Liens commerciaux

0
Ici et là, il est de ces sondages qui sont comme dans l’air du temps. Par son côté tragi-comique, Genève devait être une espèce de Canossa pour tous les opposants qui ont communié à cette messe.
Certains plus que d’autres. En particulier, ceux des leaders en lice pour la présidentielle. Retrait des signatures, non- respect de la parole donnée, déficit de leadership, incapacité à assumer le verdict des urnes, inclinaison au coaching extérieur dans une matière hautement nationale … Bref, un cocktail d’impairs qui ne plaidaient pas pour la bonne perception des "genevois" par l’opinion congolaise. Réalisé la semaine dernière à l’échelle nationale, le sondage Les Points semble confirmer la mauvaise passe de l’Opposition post-Genève. Coqueluche des opposants, Félix-Antoine Tshisekedi semble avoir payé le prix fort de sa participation assortie de volte-face au conclave de la ville helvétique. D’après cette étude d’opinions, le leader de l’UDPS perd 4% par rapport au précédent sondage pour ne plus être crédité que de 13%. Désigné candidat commun, Martin Fayulu aurait grappillé quelque 0,5% pour se situer autour de 5,3 % d’intentions de vote.

Conséquence mécanique de la déconfiture de Genève, le candidat FCC renforcerait sa position jusqu’à être crédité de 42, 7%. Si l’on en croit ce sondage, la dynamique Shadary se nourrit aussi de ses derniers hauts faits d’armes que sont notamment le double "plein" de Tata Raphaël et de Kashala Bonzola en pays UDPS. Deux citadelles traditionnelles de l’opposition auxquelles le "Dauphin" s’est attaqué. FDA

SELON LE SONDAGE D’OPINION LES POINTS
Après Genève, l’Opposition perd des points dans l’opinion
* Avec 42,7%, Shadary conforte son avance, après Genève, Félix Tshisekedi chute dans les intentions de vote.

INTENTIONS DE VOTE A LA PRESIDENTIELLE

Avec 42,7%, Shadary conforte son avance, après Genève, Félix Tshisekedi chute
Confrontée à ses vieux démons de la division, l’opposition est en perte considérable de vitesse dans l’opinion des congolais à un peu plus d’une semaine du coup d’envoi de la campagne électorale. Les opposants se sont littéralement projetés à corps perdus dans la boue de la désunion et de la discorde et risquent de payer cher leur incapacité à se mettre d’accord. Et ce n’est pas l’éphémère accord de Genève dont se sont retirés Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe sous pression de leurs bases vingt-quatre heures après sa naissance qui pourra arranger les choses.

Au contraire, la volte-face des leaders de l’UDPS et de l’UNC portent un coup dur à leur image et aux intentions de vote en leur faveur. En témoigne notre troisième série de sondage des intentions de vote à l’élection présidentielle clôturée le jeudi 15 novembre 2018.
Comme l’ensemble des candidats de l’opposition, les deux principaux opposants encore en lice pour tenter de succéder à Joseph Kabila connaissent une baisse considérable dans l’opinion et, bien que restés encore dans le top5, voient certains de leurs potentiels futurs électeurs changer d’avis.
En face, le candidat du Front Commun pour le Congo (FCC) confronte son avance et garde la première place dans les intentions de vote. Pour la troisième fois successive, Emmanuel Ramazani Shadary mène au sondage des intentions de vote à l’élection présidentielle du 23 décembre prochain. Cette fois-ci, il est placé en tête avec 42,7% et distance très largement ses adversaires.
Loin derrière lui, se trouve Félix Tshisekedi avec 13% des intentions de vote. Le candidat l’UDPS a perdu 4,1% dans moins de 24 heures par rapport au dernier sondage à cause selon les enquêtés, du manque de cohérence dont il a fait preuve ces derniers jours et surtout du retrait de sa signature de l’accord de Genève portant désignation de Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition.
L’affaire fait mouche fait couler beaucoup d’encre et salive jusqu’ à se transformer en un conflit tribalo-ethnique.
Le classement reste inchangé depuis notre dernier baromètre des intentions de vote à la présidentielle. Felix Tshisekedi est suivi par Martin Fayulu, le candidat commun de l’opposition qui, visiblement profite de cette situation pour consolider sa troisième place avec 5,3 % d’intentions de vote, soit un accroissement des 0,5% des points gagnés par rapport au dernier sondage.
De son côté, Vital Kamerhe semble ne pas être visé par le pitoyable retrait de sa signature et celle de Félix Tshisekedi de l’Accord de Genève. Surnommé Kameron, la population semble ne pas être étonné du retrait de la signature du leader de l’UNC. Il perd tout de même 0,5% et conserve sa quatrième place avec 4,2% des intentions de vote.

LA POPULARITE DE FELIX TSHISEKEDI AU PLUS BAS
Deux répondants sur trois, soit 65% des congolais déclarent avoir une mauvaise opinion des opposants Congolais et surtout pendant cette période où les noms des participants à la messe de Genève sont au hit des opposants médiocres.
A l’inverse, seuls 14% des sondés disent avoir une mauvaise opinion du candidat soutenu par le FCC. Ce, suite à la liste des proches du Chef de l’état visés par les sanctions ciblées. Ils sont plus de 43% à le considérer comme le candidat président de la République le plus crédible et le plus sérieux de 21 candidats à la course à la magistrature suprême.
En ce qui concerne Martin Fayulu, bien que désigné, quoique temporairement, candidat unique de l’opposition, son poids politique réel reste encore minime dans ce pays continent au plus de 600 partis politiques.
Et malgré le soutien de quatre autres candidats présidents de la République (Bemba, Katumbi, Muzito et Matungulu), les personnes interrogées restent dubitatives sur l’impact réel de ce soutien.
A titre de comparaison historique, on a vécu presque la même situation en 2006. En effet, malgré le soutien apporté par le patriarche Antoine Gizenga à Joseph Kabila dans le cadre de l’accord portant création de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle(AMP), Jean-Pierre Bemba avait récolté beaucoup de voix même dans le fief du Chef du Parti Lumumbiste Unifié(Palu). Ce qui fait dire à certains congolais que l’apport sur le terrain, du soutien de Bemba et consorts à Fayulu reste à déterminer surtout que l’on sait que le leader du MLC n’a plus de bases à proprement parler, le Grand Equateur étant émietté et partagé entre des leaders originaires de cette partie du pays dont la plupart se retrouvent au FCC.
Il en est de même de Moïse Katumbi qui, sans un parti politique, ne pourra pas apporter mieux qu’une aide financière au candidat de la Dynamique de l’opposition. Idem pour Muzito alors que les sondés se moquent cruellement de Freddy Matungulu dont le parti politique, Congo Na Biso (CNB) n’a pas de base.
Toutefois, beaucoup d’entre eux sont d’accord sur le fait que Martin Fayulu figure parmi les plus honnêtes acteurs politiques de la RDC de par son parcours politique.
Les autres candidats continuent à stagner à la barre de 4% des intentions de vote. Ce qui revient à dire que si la présidentielle était organisée ce dimanche 18 novembre 2018, Shadary la remporterait haut la main avec 43%.
Ce sondage a été réalisé du 12 novembre au 13 novembre 2018 auprès d’un échantillon de 1.000 représentatives de la population congolaise République Démocratique du Congo, reparti selon les statistiques de la CENI. Ces intentions ne constituent pas une prévision de résultat mais elles donnent une indication de l’état de rapports de force et de dynamiques au jour de la réalisation du sondage.
La grande spécificité de ce sondage est qu’il a permis aux personnes sondées de donner la principale motivation de leurs choix. Et à la surprise des enquêteurs, les origines ethniques des candidats n’ont pas influencé le choix de beaucoup de Congolais. Ce qui a le plus pesé, ce sont leurs couleurs politiques et l’organisation de leurs partis ou plateformes ou encore leurs dernières prises de position.
C’est ainsi que l’on a vu de nombreux originaires des provinces du Grand Kasaï (27%) se dire favorables à l’élection de Shadary et même des centaines de militants de l’opposition affirmer vouloir voter pour lui. Et contrairement à notre dernier sondage qui prédisait un duel entre le candidat du FCC et celui de l’UDPS, le premier semble aller trop vite et se trouve seul à quelques mètres de la ligne d’arrivée.
Les principales raisons de cet écart serait d’après les 42,7 % des électeurs qui lui sont favorables, le succès du meeting du FCC du 27 octobre dernier au stade Tata Raphael, lequel a vu affluer plus de 180 000 mille habitants de Kinshasa, membres de différents partis politiques qui composent la plateforme présidentielle ; son voyage réussi dans le Kasaï Oriental et surtout ce dont on peut qualifier de coup de pousse de l’opposition qui se montre plus divisée que jamais.
Selon la quasi-totalité des enquêtés, y compris des sympathisants de l’opposition, Emmanuel Ramazani parait plus prêt que ses concurrents pour aller aux élections. Et ce n’est pas le déplacement du dauphin du Chef de l’Etat dans la province de Kasaï, précisément à Mbuji-Mayi où il a rempli le stade Kashala Bonzola qui le contredira.
En tout cas pour eux, ce candidat a une longueur d’avance sur les autres et par conséquent, il pourrait être considéré comme le plus crédible et sérieux des présidentiables. Ils sont aussi convaincus qu’il est l’unique candidat capable de mobiliser des ressources financières nécessaires pour battre une campagne électorale onéreuse dans ce pays à la dimension continentale qu’est la RDC.
En face de lui, l’opposition s’enlise dans la crise et voit la cote de ses différents représentants dégringoler dans les intentions de vote. Au point d’impacter négativement même le score du plus populaire d’entre eux, Félix Tshisekedi.
Par conséquent, en dehors de Félix Tshisekedi, Martin Fayulu et Vital Kamerhe, les autres candidats peinent à atteindre dans leur ensemble 4 % des intentions de vote.
A titre exemplatif, pendant l’enquête, des membres des partis de certains candidats ont promis de ne pas voter pour leurs leaders mais plutôt pour le candidat qui présenterait plus de garantie de se faire élire. Et à défaut de trouver le candidat commun, ils n’hésiteraient pas à voter le candidat du pouvoir à la présidentielle mais disent être déterminés à voter les candidats de leurs partis politiques aux législatives nationales et provinciales.

DES FIEFS TRADITIONNELS DE L’OPPOSITION SONT TOMBES
Ce sondage révèle aussi des grands changements dans la cartographie politique de la RDC, tous à l’avantage du FCC. Ainsi, traditionnellement acquis à l’opposition, Kinshasa est actuellement contrôlé politiquement à hauteur d’un peu plus de 25% par le FCC contre 14% pour l’UDPS, et 17% pour le reste des partis de l’opposition.
Dans les provinces du Grand Kasaï, bastion de l’UDPS, le rapport de force est aussi mouvementé. Toutefois, l’héritier politique de feu l’opposant historique Etienne Tshisekedi garde encore un peu d’avantage et se retrouve avec 43% des intentions de vote contre 27% pour Shadary et 11% pour le reste de l’opposition.
Mais la province du Sankuru constitue une exception car, elle est en grande partie acquise au candidat du pouvoir qui bénéficie de plus de 80% des intentions de vote, contre 10% pour le FONUS qui n’a jusque-là donné aucune consigne de vote à la présidentielle, 8% pour le candidat de l’UDPS et 2% pour le reste de l’UNC. Le bon score de Vital Kamerhe est dû au travail de terrain effectué par des jeunes de son parti originaires de la contrée.
Dans le Grand Katanga en revanche, il n’y a pas match entre les deux favoris de la présidentielle car, le candidat du FCC bénéficie de 75% des intentions de vote contre 15% pour son poursuivant Fatshi et 10% pour le reste des opposants. (Voir graphique).
Cet écart est très large dans les provinces issues du Grand Equateur où le dauphin du Chef de l’Etat arrive loin en tête avec 70% des intentions contre 15% pour Félix Tshisekedi et 15% pour les autres opposants (voir graphique). Ce, grâce à l’implication des cadres du FCC originaires de cette partie du pays notamment Michel Bongongo, José Makila et autres.
Dans le grand Kivu, l’ordre d’arrivée est tout autre et se présente comme suit : Shadary (65%), Kamerhe (20%), Fatshi (10%) et le reste des opposants 5%). (Voir graphique).
C’est dans les provinces issues du démembrement de l’ex province Orientale que les deux têtes d’affiche font jeu égal (40% pour chacun et 20% des intentions de vote pour le reste des opposants).
Dans les provinces issues du démembrement de l’ex-province du Bandundu, le jeu se joue entre quatre candidats à savoir : Ramazani Shadary (40%), Martin Fayulu (25%), Mabaya (15%), Trymphon Kin-kiey Mulumba (15%) et le reste des candidats (5%).
Sondage Les Points
LIENS COMMERCIAUX

Enregistrer un commentaire Disqus

[VIDEOS][carouselslide][animated][20]

[Musique][vertical][animated][30]

 
Top