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C’est sans doute l’une des grandes retombées du forum de la Fondation Mo Ibrahim à Kigali pour l’opinion congolaise : la sortie, aussi claire que l’eau de roche, du Président rwandais sur la crise politique au Congo voisin.

Interrogé samedi par le milliardaire, Mo Ibrahim, parrain de l’événement, Paul Kagamé qui cumule les fonctions de chef d’État de son pays et de Président en exercice de l’Union africaine, ne s’était jamais montré aussi préoccupé par la tournure qu’a pris le conflit politique de l’autre côté de la frontière. « Les problèmes du Congo ne sont pas seulement les problèmes du Congo. Ils nous affectent aussi », a souligné M. Kagamé.

« Le Congo a neuf voisins, chacun de nous est affecté par ce qui se passe [dans ce pays]. C’est pourquoi, les voisins ont naturellement la légitimité de faire ou de dire quelque chose à ce propos. Et si vous pouvez comprendre en tant que voisins comment aider la transition au Congo à se dérouler sans nous affecter ou sans les affecter de façon négative, alors nous aurons agi raisonnablement », a ensuite exposé le Président rwandais dans des propos qui sonnent comme un revirement dans l’approche rwandaise du conflit politique en RDC.



Adepte inconditionnel de la non-ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États souverains, Kigali s’est toujours montré réticent à la série d’initiatives prises par la communauté internationale pour résoudre la crise congolaise née du maintien au pouvoir du Président Joseph Kabila, à la fin de ses deux mandats consécutifs en décembre 2016. « Il faut arrêter avec les injonctions. On doit laisser les Congolais résoudre eux-mêmes leurs problèmes, entre eux », tonnait ainsi il y a deux ans, Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des affaires étrangères, en marge du 27e sommet de l’UA, à Kigali. Une réponse dirigée à l’époque contre la pluie des sanctions occidentales contre des proches du Président congolais et des appels au départ du pouvoir de ce dernier. Mais, ça c’était avant. Depuis le 28 janvier 2018, le Rwanda est à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine et à ce titre, est obligé de se mouiller un peu plus dans les affaires internes congolaises. « Nous essayons de voir et nous devrions peut-être aller plus vite ou en faire plus. Plus vite en tant que région pouvons-nous trouver un moyen de faire quelque chose qui serait pertinent pour s’attaquer aux problèmes de la RDC tels que nous les connaissons. Nous avons l’intention de le faire », s’engageait Paul Kagamé en mars dernier, alors en visite en Ouganda, dans ses habits de patron de l’UA.



De plus, et ce n’est pas pour faire plaisir aux autorités congolaises souvent présentées comme proches de Kigali. En manifestant ouvertement son souhait d’ « aider » les Congolais à bien conduire leur transition, Paul Kagamé donne l’impression de valider implicitement l’idée que le Président congolais va quitter son poste à l’issue du processus en cours à Kinshasa. Une première dans la communication officielle du Rwanda longtemps considéré comme soutien de toujours de Joseph Kabila.

Par CAS-INFO
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