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La capitale congolaise s’est endormie mardi dans un calme agité après une fin de journée en ébullition. Et pour cause, des klaxons, des cris de joie et des slogans à la gloire d’un vainqueur supposé de la présidentielle du 30 décembre 2018. Pour ces centaines, voire plusieurs milliers de kinois, il n’y a plus de doute, leur futur président de la république s’appellera…Félix Tshisekedi.


Il faut dire que le fils de l’emblématique opposant de l’histoire politique de la RDC a vu son agenda s’accélérer à vitesse grand V dans ce sprint final du processus électoral. Au point de donner du fil à retordre à sa garde rapprochée qui a eu du mal à se défaire des rumeurs persistantes qui font état depuis quelques jours des contacts intensifs entre les clans Tshisekedi et Kabila. Objectif de cette opération de dernière minute – que l’UDPS a finalement commencé à admettre, à mis-mots – trouver un accord, historique, entre le président sortant et le patron de la plus grande formation politique de la RDC, et ainsi, chambouler l’issue de l’élection présidentielle.
Le but de mon mandat sera de réconcilier les Congolais.
De quoi redonner des couleurs à un Félix Tshisekedi que les pronostics de ces derniers jours n’arrêtaient plus de donner pour distancé par son « frère » et rival, Martin Fayulu, candidat de Lamuka, l’autre coalition de l’opposition. Mais qui se voit désormais comme l’homme de la situation. « Je reste ouvert à toutes possibilités car le but de mon mandat sera de réconcilier les Congolais », a-t-il par exemple déclaré mardi sur Top Congo. Sans utiliser le conditionnel. Renforçant un peu plus tous ces faisceaux de soupons qui mènent vers lui.
Tout comme lorsque le chef de file de l’UDPS s’est mis à, brusquement, faire des éloges au Président sortant Joseph Kabila, l’homme, dit-il, grâce à qui la première alternance démocratique au pouvoir est en train de se produire en Republique démocratique du Congo. « Il faut lui rendre hommage. Ce serait inhumain, voire criminel de s’en prendre à quelqu’un qui permet au pays de continuer pacifiquement », martèle Félix Tshisekedi. Ou comment donner des gages non seulement au chef de l’État dont la question de son sort après avoir quitté le Palais de la Nation serait la préoccupation numéro un mais aussi à la communauté internationale qui craint les violences après l’annonce des résultats de la présidentielle.
Les grandes manoeuvres jouent en sa faveur 
Car Félix Tshisekedi le sait, cette élection, qui n’est plus comme toutes les autres, se joue désormais sur plusieurs tableaux. Outre son alliance avec le stratège Vital Kamerhe, que l’on dit être le fer de lance de ce rapprochement inattendu entre «Fatshi» et le camp présidentiel, qui lui a permis d’élargir sa base dans l’est du pays, outre les signaux d’apaisement dont il vient d’inonder le locataire actuel de la présidence congolaise, le candidat de «CACH» est surtout à la tête d’une machine de guerre. Capable de déstabiliser dans la durée le pays, en cas de contestation électorale – dans l’hypothèse d’une victoire de son président – l’UDPS se trouverait dans le rôle de rempart pour le pouvoir contre d’autres contestataires. Un enjeu que les manœuvriers en action en ce moment sont sans doute en train de prendre en compte, au moment de redistribuer les dernières cartes.
Bref, avec tous les bruits autour de sa candidature, Félix Tshisekedi a-t-il déjà un pied derrière les portes du Pouvoir ? Dans un processus à multiple rebondissements, tous les scenarii restent possibles.
Yvon Muya
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