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Le fils du Sphinx paraît se trouver sur le chemin de l’Hôtel du Conseil (mais tout dépend encore de lui).
Et la suite? «Envoyez la matière...». Ainsi hurlent nos étudiants dans nos amphithéâtres universitaires après qu’ils eurent franchi avec brio une première étape. Après des échanges toujours houleux ces derniers mois par médias interposés, pouvoir et l’opposition UDPS se sont retrouvés samedi 21 avril dans le salon d’un palace en plein cœur de Kinshasa, à la Gombe, à quelques encablures du «GLM», la résidence présidentielle, dans un semblant de sérénité, de chaudes retrouvailles et d’amabilités, chacun pressé de passer à l’essentiel et d’en finir avec une posture publique désastreuse pour l’image du pays.
Sous couvert des obsèques du Sphinx, se nouent et se dénouent des bouts de ficelle au point que nul ne parie rien sur le lendemain. Mais, le week-end dernier, l’espoir a refait surface.
«Le caractère solennel que le pouvoir et la famille autant que l’UDPS ont voulu conférer à la cérémonie de signature du communiqué conjoint est une invitation à un voyage commun pour une destination inconnue», commentait dimanche 22 avril un observateur.
Mort il y a plus d’un an, le 1er février 2017 dans un hôpital en Belgique où il s’était rendu pour un contrôle médical, l’icône de l’opposition anti-pouvoir a fait une mauvaise blague à ses compagnons de lutte ainsi qu’à ceux qui l’avaient rallié la veille à Genval, à Rixensart, en vue de se sauver politiquement. En fait, Etienne Tshisekedi wa Mulumba ne pouvait mourir à un si mauvais moment. Il a laissé derrière lui exsangue et à la merci des rapaces sa famille politique et biologique recomposée. Les premiers de ces rapaces sont les organisateurs du conclave de la banlieue bruxelloise en juin 2016, les libéraux belges francophones inspirés par le richissime ex-gouverneur du Katanga, Moise Katumbi Chapwe et son G-7, un groupe de sept partis politiques (depuis G-6) frondeurs libéraux chassés de la Majorité présidentielle ou, c’est tout comme, qui ont inspiré le projet. C’est avec raison que nul, au lendemain de cette tragique disparition, ne vendait chère la peau de ce qui est convenu d’appeler «la fille aînée de l’opposition».

QUESTION DE VIE OU DE MORT.
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que pour MKC et son G-7, Tshisekedi était une question de vie ou de mort. L’icône partie, que restait-il de l’UDPS dans nos pays d’Afrique où lorsque l’initiateur tire sa révérence, rien ne lui survit. Dès le début, Katumbi avait tout mis en jeu: jet privé, hôtels, véhicules tout-terrain de grand standing, superbes villas dans des villes européennes, du cash, etc., autant qu’il en était demandé par la famille proche ou par le parti. Au point où l’incroyable vînt: la désignation d’un pro-Katumbi au stratégique poste de secrétaire général de l’UDPS...
Celui-ci ne se privera pas de son pouvoir. Il aura une telle liberté de parole qu’il risquera, plus d’une fois, un clash avec le fils Antoine-Felix Tshilombo Tshisekedi vénéré par la base du parti. Au lendemain de l’élection de Fatshi comme Président qu’il avait voulu bloquer, Kabund qui ne connaît désormais plus son sort après avoir publiquement critiqué Fatshi, avait poussé le bouton à ce point qu’il exclura, dans une émission télé très suivie, l’hypothèse que le père eût désigné, de son vivant, le fils au poste de Premier ministre. Du coup, il contredisait la thèse des évêques de la CENCO pour qui non seulement Félix Tshisekedi avait été désigné Premier ministre par son père de son vivant, mais que l’accord de la Saint-Sylvestre l’avait confirmé. Quelle mouche avait donc piqué Kabund?
Nul doute, «ce fut l’œuvre du gouverneur cité dans trop de dossiers à Kinshasa et que recherche la justice», confie un observateur.
Alors que, mi-octobre 2017, il est face à l’envoyée de Donald Trump, Mme Nikki Haley, Fatshi se permet de répondre et de parler longuement au téléphone. Quand on sait l’agenda des diplomates de ce rang, que Fatshi se soit permis de répondre montre l’importance du lien qu’il entretient avec Katumbi qui lui dicte, séance tenante, en pleine audience à l’ambassade américaine, la conduite à tenir. Et que d’aucuns estiment être un ordre à ne pas transgresser.
Samedi 21 avril, alors que le texte du communiqué conjoint a été apprêté, durement négocié avec toutes les parties, «des ordres tombent, séance tenante, font tanguer la manifestation», explique un observateur présent dans la salle du Rotana of Arjaana Kin-Plaza.
Arrivée sur le lieu la première, les représentants de la famille biologique et politique avaient hâte d’en finir avec ce texte paraphé par toutes les parties.000000000 Mais une nouvelle copie du «communiqué conjoint» doit être produite avant un long coup de fil qui retient Kabund loin à l’écart. Qui est au téléphone?

UN ORACLE EST TOMBE.
Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi. Un oracle est tombé: il est impossible de voir au bas du texte la signature du président du CNSA, Joseph Olenghankoy longtemps pourtant proche d’Etienne Tshisekedi.
Certes, les FONUS participent aux Institutions - frère d’Olenghankoy, Emery Okundji est ministre des PTNTIC, tance qui il veut et Olenghankoy lui-même est président de l’organe de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre. Soit, l’ennemi juré de quiconque est resté fidèle au camp de Limete. S’il s’est arrogé le poste de président du Rassemblement dit Kasavubu que ne reconnaît pas le Rassemblement/Limete, il vient de présider des réunions marathon mettant fin au dédoublement des partis politiques, ce qui sauve des «ailes» de l’opposition et permet à nombre d’entre eux, de revenir légalement dans le jeu politique. Sauf que lors d’une récente déclaration sur un média périphérique, Fatshi, en parfait fils de son père, estime qu’«il ne doit rien au pouvoir, qu’il ne faut pas y voir une faveur quelconque accordée mais un droit désormais reconnu»...
Qu’importe!
C’est sans doute ainsi qu’il va devoir présenter sa nomination imminente (sauf nouveau coauc) au poste de Premier ministre, Chef de Gouvernement que lui rafle, le 7 avril 2017, l’ex-porte-parole-parole de son père, Bruno Tshibala Nzenzhe qui se fait fort de se faire appeler sur les plateaux de télévision du monde «le plus vieux compagnon de Tshisekedi» avec ses près de 40 ans de lutte à ses côtés, mais que le fils rejette, en le recadrant sur Rfi, dans la célèbre épreuve de Christophe Boisbouvier. «Non, attention! Tshibala n’a jamais été compagnon de Etienne Tshisekedi. Il fut un accompagnateur. Tous les compagnons de Etienne Tshisekedi sont connus. Ils sont sur la photo. On ne voit nulle part la tête de Tshibala! Lui, Tshibala, restait sur les gradins comme moi».
Si Fatshi souhaite mettre une forme et trouver une arrivée sexy à la Primature, Joseph Kabila Kabange ne s’en offusquera certainement pas.
Lui qui en a vu des mille et une couleurs dans la classe politique congolaise.
Lors de ses réunions à Kingakati et au GLM, le Président de la République rappelle au Gouvernement et au Bureau Politique comment dans le passé il s’était investi pour rapprocher l’ancien chef rebelle Jean-Pierre Bemba aujourd’hui à La Haye via l’alors secrétaire général du MLC Thomas Luhaka Lossendjola et, même, le Sphinx Etienne Tshisekedi via son conseiller politique de l’époque, Me Joseph Mukendi. Si Bemba fit et fait attendre sa réponse, Luhaka a intégré le gouvernement avant d’intégrer la Majorité Présidentielle et de siéger à son Bureau Politique.
Si, de son vivant, le père n’a pu rallier Kabila pour dessiner de commun accord le destin du Congo, rien n’indique que le fils ne rejoindra pas l’Exécutif.
Fatshi a toujours voulu être en fonction afin qu’il organise lui-même les obsèques de son très regretté père et en assume la responsabilité. Depuis samedi 21 avril, le fils est à la porte de l’Exécutif. En franchira-t-il le pas? Pour qu’on arrive à ce jour, il a fallu créer des conditions, appeler à des postes clé.
Nommé conseiller spécial en matière de sécurité, le 15 février dernier, Me John Mbuyu Luyongola a immédiatement pris de dossier. Cet homme de confiance a été opportunément rejoint cinq jours plus tard le 20 février 2018 par un diplomate, Henri Mova Sakany (Intérieur et Sécurité). Le duo a réussi… Souhaitons-lui d’autres succès.
T. MATOTU.
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