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Cap vers les scrutins combinés: présidentiel, législatif national et provincial le 23 décembre 2018. La Commission électorale nationale indépendante -CENI- a publié, mercredi 19 septembre,
conformément à son chronogramme, les listes définitives des candidatures retenues, au total 21 à la présidentielle et 15.355 à la députation nationale. Véritable challenge à remporter pour prétendre diriger la RD-Congo dès décembre prochain. Bien sûr qu’il y a des critères à remplir pour être élu. A la présidentielle calée à un seul tour, le candidat qui obtiendrait la majorité simple des voix par rapport à ses adversaires sera proclamé président de la République. A la députation nationale, l’élection passe par l’atteinte du seuil de représentativité de 1% des voix sur l’ensemble du pays fixé dans la loi électorale. Diverses stratégies sont peaufinées présentement pour permettre aux uns et autres de placer toutes les chances de réussite de leur côté. Ceci passe par l’analyse minutieuse des réalités vécues lors des élections de 2006 et 2011 en vue de mieux baliser la voie menant vers le sacre final. Dans les états-majors de l’Opposition, les fuites font davantage état de l’option de la désignation d’un candidat commun devant affronter celui du Front commun pour le Congo -FCC- choisi par Joseph Kabila. Certains observateurs avisés conseillent vivement à l’Opposition d’éviter le spectre de 2011 où Vital Kamerhe, transfuge du PPRD, parti au pouvoir, passé dans l’Opposition avait refusé de se déporter clairement en faveur d’Etienne Tshisekedi. D’autres, par contre, recommandent à l’Opposition d’aligner tous ses candidats sur la ligne de départ au motif que certains parmi eux ont un bilan à défendre pour avoir travaillé avec Kabila pendant que d’autres n’ont pour base électorale que leur propre famille.



Face aux multiples vicissitudes qui ont émaillé la scène politique RD-congolaise à partir de l’élection présidentielle controversée de 2011 jusqu’aux marches pacifiques de protestation des populations civiles à l’appel soit des opposants, soit du comité laïc de coordination de l’Eglise catholique en 2017 et début 2018, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, a prononcé une homélie le 25 décembre 2017 lors de la célébration de la fête de nativité de Jésus Christ qui reste d’actualité. Elle mérite d’être rappelée dans ces colonnes à l’attention de tous les prétendants à la magistrature suprême pour leur servir de boussole.

«Les abeilles travaillent en équipe; les chimpanzés aussi. Les lions chassent en équipe; les hyènes eux aussi, chassent ensemble. Les fourmis travaillent ensemble, mangent ensemble en bonne intelligence; les dauphins aussi. Les buffles se défendent toujours ensemble en rang serré face à l’ennemi. Les termites construisent ensemble leurs termitières… etc.». Tels sont les propos du prélat catholique pleins de sagesse. Puis, cette sentence sans appel: «Chez nous, chacun brûle du désir de réussir seul! Nous souffrons d’un déficit de co-création».

Voici que le 19 septembre, la CENI a publié la liste définitive de 21 candidats retenus pour briguer la magistrature suprême du pays. Du côté de la majorité au pouvoir, la décision du président Joseph Kabila portant son choix sur Emmanuel Ramazani Shadary ne fait l’ombre d’aucune contestation. Comme à l’époque du parti-Etat, les différentes composantes du FCC rivalisent d’ardeur sur la place publique à travers un battage médiatique aux allures d’une campagne électorale précoce qui ne dit pas son nom, pour manifester ouvertement leur soutien à ce joker. Côté Opposition, les gens semblent quelque peu groggys. Moïse Katumbi Chapwe, président d’Ensemble pour le changement, est écarté de la course. Contraint à l’exil, il n’a pas pu franchir les frontières nationales et de ce fait, n’a pu ni s’enrôler, ni déposer sa candidature en bonne et due forme. Jean-Pierre Bemba Gombo, président du Mouvement de libération du Congo -MLC- et Adolphe Muzito de l’Union pour la République -URép- sont débarqués de l’épreuve reine de la présidentielle par la Cour constitutionnelle respectivement pour subornation des témoins à la Cour pénale internationale -CPI- et pour conflit d’intérêt avec le Parti lumumbiste unifié -PALU. Parmi les grosses pointures demeurées en lice figurent Félix Tshisekedi Tshilombo de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, Martin Fayulu de la Dynamique, Vital Kamerhe de l’Union pour la nation congolaise -UNC- et Freddy Matungulu de Congo na Biso. Dans la logique d’une candidature commune, il y a lieu que les candidats invalidés ou écartés ainsi que ceux retenus se mettent ensemble autour du tapis vert et jouent cartes sur table.

Dans plusieurs déclarations verbales, la possibilité d’atteinte d’un tel consensus est réelle quoiqu’infime surtout que dans les coulisses, les choses tourneraient autrement. Les ambitions et les prétentions des uns et des autres risquent de transformer en chaleur et en fumée les espoirs placés sur ces leaders de l’Opposition dont les égos mineraient sérieusement la voie d’une solution apaisée. Et pourtant, cette mise en commun des forces et des stratégies semble indispensable pour éviter de connaître les déboires de 2011. C’est le moment de grands conciliabules, de concessions majeures pour obtenir les meilleures garanties susceptibles de défricher suffisamment la voie sinueuse qui mène vers la victoire finale. Certes, tous les candidats n’ont pas le même poids sociopolitique. Néanmoins, à ce stade, aucun d’entre eux ne mérite d’être pris à la légère, l’apport de chacun, fût-il maigre, devant peser sur la balance finale.

Certains échos font état d’agendas divergents des leaders de l’Opposition. Certains oeuvreraient pour le report des élections et d’autres pour leur organisation le 23 décembre prochain. Or, de nombreux observateurs craignent que de telles convergences parallèles ne préparent le lit à une démarche en ordre dispersé fortement suicidaire. C’est le danger de l’alignement de tous les candidats sur le starting block et advienne que pourra! Une telle option, cela ne fait l’ombre d’aucun doute, ferait l’affaire du candidat Emmanuel Ramazani Shadary. A moins de faire montre de cécité politique, l’Opposition sombrerait corps et biens en adoptant une telle feuille de route, même si la machine à voter venait d’être écartée. En politique, il n’y a pas de logique mathématique, encore moins de positions infranchissables. Du jour au lendemain, le meilleur allié peut devenir le pire adversaire et vice versa, le tout étant fonction d’intérêt. Que vise l’Opposition? L’alternance. Si tel est le cas, les leaders de l’Opposition ne peuvent en aucun cas se faire élire tous président de la République au même moment. Telles que les choses se présentent, la grosse bouffée d’oxygène est attendue des candidats invalidés ou écartés. Déjà quand il se trouvait à la Haye, Jean Pierre Bemba Gombo a pesé de tout son poids sur la scène politique en RD-Congo. Combien de leaders politiques du pays, du continent et de l’Occident ne l’ont-ils pas approché pour obtenir son quitus sur maints dossiers ? D’ailleurs, une opinion croit fermement que la sortie de la prison de la CPI du leader du MLC n’a pas encore livré tous ses secrets. Maintenant qu’il est libre de tous ses mouvements, le chairman va certainement jouer un rôle de premier plan dans le résultat final des élections du 23 décembre 2018. A côté de lui se pointent deux autres outsiders de taille. Moïse Katumbi Chapwe et Adolphe Muzito disposent d’une base solide, de carnets d’adresses ronflantes et de moyens logistiques consistants pour faire peser la balance en faveur de l’Opposition. Tout est fonction des accords qu’ils auront conclus pendant cette période où on les voit sillonner tous les continents et frapper à la porte de grands décideurs de la politique mondiale pour obtenir gain de cause. Leurs mots d’ordre sont très attendus pour la mobilisation générale de leurs troupes. S’agissant du choix du candidat commun, il est vivement recommandé aux leaders concernés de ne pas verser dans la précipitation. Cette étape nécessite beaucoup de sang froid, de pragmatisme et de vision pour la mise en place des stratégies conséquentes à même de sécuriser chacun d’eux en vue d’apporter la victoire. La tâche est ardue car Emmanuel Ramazani Shadary dispose d’une grosse machine avec des moyens humains, matériels et financiers conséquents. Les prochaines semaines seront déterminantes.

Octave MUKENDI
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