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En République démocratique du Congo, Le compte à rebours pour le dépôt des candidatures à la présidentielle du 23 décembre 2018 a commencé. Fixée au 8 août prochain, l’échéance du dépôt des candidatures pousse les différents postulants à hâter le pas. Au moment où les autorités congolaises multiplient des barricades pour empêcher à Moïse Katumbi de retourner au pays pour déposer sa candidature, ses proches de l’Opposition, Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe se serrent le coude pour faire pression au pouvoir de Kinshasa.

Au terme du Congrès de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhea demandé aux autorités congolaises de laisser Moïse Katumbi retourner au pays pour garantir des élections réellement inclusives. Tenues à Kinshasa du 2 au 4 août dernier, ces assises ont permis aux cadres et membres du parti de désigner leur président comme candidat de l’UNC à la magistrature suprême. Fort donc de cette marque de confiance de la part de sa base, ’’Mupepe ya sika’’a voulu joindre sa voix à celle de ses collègues, leaders de l’Opposition et candidats comme lui à la présidentielle.
Dans son discours de clôture du Congrès, retransmis en intégralité hier dimanche sur Canal Futur, sa chaïne de télévision, Vital Kamerhe a réitéré le message lancé le vendredi 2 août dernier par Jean-Pierre Bemba lors de sa toute première conférence de presse à Kinshasa, depuis sa libération de la Cour pénale internationale (CPI). Comme ses pairs, le leader de l’UNC s’est montrésolidaireà l’ex-Gouverneur du Katanga.
D’après Vital Kamerhe, c’est ce mot d’ordre que lui, Jean-Pierre Bemba et Félix Tshisekedi se sont passé lorsqu’ils se sont retrouvés à huis clos dans la soirée du vendredi dernier à Kinshasa. Juste à la veille du départ pour Gemena du président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC), qui tenait à aller honorer la mémoire de son père, Bemba Saolona.

SOLIDAIRES A MOÏSE KATUMBI
Déterminés à faire front commun pour l’emporter sur le candidat qui sera désigné cette semaine par la Majorité au pouvoir, les trois porte-étendards de l’Opposition ont décidé de faire pression sur le chef de l’Etat pour qu’il puisse autoriser Moïse Katumbi de rentrer en toute quiétude au bercail, et faciliter ainsi la tenue des élections apaisées. Dixit le président de l’UNC.
Les yeux braqués sur le sablier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Vital Kamerhe compte déposer dans le délai sa candidature avant le 8 août. Félix Tshisekedi, lui, a annoncé qu’il va s’enregistrer demain mardi 7 août, Jean-Pierre Bemba venant déjà de transmettre son dossier à la Centrale électorale le jeudi 2 août, au lendemain de son retour dans la capitale congolaise.

UN CHRONOGRAMME EN DEFAVEUR DE KATUMBI
Pour le porte-étendard de la plateforme ’’Ensemble pour l’alternance’’, lechronogramme semble jouer en sa défaveur. Ayantprévu d’aller déposer sa candidature à Kinshasa le samedi 4 août, Moïse Katumbi a souhaité regagner le pays par route, à partir de la Zambie où s’est posé son aéronef. Depuis le vendredi dernier en effet, l’ex-Gouverneur du Katangatente en vain de rentrer en RDC. Les autorités congolaises ont, en effet, intimé l’ordre aux forces de l’ordre de verrouiller les barrières de Kasumbalesa, cité frontalière de la Zambie, située au Sud-est du pays.
Depuis lors, les frontières sont restées fermées aux trafics. Les activités ont ainsi été paralysées au niveau de la douane où la Direction générale des migrations n’a pas fonctionné, côté congolais. Ainsi, des colonnes de camions des marchandises sontrestées stationnées le long de la route.Toutefois, de part et d’autre de la frontière, les nombreux partisans et sympathisants sont venus, par milliers, accueillir leur leader. De blanc vêtu, en signe de paix, Moïse Katumbi a reçu un bain de foule dès l’arrivée de son cortège au poste frontalier de Kasumbalesa.

DANS LE COLLIMATEUR DE LA JUSTICE
Contraint de passer la nuit en Zambie, Moïse Katumbi a tenté en vain de rentrer une fois de plus au pays par le poste frontalier le samedi dernier. Finalement, en fin d’après-midi, les autorités zambiennes lui ont signifié que les dirigeants congolais sont opposés à son retour. Une version confirmée par son porte-parole, Olivier Kamitatu.
Ex-collaborateur du président Joseph Kabila, passé à l’opposition en 2015 avant d’aller en exil en mai 2016, l’ex-Gouverneur du Katanga a été condamné à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière, pour laquelle il a fait appel. Il est, en outre, poursuivi pour recrutement de mercenaires, le procès étant renvoyé au 10 octobre prochain. Les autorités congolaises menacent de l’arrêter dès son retour au pays. Une menace qu’il n’est pas loin d’ignorer.

"NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FAIRE"
Résolu à regagner son fief par Lubumbashi, la ville où il a été condamné et où sa popularité est incontestable, Moïse Katumbi reste encore optimiste, bien qu’il n’ait pas encore obtenu un passeport en court de validité, et qu’il ne se soit pas encore enrôlé pour pouvoir déposer sa candidature à la magistrature suprême.
Stimulés par l’appui de ses compagnons de l’Opposition, candidats comme lui à l’élection présidentielle de décembre, et comptant sur l’appui de ses millions d’électeurs, partisans, sympathisants, voire fanatiques de son équipe, le Tout-puissant Mazembe, le président de la plateforme ’’Ensemble pour l’alternance’’ s’attend à une évolution positive de la situation politique.
A tous ceux qui s’attendent à le voir postuler à la magistrature suprême, Moïse Katumbi montre qu’il est déterminé à aller jusqu’au bout. Sur son compte twitter en effet, il lance à ses nombreux partisans un message de réconfort qui résonne comme un véritable défi : "Mes chers compatriotes, ils usent de leur pouvoir finissant pour tenter de bloquer mon retour parmi vous et choisir leurs candidats. Pas de parodie d’élection ! Nous ne nous laisserons pas faire". Yves KALIKAT
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