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Depuis, que de bisbilles sur ce bâtiment qu’un ex-agent de change lushois, Robert Levi, fils de propriétaire de quincaillerie, acquit sous Mzee contre un sou par un diamantaire anversois Dorado Diamonds avant de tenter, six mois plus tard, par un incroyable tour de magie dont le pays seul nourrit le secret, de «céder» à l’Etat via le ministère des Finances après avoir amassé au passage plusieurs millions de $US de plus-value.
Dans ce Congo que d’aucuns croient en déshérence, on peut rêver: l’Etat existe, avec lui des Patriotes. Par bonheur…

SANS ETAT D’AME AUCUN.
Il venait de présider l’un de ses grands oraux certainement les plus cruciaux avant de mettre le cap irréversible sur cette fameuse date: celle du 23 décembre 2018 qui verra en un jour le Congo organiser les trois scrutins combinés annoncés et attendus - la présidentielle, les législatives nationales et celles provinciales - susceptibles d’aider le pays à sortir de cette zone rouge écarlate qui dure et perdure.
A la veille de la publication des statistiques des électeurs par entité électorale, Corneille Nangaa Yobeluo est sur le pied de guerre. Dans cet exigu espace transformé à prix d’or par l’un de ses prédécesseurs, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda Nyanga où il me reçoit, il ne tarit pas d’éloges pour sa CENI.
Cette énième activité du calendrier électoral qui a lieu ce vendredi 6 avril 2018, se tient à «la date prévue» et Nangaa s’en émerveille. Très contraignant certes, un calendrier qui n’en continue pas moins «de tenir la route», explique-t-il.
Du coup, le président de la CENI y voit des gages du respect de la fétichiste date.
La loi électorale fut adoptée «comme prévue» à la dernière session parlementaire, extraordinaire certes. Elle fut promulguée «dans la foulée» par le Président de la République.
Les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs furent clôturées «à la date prévue». La consolidation et le traitement des données des électeurs se déroulèrent «dans le délai imparti».
La liste des regroupements politiques comme celle des partis politiques fut transmise à la Commission Electorale Nationale Indépendante, par le tout nouveau ministre de l’Intérieur Henri Mova Sakany, «conformément au chronogramme publié».
Nangaa sent que ce jour approche à pas de géant où il réaliserait ce miracle congolais auquel il rêve depuis des années: donner au Congo les meilleures élections que le pays ait jamais organisées. Les élections les plus crédibles, les plus transparentes qui feraient l’unanimité de la Communauté internationale qui, dans ces pays où la souveraineté nationale est tambourinée à nos toits, donne le go et le mot d’ordre.
Mais pour cela, il faut commencer par le commencement, élaborer un fichier électoral «fiable et sincère» susceptible de permettre aux parties prenantes (partis politiques de l’opposition et de la majorité) de concourir démocratiquement avec la pleine confiance, assurées que le processus n’est guère biaisé dès le départ. Aux fonctionnaires de la Commission Electorale Nationale Indépendante de ne rien créer par eux-mêmes, de ne rien inventer, mais de rapporter les données recueillies sur le terrain… «sans le moindre état d’âme».

REALITE CONGOLAISE.
Pourtant, quand il se lâche dans sa chaise ergonomique pivotable après l’une de ces cérémonies sans aucun doute éreintantes et se satisfait de son parfait déroulement - la présentation était si limpide qu’aucune question ne fut posée par aucun politique, ni par aucun journaliste - ce téléphone à portée de main qu’il rallume à l’instant et qui n’arrête jamais de sonner, le sort de ses rêves pour le plonger dans l’effroyable réalité congolaise.
C’est un Valls/Montebourg qui ne se met plus désormais le matin devant son miroir de salle de bain sans se voir en Président.
L’homme est candidat (presque) déclaré à la présidentielle. Contrarié, il balbutie des mots…
Puis, «mais… ma circonscription… a perdu un siège! Ce n’est pas normal», marmonne-t-il.
Nangaa soupire, puis explique qu’il ne comprend rien à cette question.
- «En quoi, Excellence, Monsieur le…, ce n’est pas normal?»
- «Mais, il va y avoir un problème! Un problème sérieux! Vous rendez-vous compte? Un problème politique», poursuit cette voix en rage.
Le président de la CENI se maîtrise, explique avec soin et son air débonnaire trompe-l’œil:
- «Mais la province du Chef de l’Etat a perdu des sièges! Comment voulez-vous que je vous donne un siège que la CENI n’a pas trouvé!»
De répéter à ce puissant Congolais ce qui est désormais un leitmotiv affiché ici.
- «Je travaille sans état d’âme aucun (…). Je suis assermenté, auriez-vous oublié? Je ne peux planifier la tricherie sans parjure…».
L’impénitent homme fort est groggy. Son parti dispose d’un éminent membre au cœur de la CENI (partage du pouvoir oblige!). Mais cette fois, ça craint.
Le représentant pourrait ne pas être opérationnel… Le prix à payer pour la crédibilisation du processus électoral.
A cette CENI (hier CEI), cela n’a pas toujours été ainsi.
Lors des scrutins de 2011, le Président de la République a reconnu «des irrégularités». Ce fut à l’Esplanade de la Cité de l’Union Africaine, dans son discours d’intronisation.

LA PLUS EXIGUË PROVINCE.
A ce même endroit, sous la tente blanche du Dialogue de cette Cité, lorsque samedi 1er octobre 2016, il fut invité à présenter et à défendre son calendrier électoral, Nangaa fit mouche, demandant à l’assemblée selecte qu’elle trouve une dénomination autre aux élections du couple démonétisé Ngoy Mulunda-Jacques Djoli. Présent sous la tente sud-africaine, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda Nyanga s’est évaporé, abandonnant son siège!
Or, parmi les plus féroces pourfendeurs du processus électoral en cours figure l’ancien vice-président de l’ex-CEI (Commission électorale indépendante), Jacques Djoli Eseng’Ekeli, redevenu sénateur par la magie congolaise quand la loi ne l’autorise pas, catapulté docte en matière électorale, chouchouté par les évêques catholiques de la CENCO accusés de vouloir reprendre la main en politique.
Ce proche des caciques de Mobutu est originaire de la province de Tshuapa, dans l’ex-Equateur, dont le chef-lieu est Boende. Avec le Sankuru (chef-lieu Lomami), cette province caracole au top des 5 provinces ayant au 31 janvier 2017 enrôlé le plus grand nombre de doublons, de mineurs voire de mineurs doublons. Hasard? L’enjeu est en tout cas évident: gonflement des sièges à l’Assemblée Nationale et, du coup, possibilité de lever le plus de sièges de Députés nationaux et de peser dans l’Exécutif à venir! Un crime à la démocratie. Il n’existe pas un autre mot…
Au total, 384.439 (soit 33,14% électeurs tous radiés) dont 290.204 doublons, 100.550 mineurs. Inscrits à 1.159.977 électeurs, la province de Tshuapa a fondu comme neige au soleil se retrouvant à 775.538 électeurs, soit la plus petite province du pays en poids électoral, après le Bas-Uele qui, avec 478.132, ferme la marche. Nangaa qui a rattrapé son pire ennemi ne boude pas son plaisir!
Conclusion sans appel: «Des doublons et des mineurs en nombre si impressionnant interpelle sur la responsabilité des uns et des autres».
Agents opérationnels de la CENI certes. Ils ont violé leur serment en commettant des actes répréhensibles. Mais aussi «d’autres parties prenantes».
En tête des hommes politiques…
Plus clair: «Dans une certaine mesure, ce nombre davantage plus important et non justifié dans certaines contrées semble, à l’analyse, relever d’une stratégie politicienne (…) déplorable». Sans langue de bois: des acteurs politiques nationaux locaux ont planifié une tricherie locale! «Ce qui est inacceptable», articule Nangaa.
Il ne reste pas en si bon chemin. Le président de la CENI annonce des sanctions administratives et des poursuites judiciaires.
«Pour les agents de la CENI qui se sont compromis, les sites concernés ont été identifiés et tous les acteurs qui y ont travaillé, ont été indexés et classés sur la liste rouge des agents pour qu’ils ne soient plus jamais employés par la CENI. Des poursuites judiciaires, au-delà de cette précaution administrative, seront diligentées pour les cas avérés».
Quant aux «électeurs qui se sont hasardés à s’enrôler plus d’une fois dans le même centre ou dans plusieurs centres, leurs noms ont été classés sur la liste des doublons radiés ou des mineurs radiés et seront transmis aux Parquets pour des poursuites judiciaires subséquentes. Cette liste des doublons radiés et des mineurs radiés restera affichée sur le site web de la CENI, au niveau des Antennes et dans les Bureaux de vote».
Quand on le désigne comme l’homme qui indéfiniment prolonge le «glissement» renvoyant interminablement les scrutins aux calendes grecques, Nangaa manque de s’arracher les cheveux. Mais s’applique à aligner les détails de ce dossier qui connaît des morts et pas seulement collatérales.

«INFECTE», «CORROMPU».
Tout commence ce 12 novembre 2015 dans la Capitale avec le clash du jour de la présentation par l’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie des résultats d’une mission d’audit du fichier électoral congolais menée du 17 juillet au 1er août 2015 sous la conduite de l’expert électoral malien, le général d’armée à la retraite Siaka Sangare.
Le fichier audité fixait le corps électoral à 30,6 millions en 2011 contre 23,9 millions en 2006, dernier scrutin. Utiliser ce fichier Mulunda-Djoli «infecté», selon l’opposition (député Jean-Claude Vuemba), «corrompu», selon la majorité présidentielle (député Emmanuel Ramazani Shadari), «inapproprié», selon la société civile, «pourrait induire l’exclusion de près de 8,5 millions d’électeurs âgés de 18 à 22 ans (les nouveaux majeurs) n’ayant pu se faire inscrire depuis 2011 et l’inclusion de 1,6 millions d’électeurs décédés depuis 2011».
En 2015 (à la date constitutionnelle des scrutins locaux), ces nouveaux majeurs seraient à près de 12 millions. Faut-il les laisser pour compte et convoquer des élections non inclusives? Nangaa avoue: «Sans aucun doute, ce fichier portait les germes d’une guerre…».
Autres critiques et non des moindres: «l’absence d’un état civil performant, d’un recensement administratif à vocation d’état civil de la population» mettant en cause «les capacités d’opérationnalisation du cadre juridique afférent à l’inscription des électeurs et à la bonne tenue du fichier électoral».
Puis: «Le cadre juridique et la réglementation en place ne permettent pas d’attester avec certitude que seuls des citoyens congolais (avaient) été enregistrés» sur les listes électorales.
De là, la recommandation bombe atomique de l’OIF - une révision du fichier électoral, devant être un fichier «inclusif, intégrant les jeunes ayant atteint l’âge de 18 ans» - qui d’office, renvoie les scrutins à plus tard. A quand?
Secrétaire national adjoint de la CENI recruté par son mentor, l’abbé défunt Apollinaire Malumalu Muholongu, Nangaa inconsolable attrape la vérole, en assume les stigmates. Il doit se rendre à l’évidence et cherche du beau temps en Afrique de l’Ouest. Abidjan, en Côte d’Ivoire, s’offre à lui. Nangaa embrasse. Et quitte le Congo sans état d’âme!
En 2015, aucune entité congolaise n’est stabilisée, jargon électoral oblige! Il en va du nombre de groupements inconnu au Ministère de l’Intérieur dont les fiches présentent des regroupements à zéro électeur!
Quant au pays, il passe, conformément à la volonté du législateur, de 11 à 26 provinces! Du coup pose le problème de nos identités…
Bandundu disparaît des écrans avec nos i.d pour le Kwilu (chef-lieu Bandundu), le Kwango (Kenge), le Maï-Ndombe (Inongo). Le Katanga explose en quatre: Haut-Katanga (Lubumbashi), Lualaba (Kolwezi), Haut-Lomami (Kamina), Tanganyika (Kalemie). L’espace kasaïen (Oriental et Occidental) donne naissance à Kasaï (Tshikapa), Kasaï Central (Kananga), Kasaï Oriental (Mbuji-Mayi), Lomami (Kabinda), Sankuru (Lusambo). L’Equateur s’émiette en Equateur (Mbandaka), Nord-Ubangi (Gbadolite), Sud-Ubangi (Gemena), Tshuapa (Boende), Mongala (Lisala). L’énorme province Orientale se dilue en Haut-Uele (Isiro), Tshopo (Kisangani), Ituri (Bunia) et abrite en même temps la plus petite province du pays, Bas-Uele (Buta). Si le Congo Central résiste à la mode décomposition, la province perd son C (du Congo), le transforme en K (pour Kongo), rapprochant le peuple fier Kongo de sa vraie identité connue de l’héroïne de la lutte anti-coloniale Kimpa Vita!

CONGO URGENCE EXTREME.
Au total, outre ces 26 provinces, le Congo comptera 32 villes, 310 communes, 145 territoires, 734 chefferies/secteurs, 6095 groupements, 88.000 villages, 2815 quartiers. Comment la CENI dont la carte tient lieu d’identité ferait-elle pour ne pas tenir compte de ces réalités?
Urgence de tout refondre et de tout reconfigurer.
A commencer par la base des données en partant des entités désormais… «stabilisées», aux dires du jargon électoral.
Revenu au pays où il est su le toit de la CENI et prend ses fonctions de président de la Commission Electorale Nationale Indépendante après sa prestation de serment le 19 novembre 2015 devant la Cour constitutionnelle, Corneille Nangaa Yobeluo prend place à bord de l’espace Congo Urgence Extrême.
Originaire de Bagboya, territoire de Wamba, Haut-Uele, Nangaa affiche plus de vingt ans d’expérience professionnelle dont onze dans le domaine de démocratie et des élections au Congo, au Niger, au Gabon, en Guinée, au Ghana, au Kenya, au Cameroun, au Burundi, à Madagascar, en Côte d’Ivoire, etc. Eblouissante carte de visite!
Ce licencié en sciences économiques de l’Université de Kinshasa est entré à l’ex-CEI dès 2005 comme Superviseur technique national avant de monter en grade et d’atteindre le poste de Secrétaire exécutif national adjoint avec comme titulaire le très respecté Flavien Misoni Mbayahe. Nangaa a pour lui la compétence et l’expérience.
Dès le mois après, ce déjà très rôdé convoque à Safari Beach en banlieue de Kinshasa les treize membres de l’Assemblée plénière de la CENI qu’il met au vert pendant plusieurs jours et, le 11 décembre, rend publique l’imparable et «courageuse décision». Celle d’actualisation du fichier et de la répartition des sièges.
Raison principale: des équipements disparus ou volés (dans l’est du pays particulièrement) demandent à être reconstitués en passant des commandes. Mais les firmes ont des délais de fourniture.
Des cartes ont été délivrées à des ressortissants des pays étrangers et cela pose problème de crédibilité des scrutins même si le but est surtout la facilité aux frontières, là où le commerce transfrontalier est dense. Le succès de la bancarisation de la paie jette les agents de l’Etat vers les bureaux de la CENI pour l’obtention du sésame avec l’envers de la médaille. La CENI ne délivrant pas de duplicata, l’ingénieux Congolais a trouvé une parade: la perte de carte s’accompagne d’opération falsification… En clair, trop de fausses cartes en circulation, ce qui pose le problème de sécurité du fichier.

COMMOTION CEREBRALE.
Dans le document de Safari Beach, tout est repris avec la précision d’une montre suisse. Besoins en cartes d’électeurs: 53.171.476. Formulaires d’identification: 61.351.703. Objectif de l’opération révision totale: 40.901.135 électeurs.
Délai pour les activités de collecte des données: 188 jours pour les activités préparatoires critiques: 238 jours.
Au total, la révision du fichier électoral requérait 486 jours. Un an et demi.
Opposition et société civile crient au scandale. Nangaa est qualifié de multiples noms d’oiseaux, traité de «corrompu pro-Kabila».
Au pire de cette crise, au lendemain d’une réunion le 7 juillet 2017 à Paris avec l’OIF où, consulté, les propos de Nangaa fuitent dans les agences de presse et dans toute la presse, la famille craint une commotion cérébrale. Tous les deux ou trois jours, il prend un avion. Au total, 117 voyages sur Paris et sa province en sept mois, dont à la ville de Laval, à 300 kms à l’ouest de Paris, à la firme Gemalto sans parler de ses voyages dans ce Congo profond où il n’ignore pas un secteur, pense connaître les 90% des villages du pays; des tonnes d’équipements et de matériel importés… par avion parfois spécial. Le prix de la démocratie…
Face à ce chemin de croix, l’enseignant et directeur des programmes de l’EFEAC, Ecole de Formation Electorale en Afrique Centrale, créée par l’abbé Malumalu après une première retraite de la centrale électorale congolaise, se rappelle que «le Congo c’est aussi ça! Trop de chaleur, peu de lumière. Si vous avancez, on vous insulte. Vous reculez, on vous insulte. Vous faites du sur place, on vous insulte». Une vérité qui lui est rappelée «haut lieu» en lingala!
Morale de l’histoire: faire ce à quoi on s’est engagé et se boucher les oreilles.
Nangaa a choisi la stratégie du silence - «parle si tu as des mots plus forts que le silence ou garde le silence», enseigne Euripide, ce silence qui ne trahit jamais - sans sur le fond rien en démordre.
Au 6 avril 2018, Yobeluo peut s’enorgueillir: «Jamais à ce jour un travail aussi complet, aussi précis n’avait été réalisé pouvant permettre notamment l’organisation des scrutins locaux».
Il y a eu certes des tentatives de tricheries en vue de gonfler le nombre de sièges, mais vigilance en alerte extrême, Nangaa a tout prévu. Grâce au système de détection biométrique des doublons et des mineurs mis en place par le groupe lituanien NeuroTechnology-BTC certifié au top-3 mondial par l’Américain National Institute of Science & Technology (NIST), il a fait nettoyer en temps record, du 12 février au 5 avril, les statistiques brutes en recourant au système AFIS/ABIS.
«Un travail pointu, de haute précision, conduit avec une rigueur scientifique à toute épreuve au point que les résultats à l’arrivée correspondent aux projections de départ», se félicite-t-il.
Au départ, il avait prévu 40.901.135 électeurs. A l’arrivée ce sont 40.287.387 électeurs.
Le lituanien NeuroTechnology-BTC a pu détecter 6.254.902 faux électeurs immédiatement radiés dont 5.381.763 doublons, 902.290 mineurs et 29.151 mineurs doublons. Dans ces travaux, une marge d’erreur existant toujours, l’écart d’environ 700.000 électeurs est négligeable. Le moins que l’on puisse dire…
T. KIN-KIEY MULUMBA.
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