avons aujourd’hui un budget de 10 milliards dont 20% vient de la Communauté internationale. Mais quand nous regardons la moyenne d’exécution de ce budget, on est pratiquement à 70% de son éxécution. Ce qui nous ramène souvent à 6 voire 5 milliards de dollars. Et comme vous venez de le soulever, partant de ça, obtenir 1 milliard 7 millions, ce n’est pas une mission impossible, alors que des gens sont en train de mourir. Et le dernier appel qui a été lancé par le HCR, c’est que si dans les 90 jours qui venaient, on ne trouvait pas les moyens nécessaires pour aider cette population, il va avoir un tas de morts. Et … voilà pourquoi ça m’a poussé avec les églises à pouvoir mener cette démarche », enchaine-t-il. UNE DEMARCHE SOUS LA COORDINATION DE « ESPOIR » Comme dit précédemment, la conférence internationale des donateurs est une démarche coordonnée par une structure appelée Espoir. A elle se joignent l’Eglise catholique locale et l’église protestante. « C’est assez rare de les voir travailler ensemble. Mais sur cette question humanitaire, tout le monde a mis son accord et tout le monde a travaillé dessus. C’est à travers cette coordination que nous sommes entrés en contact avec les différentes organisations internationales. Ce n’est pas en tant que personne physique, moi Samy Badibanga, suis entré en contact, bien que j’eusse usé de mon carnet d’adresses pour contacter certaines personnes que je connaissais. Et après avoir pris contact avec ces différents responsables, ils ont vraiment accepté dès la première discussion, sans hésitation, à mener cette mission, qui est une mission de différentes églises ou missions sociales par rapport à la population ». Et en d’autres termes, Samy Badibanga précise que pour lui, la démarche pour une Conférence internationale des donateurs est une conception du politique. « Le politique, c’est celui qui est au service de la population. Voilà pourquoi j’ai mené cette démarche. Et d’ailleurs, j’en profite pour appeler tous les politiciens, toute la société civile à jouer à la sensibilisation, parce que c’est le deuxième objectif pour pouvoir atteindre cette enveloppe qu’il nous faut pour aider nos populations. C’est vraiment une démarche citoyenne en dehors de toute coloration politique », précise-t-il encore. Tout bien considéré, la Conférence internationale des donateurs pour les Congolais en situation précaire, est un grand coup réussi par Samy Badibanga. Aussi, l’initiateur de la démarche remercie-t-il les Nations-Unies, l’Union européenne et Ocha pour avoir agi avec célérité. Il n’a pas échappé à l’ancien Premier ministre que l’humanitaire n’est pas une fin en soi. A ses interlocuteurs, Samy Badibanga explique que c’est pour parer au plus pressé. Mais derrière l’humanitaire, il y a le développement. « Je tiens à dire que cette démarche est une démarche citoyenne, il y a des gens qui meurent avec cette crise humanitaire. Autant le problème politique doit être réglé, je sous-entends par-là la question des élections, autant il y a un problème humain et humanitaire, et donc j’entends par-là que c’est une question d’extrême urgence. Et c’est une priorité absolue que nous devons ensemble pouvoir régler, sans coloration politique, sans arrière-pensée, mais venir en aide à nos populations », conclue-t-il.
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