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Cadre politique maîtrisant parfaitement toutes les alvéoles de la mouvance au pouvoir, Jean- Jacques Bemba, puisqu’il s’agit, en effet, de lui, s’oppose, d’emblée, à tout complot contre la chère patrie de Lumumba, via des tractations d’immixtion aux questions propres à la RD. Congo et aux congolais par la France, le Rwanda ou encore l’Angola. D’ores et déjà, il souligne que le peuple congolais, celui-là qui a réussi à obtenir son indépendance, au prix du sang en 1960, ne se laissera pas faire. Frère de Jean-Pierre Bemba dont le sort sera connu aujourd’hui au niveau de la CPI, ce haut cadre de la MP rassure que le Grand Congo aura bel et bien des élections dignes de son rang, conformément au calendrier de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI. A l’en croire, il n’y a point d’utopies à vivre sur les questions liées à l’éventualité d’un troisième mandat de l’actuel Chef de l’Etat, Joseph Kabila. D’autant que le Président de la République va respecter la Constitution de la République. Ce qui signifie, explique-t-il, qu’il ne briguera pas un troisième mandat successif. Du reste, ajoute-t-il, Joseph Kabila n’a jamais demandé un troisième mandat. Dans la foulée, il a précisé que la MP, sa plateforme, aura bel et bien son candidat aux prochaines élections qui, du reste, confirme-t-il, seront gagnées à tous les niveaux. Lisez, ci-dessous, la teneur des propos de Jean-Jacques Bemba au cours de son interview réalisée hier, jeudi 7 juin, avec votre quotidien.

La Prospérité : Comment réagissez-vous aux déclarations de certains pays dont la France, la Belgique, l’Angola et le Rwanda qui se disent prêts à prendre des mesures nécessaires au cas où les élections ne sont pas organisées en RDC le 23 décembre et que le Président de la République, chef de la MP, tentait à se représenter comme candidat ?

Jean-Jacques Bemba : J’aimerais dire que nous sommes un pays souverain. Le Président de la République, Joseph Kabila, a souvent rappelé que les élections, c’est une question de souveraineté de notre pays. Il demande au peuple congolais de s’approprier cette souveraineté et son droit d’autodétermination. Tout ce qui se passe à l’extérieur, je l’ai déjà vu à l’époque de Mobutu. C’est vraiment le ‘‘review’’ d’un film. C’est-à-dire que nous répétons ce qu’il s’est déjà passé. Les étrangers ont toujours les mêmes machines pour dominer les nègres, comme ils nous appellent. Mais, ils doivent comprendre que l’époque a changé. Nous, Congolais, nous ne nous laisserons plus faire, comme Lambert Mende [porte-parole du Gouvernement, ndlr] l’a si bien dit. Si c’est un complot, ils auront en face le peuple congolais. Joseph Kabila n’est pas le problème. Ils auront, plutôt, en face d’eux le peuple congolais. Il faut que les gens cessent de mentir que la population est complice de l’extérieur. En ce qui concerne les élections, croyez-moi, elles seront organisées et financées par les congolais, conformément aux dernières déclarations du Chef de l’Etat. Nous les politiques allons faire que ces élections aient lieu, mais à la façon congolaise et non à la façon des autres [les étrangers].

La Pros. : Visiblement, rien ne rassure qu’il y aura élections cette année, à voir des controverses qui entourent le processus bien longtemps entamé par la CENI. Qu’en pensez-vous ?

JJB : Les élections sont organisées par les humains, via bien sûr la CENI qui est une institution indépendante. C’est-à-dire qu’il peut y avoir un décalage entre ce qui a été prévu et ce qui peut se faire. Mais, tout cela peut se corriger et s’organiser. C’est pour cela qu’il est important que les congolais se mettent ensemble. D’ailleurs, si les élections n’étaient pas une œuvre humaine, on n’aurait pas dû avoir aujourd’hui deux accords, celui de la Cité de l’UA et de la Saint Sylvestre, chez les prêtres. S’il y a un hic aujourd’hui dans le processus électoral, les congolais se mettront ensemble pour trouver des solutions nécessaires. Mais, cela sera toujours fait par les congolais. Ce ne sera pas aux étrangers de nous imposer quoi que ce soit.

La Pros. : Parlant de ces hics qui entourent le processus électoral, des voix inculpent la MP dans ces manœuvres comme pour dire que la famille politique du Chef de l’Etat tient à retarder l’organisation des élections pour que le président de la République rempile ?

JJB : soyons sérieux ! Nous sommes au troisième cycle électoral. Nous apprenons et innovons tous les jours. C’est pour cela qu’il y a cette fois-ci la machine à voter. On sait tous ce qui s’est passé en 2006 avec Jean-Pierre Bemba et Joseph Kabila, qui se sont tirés en pleine capitale après la publication des résultats. En 2011, rappelez-vous, Joseph Kabila gagne les élections mais il y a un autre challenger qui, boycottant les résultats officiels, s’est permis de prêter serment devant sa famille. On voudrait que tout cela prenne fin. On est au troisième cycle, nous évoluons, nous innovons, la CENI va faire un meilleur travail que les deux précédentes. Et, c’est facile de dire que c’est la Majorité [qui est à la base du retard dans le processus, ndlr] parce que c’est la MP qui dirige. Nous endossons cela. Mais, comme toute œuvre humaine, il y a toujours erreurs et décalages par rapport aux prévisions. On ne va pas répéter tout ce qu’il y a eu comme impondérables et imprévus pour que les élections n’aient pas lieu à temps. L’histoire de guerre, M23, etc. Mais, ce sont des faits et réalités qu’il faut assumer. Nous sommes de la MP ; et nous les assumons. Mais croyez-moi, quand on ira aux élections, c’est la MP, au final, qui gagnera. Ne soyez pas dupe, en regardant tout ce que l’opposition fait aujourd’hui, elle n’est pas du tout prête. Nous sommes au pouvoir et nous avons les moyens de nos actions.

La Pros. : La Machine à voter est au centre des controverses dans l’opinion, sauf à la MP. Que cache le soutien de la Majorité à la CENI par rapport à cette technologie décriée par tous?

JJB : La machine à voter est au centre des controverses simplement parce que ça n’arrange pas certaines personnes. On veut aller au plutôt possible aux élections. Et n’oublier pas que l’accord de la Saint-Sylvestre autorise à la CENI de trouver les meilleurs moyens pour favoriser la tenue rapide des élections. C’est ainsi que la CENI a innové avec la machine à voter. Nous ne sommes pas les avocats de la CENI mais nous sommes convaincus par ces machines parce que nous sommes des responsables. Et ce, d’autant que ces machines ne sont pas fabriquées dans une usine de bas-étage mais à l’étranger par une entreprise reconnue dans ce domaine.

La Pros. : Que dites-vous de l’éventualité de la candidature du Chef de l’Etat à la présidentielle de décembre prochain ?

JJB : Kabila est un légaliste. N’oubliez pas les accords de l’UA et de la Saint Sylvestre qui interdisent à Kabila de se représenter pour un troisième mandat successif. Quand on fait des procès d’intention envers Joseph Kabila, ce n’est que de la mauvaise foi et c’est un manque de respect envers le Président de la République parce qu’il est un homme de parole. Lui et la Constitution sont liés et c’est cette constitution qui l’interdit de briguer un troisième mandat. Pourquoi dire que Kabila sera candidat ou que la MP va le présenter comme son candidat ? Joseph Kabila ne peut pas être candidat. Il ne peut pas décevoir cette question pour laquelle il s’est battu en 2006. Donc, il va respecter cette constitution qui lui interdit un troisième mandat successif.

La Pros. : La Majorité brandit une thèse selon laquelle le Chef de l’Etat serait toujours éligible ?

JJB : tout le monde est libre de penser. Mais rappelez-vous que Joseph n’a plus un porte-parole depuis le départ de Kudura Kasongo. Ce qui signifie que, tant que Joseph Kabila n’est pas venu demander un troisième mandat, il faut considérer que chacun est en train de réfléchir scientifiquement surtout que l’on est en démocratie. Mais, le Chef de l’Etat n’a jamais dit cela, encore moins un porte-parole.

La Pros. : Si le Président déclare simplement qu’il ne sera pas candidat, toutes les controverses ne seront-elles pas jugulées ?

JJB : C’est faire plaisir à l’opposition et aux gens de l’extérieur qui veulent diriger notre pays. Kabila a son agenda, Kabila est libre, il peut le faire un ou deux mois avant les élections. D’autant plus qu’il n’y a aucun texte qui stipule qu’avant le dépôt des candidatures, le Président de la République est obligé de se prononcer. D’ailleurs, ce n’est que stratégique. N’oubliez pas que nous avons créé notre regroupement. Et l’article 2 de notre charte dit que nous allons soutenir les candidats de la Majorité. Donc, même si on le dit aujourd’hui ou demain, notre candidat sera soutenu par la Majorité. Nous ne ferons jamais le jeu de l’extérieur et de l’opposition qui veulent que Kabila puisse se prononcer. D’ores et déjà, j’invite la population à toujours faire confiance au Président de la République. Le peuple ne doit pas reculer en laissant les étrangers nous manipuler. Car, ces gens de l’extérieur veulent que nous leur soyons assujettis pour continuer à piller nos minerais et qu’on ne se développe pas.

Propos recueillis par Corneille Lubaki
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