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Au cours d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU lundi à New-York, Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale, a défendu l’utilité des machines à voter face aux critiques des Etats-Unis.

Au cours de cette réunion, les Etats-Unis avaient exprimé leur opposition à un système électronique de vote pour les élections générales - présidentielle, législative et provinciale - prévues le 23 décembre 2018 en République Démocratique du Congo.

"Nous sommes très préoccupés de voir l'insistance (en RDC) à vouloir utiliser un système électronique de vote" pour les scrutins de décembre prochain, avait déclaré Nikki Haley, l'ambassadrice américaine à l'ONU, qui préfère l’utilisation "des bulletins papier pour qu'il n'y ait pas de doutes sur le résultat."

Cette éventualité aurait pour conséquence, selon Corneille Nangaa qui lui avait répondu, l’organisation des élections en juillet 2019.

Interrogé à ce sujet par l’agence de presse allemande, Deutsche Welle, le ministre congolais de la Communication, et par ailleurs porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mendé Omalanga, a, tout d’abord, tenu à souligner la séparation qui existe entre le Gouvernement et la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni).

« La Ceni est IND-E-PEN-DANTE ! »

« Le Gouvernement, c’est le gouvernement ! Et la Commission électorale est une structure indépendante ! Et si quelqu’un doit parler des élections ou de sa crédibilité, ça ne peut être qu’une appréciation du travail de la Commission Electorale Nationale Indépendante qui n’a rien à voir avec le Gouvernement. Nous c’est le financement et la sécurité point barre ! Ça c’est la loi au Congo. »

Au sujet de la position des Etats-Unis qui pensent que le système de vote électronique, financé par le gouvernement, n’est pas fiable, le Porte-parole du gouvernement a rétorqué qu’il y a des institutions comme l’Union africaine qui ont, pour leur part, soutenu ce système au cours du même débat à l’ONU. « Pourquoi vous ne retenez que le point de vue de Nikki Haley et vous ne parlez pas du point de vue du délégué de l’Union Africaine qui a soutenu le système propose par la Ceni en disant qu’il faudrait mieux l’expliquer aux populations. Donc, vous vous croyez que le point de vue des Etats-Unis et plus important que le point de vue de l’Union africaine pour nous ? »

Puis de renchérir en mettant à nouveau en avant l’indépendance de la Ceni: « Ce sont des points de vue qu’on donne à la Commission. Et c’est à elle de voir ce qu’elle laisse et ce qu’elle prend. Puisqu’elle est indépendante : indépendante du gouvernement, de l’Union africain, et de tout le monde ! » Avant de poursuivre son explication: « Nous avons pour créer une Commission IND-E-PEN-DANTE ! Ce ne pas pour qu’elle puisse désormais dépendre des positions des uns et des autres. Mais elle reçoit des avis… Posez-lui la question et elle vous dira ce qu’elle en pense. Ce n’est pas au gouvernement qu’il faut poser ces questions ! »

« Nous aurons des élections le 23 décembre ! »

Quant aux inquiétudes d’une mauvaise préparation des élections, notamment soulevée par la Côte d’Ivoire, le ministre de la Communication s’est montré peu inquiet et s’est plutôt voulu rassurant à ce sujet. « La RDC ne veut pas non plus des élections mal préparées. C’est pourquoi nous faisons tout pour que la Commission puisse faire son travail correctement et qu’elle puisse expliquer aux gens le mécanisme de la fameuse machine à voter […] Qu’un ami nous mette en garde sur le point que ce soit mal préparé, c’est tout à fait normal. Nous devons donc faire un effort pour que cela soit bien. Mais nous sommes déjà en train de bien préparer les choses, je ne vois pas ce qui pose problème sur ce point. »

Et d’expliquer le processus en cours dans le respect de l’Accord de la Cenco tout en insistant sur le fait que les élections auront bel et bien lieu cette année. « Nous faisons aussi en sorte d’exécuter toutes les dispositions que nous avons prises dans l’Accord du 31 décembre. Bien qu’il y’en ait qui estime que c’est mal appliqué. Mais, c’est leur point de vue ! Il faudrait nous prouver en quoi c’est mal appliqué car, nous nous avons l’impression que nous sommes en train d’appliquer cet accord. Tout le reste ce ne sont que des points de vue des personnes, de certains acteurs mais les élections pour nous, c’est une ligne droite. Nous aurons des élections le 23 décembre ! »

A la question de l’intervention de l’ONG Human Right Watch qui émettait toujours des réserve sur le processus et avait une fois encore, lors de cette réunion, appelé le Président Kabila a clairement clarifié sa position sur une éventuelle candidature. Lambert Mende a fait savoir qu’en tant que membre du gouvernement, il ne s’intéressait qu’aux propos des représentants officiels des gouvernements ou des agences intergouvernementales comme l’UA, l’UE, etc. et non pas aux « messages des ONG »

« N’importe qui peut faire passer son message : ma femme, mon ami,… cela n’a rien à voir ! Le point de vue des Etats-Unis émettant des réserves ou le soutien de l’UA – avec la réserve d’explication aux populations – c’est des choses mais les propos non officiels comme d’HWR, ne sont pas à mélanger avec les propos officiels. Sinon nous aussi on peut sortir des réactions des 10 ou 15 ONG qui sont ici [en RD Congo] et qui soutiennent le processus […] HRW n’est pas un gouvernement, ni une agence intergouvernementale. C’est une ONG ! Je n’ai pas à réagir à ces propos ! Ce ne sont que des messages. »

Eric Topona
Deutsche Welle
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