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Si ses trois ministres se sont avachis dans leur sofa après avoir reçu et lu le courrier de Bruno Tshibala Nzenzhe, le Premier ministre a toujours difficile à transformer ses balles.

Le Premier ministre frappe très vite et sa parole est lourde. Mais à force de distribuer du courrier à ses ministres, il court le risque de perdre de son autorité. Trois de ses ministres au moins ont fait les frais de sa main lourde. Le Kengiste UFC en charge du Tourisme Franck Apenela Mwe di Malila, le ministre PPRD de l’Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel Gaston Musemena et, dernier en date, Me Lumeya Dhu Maleghi des Affaires foncières. Les trois ministres se sont avachis dans leur sofa après avoir reçu et lu le courrier de Bruno Tshibala Nzenzhe. Si le Premier ministre a raison quand il expose les «attendus» - mensonges et irresponsabilité de tel ministre, agissements violent le Code de bonne conduite de l’agent public, déshonorent le Gouvernement et condamnables, récidive au point que le ministre se voit interdire désormais toute initiative ministérielle qui ne passerait pas par la Primature, ce qui est un risque politique majeur dès lors que le ministre est seul à répondre de ses actes devant le Parlement - on s’attendrait à la sanction équivalente, suspension des fonctions ou révocation. C’est des mises en garde avec promesse que demain ce sera le couperet… Matata Ponyo lui, savait frapper. Pour avoir signé nombre d’arrêtés critiqués, Bonaventure Chelo Lotshima, ministre de l’Enseignement supérieur et Universitaire fut révoqué d’office, un 20 novembre 2013. Il fut ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. C’est aussi cela l’autorité de l’Etat. Mais du courrier des menaces sur les réseaux sociaux abaisse au contraire l’Etat.
Il n’y a pas deux sans trois, décidément. Après le Kengiste UFC ministre du Tourisme Franck Apenela Mwe di Malila et après le ministre PPRD de l’EPSP, Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel Gaston Musemena, au tour de Me Lumeya Dhu Maleghi d’être littéralement menacé par le Premier ministre Bruno Tshibala Nzenzhe.
Comme ses deux collègues du Gouvernement d’Union nationale, le ministre des Affaires foncières, membre du parti du ministre de l’Energie Jean-Marie Ingele Ifoto, DDC, Dynamique pour la Démocratie au Congo (membre du regroupement politique ACC, Arc-en-ciel du Congo qui compte en son sein des partis d’opposition, ADD, Alliance des Démocrates pour le Développement du Congo de Tony Lubamba, CDC, Convention des Démocrates Chrétiens aile Gilbert Kiakwama, CCD, Convention Chrétienne pour la Démocratie de Jean-Pierre Lisanga Bonganga, FPN, Forces Politiques Nouvelles d’Eva Muakasa, PTC, Parti Travailliste congolais d’Ilenda Tuzayamoko, Alliance des Congolais pour la Réforme et la Démocratie (ACORD) de Mathias M. Cinyabunuma, Action Congolaise pour la Démocratie et le Développement et la Réforme (ACDR) de Michel Diumu Omasumbo) a eu très chaud en recevant et en lisant la correspondance du Premier ministre datée du 7 mai (N° CAB/MDPM/OMD/2018/1509). En deux pages, le locataire de l’Hôtel du Conseil dit à son ministre tout le mal qu’il pensait de lui. Allant jusqu’à neutraliser sinon à remettre en cause tout le travail du ministre depuis son arrivée à la tête des Affaires foncières puisque le Premier ministre lui réclame de lui faire parvenir, au retour du courrier, «tous les arrêtés ministériels» pris par le ministre depuis sa «nomination comme ministre des Affaires foncières en vue d’être audités et éventuellement annulés».

LITTÉRALEMENT ANÉANTI.
Plus important encore, l’élu de la ville de Kikwit est prié de prendre note qu’il ne saurait plus «désormais» prendre une initiative, sans se référer à la Primature et doit dorénavant requérir «l’autorisation préalable» du Premier ministre chaque fois qu’il envisagera «de prendre un arrêté» et cela, argue le Premier ministre, «en vue de protéger les droits des Citoyens et sauvegarder l’honneur du Gouvernement d’Union nationale». Cet honneur qui en a reçu un coup, à en croire la correspondance du Chef du Gouvernement qui peste que «depuis plusieurs semaines», il ait «reçu un grand nombre de plaintes déposées par des particuliers, personnes physiques et morales, concernant des arrêtés et décisions illégaux» signés par le ministre des Affaires foncières et «qui portent gravement atteinte à leurs droits légitimes garantis par la Constitution et les lois de la République». Le Premier ministre constate et regrette que de multiples «rappels à l’ordre verbaux» adressés à son ministre «en vue de corriger (son) comportement soient restés sans effet» alors que «la situation se dégrade davantage». Bruno Tshibala Nzenzhe en arrive à «établir» que les agissements de son ministre «violent le Code de bonne conduite de l’agent public, déshonorent le Gouvernement d’Union nationale et sont donc condamnables». Après une telle exposition des faits, on s’attendait à une sanction de type mort subite, à savoir, la suspension du ministre voire sa révocation. Mais, «devant l’aggravation de la situation, et conformément aux dispositions de l’art. 37 de l’Ordonnance présidentielle n° 17/024 du 10 juillet 2017 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi qu’entre les membres du Gouvernement», Bruno Tshibala Nzenzhe n’inflige à son ministre qu’une «sanction de mise en garde» tout en vitupérant. «En cas de récidive, je me verrai dans l’obligation d’envisager des sanctions plus sévères contre vous». On se demande si une telle exposition des faits devrait conduire à un tel niveau de sanction…
Il est vrai qu’on commence un peu à s’habituer. Avec le Kengiste UFC Franck Apenela Mwe di Malila qui avait été débarquer d’un vol en partance pour Bruxelles après qu’il n’eût point brandi auprès d’un agent de l’immigration un document valant autorisation de sortie et qui se plaignait, dans une lettre auprès du Premier ministre, de la valeur et de la considération qu’il attachait encore à sa signature, Bruno Tshibala Nzenzhe lui adressait une «sévère mise en garde» et un avertissement qu’il n’y aurait point de deuxième fois.

MINISTRE «IRRESPONSABLE»!
Avec le ministre PPRD de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, il est question d’un conflit avec un de ses collègues de la FPMA, Formation Professionnelle, Métiers et Arts, Pierrot Uweka Ukaba. Daté du 7 mai 2018, le courrier du Premier ministre se délecte sur le ministre comme sur un malfrat, accusé d’avoir «incité en sous main» des fonctionnaires à se révolter «publiquement» contre une décision du Premier ministre, d’avoir fait des déclarations sur des médias contre cette décision, d’avoir donné «de fausses informations aux ministres membres de la Commission socio-culturelle» et, last but not least, traité d’«irresponsable».
Petit florilège de la correspondance du Premier ministre. «Face à la gravité de votre comportement irresponsable, et conformément aux dispositions de l’article 37 de l’ordonnance présidentielle n°17/024 du 10 juillet 2017 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement, je vous inflige la sanction de Mise en garde. En cas de récidive de votre part, je me verrais dans l’obligation d’envisager des sanctions plus sévères contre vous». «Depuis le 02 janvier 2018, il y a près de 4 mois, j’ai arbitré le conflit de compétences qui opposait le ministère de l’EPSP à celui de la FPMA en attribuant l’enseignement technique et professionnel ainsi que la gestion des écoles y rattachées à ce dernier ministère». «Cette décision (…) a été acceptée par le ministre d’Etat, Ministre de la Fonction publique, vous-même et le Ministre de la FPMA, tous les trois réunis à mon bureau à la Primature». «Par la suite, vous avez incité, en sous-main, les fonctionnaires de votre ministère pour s’opposer publiquement à la décision du Chef du Gouvernement. Profitant de mon séjour en Europe, vous avez également donné de fausses informations aux ministres membres de la Commission socio-culturelle du Gouvernement sur l’arbitrage du conflit précité dans le but de discréditer le Chef du Gouvernement».
«Il y a 48 heures, vous avez fait des déclarations publiques dans la presse pour exprimer votre opposition à la décision du Premier Ministre, Chef du Gouvernement et affirmer que les écoles techniques et professionnelles sont sous votre autorité». «Il est donc établi que vos agissements décrits ci-dessus violent le Code de bonne conduite de l’agent public, déshonorent le Gouvernement d’union nationale et sont donc condamnables. Je note qu’il y a ici des actes d’indiscipline caractérisée et de manque de respect à l’égard de l’autorité intolérables qui méritent d’être sanctionnés»…
L’affaire opposant les deux ministres EPSP et FPMA date de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon et avait déjà opposé les deux ministres du secteur de l’époque, celui de l’EPSP, Maker Mwangu Famba et celui de l’Enseignement technique et professionnel, Jean Nengbaga Tshibanga. Malgré des éclats d’électricité toujours en l’air, jamais on en était des échanges épistolaires atterrissant sur les réseaux sociaux.
De même, on reconnaître à Matata Ponyo sa capacité de réaction. Ainsi, pour avoir signé nombre d’arrêtés critiqués, un ministre fut révoqué. Il s’agit de Bonaventure Chelo Lotshima, ministre de l’Enseignement supérieur et Universitaire révoqué le 20 novembre 2013.
D. DADEI.
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