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* Avec notamment à l’ordre du jour, la proposition de loi sur le statut des anciens présidents de la République élus, tout laisse supposer que le décor de l’avenir politique du Raïs est en train d’être planté.

Dans ses deux dernières éditions de jeudi 14 et vendredi 15 juin, Forum des As s’est fait l’écho d’une session extraordinaire qui devenait de plus en plus inévitable au Parlement. Depuis vendredi dernier, cette session est désormais un acquis. Les speakers de deux chambres du Parlement l’ont déclaré dans leurs discours de clôture de la session ordinaire de mars. Face à l’imminence de cette session, Léon Kengo Wa Dondo a demandé à ses collègues sénateurs de ne pas quitter la ville de Kinshasa. Mais aucune précision sur la date quant au début effectif de ladite session qui, au regard de la constitution, ne devra pas excéder les trente jours calendrier.

Côté Assemblée nationale, on apprend cependant que le Président de la chambre, Aubin Minaku, a avancé la date du 20 juin comme celle de l’ouverture de la session extraordinaire déjà annoncée. Sans doute que l’on devrait encore attendre des précisions quant à ce. Pas donc impossible que les choses soient tirées davantage au clair au courant de cette semaine qui commence.
Toutefois, une autre information est le discours du Président de la République, prévu au cours de cette même session extraordinaire. Selon le speaker de la Chambre basse qui a annoncé la nouvelle vendredi 15 juin dans son discours de clôture de la session de mars, le Raïs fera, au cours de ladite session, son message annuel à la nation, via les deux chambres du Parlement réunies en congrès.
En attendant l’ordre du jour officiel de cette session extraordinaire, Forum des As a appris le week-end, que les nouvelles matières qui s’étaient ajoutées au calendrier de la session ordinaire de mars mais qui n’ont pas été totalement examinées au cours de ladite session, le seront cette fois-ci. Il s’agit, entre autres, de la loi sur les manifestations publiques, la loi portant protection des défenseurs de droits de l’homme, la loi sur la lutte contre le terrorisme, la proposition de loi sur l’accès à l’information et celle sur les ASBL. A cela s’ajoutent le projet de loi sur les télécommunications et les technologies de l’information et de nouvelles technologies de la communication ainsi que la proposition de loi fixant les règles relatives à l’organisation du barreau.
Figurent également parmi les matières à traiter au cours de ladite session du Parlement, le dossier relatif au remplacement de certains membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), et la désignation, par le Sénat, du nouveau membre de la Cour constitutionnelle devant remplacer le Prof Félix Vundwawe, nommé premier Président du Conseil d’Etat, au terme d’une ordonnance présidentielle signée le lundi 11 du mois en cours. Une autre matière prévue à l’ordre du jour de cette session, est la poursuite du débat sur la proposition de loi du sénateur Modeste Mutinga, portant statut des anciens Présidents de la République élus au suffrage universel direct.

LE RAIS PEUT SURPRENDRE
En temps de paix tout comme dans un contexte de crise politique latente ou réelle, le message du Président de la République n’a rien d’une adresse ordinaire. Et donc, le discours du Raïs attendu au cours du congrès annoncé au Parlement, ne sort pas de l’environnement politique actuel du pays. A un peu plus de six mois théoriques de la tenue d’élections, le discours de Joseph Kabila ne peut que susciter des attentes. Non seulement en interne, mais aussi au sein de l’opinion internationale.
Sera-ce l’occasion pour le Chef de l’Etat, d’assouvir la curiosité de ceux qui ont toujours voulu que Joseph Kabila puisse déclarer à la terre entière, qu’il sera ou ne sera pas candidat à sa propre succession lors de la prochaine présidentielle ? Et, subséquemment, désigner son dauphin, à l’hypothèse qu’il n’allait plus se représenter pour un troisième mandat consécutif. Il semble que c’est là, que nombre de Congolais attendent d’être fixés.
Cependant, il se trouve que là où beaucoup l’attendent qu’il se représente, Joseph Kabila qui, jusqu’ici affiche une posture insondable, pourrait toujours surprendre. Avec la tenue de la session extraordinaire annoncée au Parlement, en tout cas tout laisse supposer que le décor est en train de se planter que le Raïs ne se représentera pas. Etonnant ? Sans doute pas, quand on sait qu’à plus d’une fois qu’il a l’occasion de s’adresser à ses compatriotes, soit via le Parlement, soit par le biais des médias, le Président Joseph Kabila a toujours déclaré que la Constitution sera respectée. C’est donc cette déclaration qui a souvent été diversement interprétée dans l’opinion.
Quoi que l’on dise, les deux hypothèses sur l’avenir politique du Raïs sont claires. Soit qu’il se représentera à la prochaine présidentielle, soit qu’il ne postulera pas. A la seconde supposition, plus d’un analyste pense que cela ne voudrait pas dire que sa famille politique n’aurait plus rien à faire. Ce n’est pas non plus autant dire que Joseph Kabila lui-même n’aura plus aucun mot à dire. Pareille induction pourrait s’avérer amplifiante.
En ce qui concerne, par exemple, la famille politique du Président Joseph Kabila, ceux des Congolais qui suivent de plus près l’actualité politique du pays, auront remarqué que la Kabilie est en train de travailler en fonction de deux plans. Commençons par le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Conscient des enjeux à venir, ce principal parti de la Majorité présidentielle a opéré une mutation presqu’à 180°C qui ne laisse indifférent aucun analyste politique averti. Le tout se décline en termes d’une restructuration du parti qui fait de Joseph Kabila, actuel Président du PPRD. In fine, l’objectif est de rempiler lors des législatives à venir.
A la réforme structurelle et statutaire du PPRD, s’ajoute la création à Kingakati, au cours de la première semaine de ce mois de juin, d’une méga plateforme électorale appelée Front commun pour le Congo. Il s’agit donc d’une nouvelle famille politique regroupant les membres de l’opposition au sein du Gouvernement et de la Majorité présidentielle. L’objectif est d’obtenir une large victoire autour de Joseph Kabila lors de prochaines élections. Autant dire que même s’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat, Joseph Kabila qui bénéficie déjà du statut constitutionnel de sénateur à vie, jouera un rôle politique important en cas de victoire de sa famille politique aux prochaines élections. Grevisse KABREL
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