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La province de l’Ituri est à nouveau à feu et à sang. A la base, l’accès de tension entre les deux communautés, éternelles rivales, les Lendu et les Hema. Dimanche dernier, la chefferie Bahema-Nord, dans le Territoire de Djungu, à une centaine de kilomètres de la métropole Bunia, a été attaquée par des individus sans foi ni loi. Ceux-ci ont commis un véritable massacre avec comme bilan provisoire jusqu’hier de plus de 30 morts et plus de 1000 habitations incendiées, des écoles rasées, des dizaines de personnes qui fuient la zone pour se mettre à l’abri dans des contrées plus sécurisées. Le Président de la communauté Hema de l’Ituri qui s’est exprimé de Bunia hier accuse naturellement les Lendu d’avoir perpétré ce carnage. Du côté de la communauté Lendu, accusée d’avoir signé ce massacre, il n’y a pas encore de réaction. Hier de Bunia, la Société civile de l’Ituri a décrété 48 heures de deuil sur toute l’étendue de la province pour ce carnage dont sont victimes les membres de la Communauté Hema. Toutes les activités sont en veilleuse pendant le deuil. Après une quinzaine d’années (2003) d’accalmie des rapports enflammés entre les communautés Lendu et Hema de l’Ituri, les tristes événements de dimanche dernier indiquent qu’on est en train de revenir à la case-départ avec plus de 30 morts et plus de 1000 habitations incendiées. On rappelle que c’est bien l’Ituri avec ses crimes internationaux depuis 2002-2003 qui est la seule province de la RDC à avoir alimenté la CPI avec ses seigneurs de guerre détenus à la prison de haute sécurité de Scheveningen, près de La Haye aux Pays Bas. Jamais encore on n’a connu au pays des exactions cycliques commises avec une rare cruauté contre les populations civiles. On a connu ici des villages entiers rasés, incendiés au lance-flamme et, en conséquence, rayés de la carte de la RDC. Ces massacres sont perpétrés soit chez les Hema soit chez les Lendu et inversement. C’est le chef de la milice-Hema de l’UPC, Thomas Lubanga Diyilo, qui est le premier à débarquer à Scheveningen, menottes au poing. Il est poursuivi pour l’enrôlement des enfants-soldats. On a une idée des ravages commis par ces derniers sur ordre de Lubanga. Le deuxième à arriver, c’est Germain Katanga du FRPI, la milice Lendu, suivi de son colistier Matthieu Ngujolo, commandant du FNI, Front national des intégrationnistes de l’Ituri. Ce sont ses hommes qui sont venus à la rescousse de Germain Katanga et ont incendié en 2003 le village-Hema de Bogoro en faisant 200 morts. Il faudra aussi noter le fait que même le tout dernier seigneur de guerre à arriver à la CPI, Bosco Ntanganda, ancien de l’APR, l’armée rwandaise, ancien du RCD/Goma, ancien du CNDP et du M23, n’est pas poursuivi pour ses crimes dans le Nord-Kivu mais bien des crimes commis en Ituri en 2003-2004, au cours de la même période de la commission des faits. Le gouvernement central doit tout faire pour éviter que l’Ituri refasse la descente en enfer avec la spirale des violences inédites.
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