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Le parquet général de la République démocratique du Congo a émis un mandat d'arrêt international contre l'opposant en exil Moïse Katumbi, qualifié de « fugitif » par le pouvoir.

« Pour la justice congolaise, Monsieur Moïse Katumbi est un fugitif et il doit être arrêté. […] Ce mandat d’arrêt international a été émis et reste en vigueur. Il a été communiqué à un certain nombre de pays africains et européens », a déclaré le 16 août Alexis Thambwe Mwamba, le ministre congolais de la Justice et garde des Sceaux, lors d’un point presse du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition électorale portée par le président Joseph Kabila, en fin de mandat.


Les événements de Kasumbalesa, un « show politique » ?
Après avoir essuyé un refus de la part des autorités pour atterrir à l’aéroport de Lubumbashi, l’ex-gouverneur du Katanga, en exil en Afrique du Sud, avait tenté en vain de regagner le 3 août la RDC par la route, depuis la Zambie, afin d’y déposer sa candidature à la présidentielle prévue le 23 décembre.

L’opposant congolais avait été bloqué au poste-frontière de Kasumbalesa, entre la Zambie et la RDC. Il avait alors affirmé que les autorités congolaises l’empêchaient de se rendre sur le territoire congolais.

« Le show qui a été fait à Kasumbalesa était uniquement un show politique. (Moïse Katumbi) n’avait pas l’intention de venir sur le territoire (congolais). L’ordre qui avait été donné à la police n’était pas de l’empêcher d’entrer, mais de l’arrêter. S’il avait voulu entrer sur le territoire, on aurait donné l’autorisation, avec mission d’exécuter le mandat de prise de corps qui a été émis contre lui par le procureur général », a poursuivi le ministre de la Justice.

Ex-proche du président Joseph Kabila passé à l’opposition fin 2015, Katumbi a quitté son fief de Lubumbashi (sud-est) en mai 2016 pour des raisons médicales. Devenu le principal rival de Joseph Kabila, il a été condamné par contumace à trois ans de prison dans une affaire de spoliation immobilière. La juge présidente, Chantal Ramazani, aujourd’hui en exil, avait déclaré plus tard avoir subi des pressions pour condamner l’ex-gouverneur.

L’homme d’affaires est aussi poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État » dans une affaire de recrutement présumé de mercenaires étrangers. La Cour de cassation a renvoyé cette affaire au 10 octobre prochain. En plein démêlés judiciaires et interdit de rentrer dans son pays, l’opposant n’a pu déposer sa candidature à la présidentielle.

Sa plateforme électorale « Ensemble pour le changement » a déjà saisi le Conseil d’État pour permettre à la Commission électorale nationale et indépendante (Ceni) de recevoir la candidature de Katumbi. La Ceni, qui a clôturé le 8 août dernier la réception des candidatures, a affirmé avoir recensé 25 dossiers dont celui d’Emmanuel Ramazani Shadary, le « dauphin » du président Kabila.

« Aucune raison de droit ne fonde ce mandat »
Pour certains proches de Katumbi, l’opposant fait face à un « acharnement » de la part du pouvoir.

« Le mandat d’arret international ne peut être émis que pour des crimes internationaux », indique à Jeune Afrique le député Christophe Lutundula. Le document émis par le parquet général congolais et dont l’entourage de Katumbi n’est pas encore saisi est « non-fondé », affirme le député.

« Aucune des procédures fallacieuses entamées contre Katumbi n’a atteint le niveau d’irrévocabilité. Une circulaire de 2005 émanant du procureur général de la République interdit d’emprisonner quelqu’un dans une procédure qui n’est pas encore close et qui fait l’objet d’un appel. Cette instruction est toujours valable aujourd’hui. Ce mandat d’arrêt, soit disant international, n’est fondé sur aucune raison de droit. Celui-ci est arbitraire », précise Christophe Lutundula.

Lors d’un point presse du 14 août à Kinshasa, le porte-parole de la Majorité présidentielle, André-Alain Atundu, avait accusé Moïse Katumbi d’avoir une « identité confuse » et d’être animé par une « rocambolesque volonté » à « défier les autorités nationales ».

L’opposant a bénéficié le 13 août de l’appui des cinq principaux leaders de l’opposition, qui ont exigé le « retour de Moïse Katumbi » en RDC : Félix Tshisekedi (le leader de l’UDPS), Jean-Pierre Bemba (Mouvement de libération du Congo), Vital Kamerhe (Union nationale pour le changement), Martin Fayulu (Dynamique de l’opposition), et Freddy Matungulu (Synergie électorale notre Congo).

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