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De retour à Kinshasa jeudi, après deux jours de mission au Kwango et au Kwilu pour enquêter sur « l’affaire des vaches », la délégation ministérielle s’est voulue rassurante: les troupeaux ont bien les papiers requis et ils ont été regroupés dans le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.

Les habitants des provinces du Kwango et du Kwilu (issues du démembrement du Bandundu, en 2015), à l’ouest du Congo, sont inquiètes de la présence, depuis quelques semaines, d’importants troupeaux de vaches venus de l’est du Congo. Selon les bouviers qui les accompagnent – des Fuleros et des Tutsis de la région d’Uvira, au Sud-Kivu – ils sont venus les vendre à Kinshasa.


Mais dans la tension qui règne aujourd’hui au Congo, en raison du non respect des échéances électorales par le régime du président hors mandat Joseph Kabila, la rumeur, attisée par des pêcheurs en eaux troubles, s’est répandue que les bouviers étaient des militaires rwandais préparant une invasion. Une accusation qu’un peu de bon sens montre très fantaisiste: pourquoi d’éventuels envahisseurs venus de l’est prépareraient-ils leur opération par l’ouest, où leur présumée avant-garde serait coupée de sa base arrière et, donc, vulnérable, au lieu de procéder à partir de leur territoire? Et quel intérêt militaire représenteraient les champs du Kwango et du Kwilu, éloignés de toute base militaire et de toute grande ville à conquérir?

Sur l’insistance de l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito, député de Kikwit (Kwilu), cinq ministres, conduits par celui de l’Economie, Joseph Kapika, ont enquêté deux jours sur place. Ils indiquent que 1215 bêtes ont été recensées dans 5 lieux différents. Ils ajoutent que les bouviers sont porteurs de certificats vétérinaires pour leur bétail, délivrés par la province du Tanganyika (ex-Katanga, voisine du Sud-Kivu) par où ils sont passés, certificats qui les autorisent à transférer les bêtes. Les éleveurs ont affirmé aux ministres qu’ils rentreraient chez eux dès qu’ils auraient vendu leur bétail.

Evaluation des dégâts et regroupement

Reste que leur présence a occasionné des dégâts aux cultures agricoles des paysans locaux, ainsi qu’à des cours d’eaux et étangs. Les ministres ont décidé que des services techniques seront envoyés sur place pour évaluer les dégâts en vue de dédommager les habitants lésés.

De plus, les cinq troupeaux doivent être regroupés dans le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, au Kwango. Grand de 80.000 hectares, il n’a jusqu’ici été exploité pour des cultures que sur une petite partie de sa superficie.

Par MFC
afrique.lalibre.be
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