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Va-t-on vers un « affrontement » au sommet entre « Joseph Kabila » – qui se sent décidément mal dans la peau d’ancien Président – et Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui a été investi le 24 janvier dernier? Va-t-on assister à l’implosion du « partenariat » CACH-FCC? Dans une communication écrite, datée du 3 mars, adressée aux « chefs des regroupements » affiliés au Front commun du Congo (FCC), Néhémie Mwilanya Wilondja, coordonnateur de cette plateforme électorale, invite les chefs de ces entités à soutenir la candidature de « Kabila » au poste de Premier ministre.

Moins de vingt-quatre heures après la cérémonie de présentation, par le président Felix Tshisekedi Tshilombo, du « programme d’urgence de 100 premiers jours de son quinquennat », la mouvance kabiliste dite « Front commun pour le Congo » (FCC) semble avoir les nerfs à vif. Et elle le fait savoir.

Dans une communication écrite adressée aux « chefs des regroupements » formant le FCC, le coordonnateur de cette structure, mieux connu sous son prénom de « Néhémie », note, en liminaire, que la matinée politique organisée le dimanche 24 février par le « Front » dans le parc de la Nsele a « prouvé que notre majorité parlementaire est incontournable ».

Pour lui, l’heure est venue pour les composantes de ce cartel aux allures de « grand bazar » de « montrer » leur « solidarité et attachement » à l’égard de « Joseph Kabila » qui en est l’ « autorité morale ». Il est question ici de manifester la fidélité à un homme et non à des valeurs.

A en croire « Néhémie », l’ancien chef de l’Etat « est le seul de tous les Congolais jusque-là à avoir l’expérience avérée quant au fonctionnement dans tous les domaines de la vie » du pays. Il mérite, selon lui, le « soutien » des regroupements politiques membres du FCC « pour briguer la primature ». A l’appui de cette « plaidoirie », Mwilanya Wilondja invoque le premier alinéa de l’article 78 de la Constitution congolaise lequel stipule notamment que « le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire (…)« .

« Kabila » et son « clan » ont habitué les Congolais à des interprétations tendancieuses voire fantaisistes de la Constitution. Aucun parti où regroupement politique n’ayant obtenu la majorité absolue lors des élections législatives du 30 décembre dernier, la revendication formulée par le FCC ne se repose sur aucun fondement. La désignation de l’ « informateur » reste la voie obligée. Celui-ci sera chargé justement d’identifier la « majorité parlementaire » au sein de laquelle devrait être nommé le futur chef du gouvernement. Qui a peur de l’informateur? Pourquoi? Deux questions qui taraudent les esprits.



SCÉNARIO POUTINE-MEDVEDEV
Après avoir assumé la fonction présidentielle durant 18 ans, « Kabila » voudrait briguer la primature. Au nom de quel principe? Ce scenario n’est pas sans rappeler l’opération de chaise musicale entre le président Vladimir Poutine et son Premier ministre Dmitri Medvedev.

Deux mois après les consultations électorales du 30 décembre 2018, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est exonérée de l’obligation constitutionnelle de publier les résultats électoraux bureau de vote, par bureau de vote. Battu à la présidentielle, le FCC s’est arrogé la majorité des sièges aux législatives.

Dans sa communication, le coordonnateur du FCC égrène quelques « slogans » devant tenir lieu de « priorités » au futur « Premier ». A savoir: la souveraineté nationale à défendre; la stabilité des institutions; le bien-être social de la population; la défense de la révision du code minier et les relations avec les Etats-Unis d’Amérique.

Qui l’aurait cru? Le scénario à la Poutine-Medvev était évoqué ces derniers temps dans les milieux congolais. C’était généralement sous forme de boutade. Les « analyses » se terminaient par des éclats de rire. Personne n’imaginait sérieusement que « Joseph Kabila » osera – deux mois après le rejet sans nuance de son « dauphin » Emmanuel Ramazani Shadary lors des élections du 30 décembre -, « narguer » le « peuple souverain » en briguant la primature.

Deux mois après les élections du 30 décembre 2018, le « clan Kabila » et son « autorité morale » ne font plus la pluie et le beau temps dans les médias. Pendant ce temps, l’allié « Felix » semble, chaque jour, se renforcer.

Bien que sa « victoire » continue à être chahutée par une frange de l’opinion – dont la puissante église catholique -, le successeur de « Joseph Kabila » est en passe de devenir « indétrônable ». Et ce pour deux raisons majeures.

UNE POPULATION APATHIQUE

Martin Fayulu Madidi
Il y a d’une part, l’apathie d’une population congolaise peu habituée à revendiquer ses droits. Peu importe, le prix à payer. « Les Congolais n’ont pas le sang vénézuélien. Ils n’ont encore moins le sang algérien », ricane un opposant proche de la coalition « Lamuka ». Une allusion aux appels lancés, en vain, par le « candidat déçu » Martin Fayulu invitant la population à descendre dans la rue.

Il y a d’autre part, la reconnaissance internationale dont bénéficie le nouveau chef de l’Etat qui a mené jusqu’ici un « parcours diplomatique » sans faute tant au niveau du continent que du monde occidental.

L’ambassadeur américain à Kinshasa Mike Hammer ne fait guère mystère du soutien de son pays à « Fatshi » notamment dans sa volonté affirmée de lutter contre la corruption. Il l’a dit samedi 2 février sur son compte Twitter.

On assiste, dans les mêmes circonstances de temps, à un dégel des relations entre Kinshasa et l’Union européenne en général et la Belgique en particulier. L’annonce de la prochaine libération des prisonniers politiques et d’opinion est plutôt bien accueillie à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

« BUTIN DE GUERRE »
Nous l’avons écrit à maintes reprises dans ces colonnes que « Joseph Kabila » considère le Congo-Kinshasa comme un « butin de guerre ». L’homme et sa fratrie sont mêlés dans toutes les affaires lucratives.

« Qui peut le plus, peut le moins », a pu dire Aristote. Président de la République, « Joseph Kabila » s’est révélé bien incapable de répondre aux aspirations de la population au bien-être. L’homme a jeté son dévolu sur le secteur minier. Les services sociaux de base (l’eau, l’électricité, la sécurité des personnes et des biens, la santé, l’éducation et les infrastructures) sont restés en « jachère ». Question: « Joseph Kabila » le Premier ministre, pourrait-il réussir là où le président « Kabila Joseph » a échoué?

Dans sa communication, « Néhémie » crédite son ancien patron d’une prétendue « expérience avérée » dans la conduite des affaires du pays. C’est bien cette « expérience » qui a transformé le « Grand Congo » en « mouton noir » de la région d’Afrique centrale.

En réalité, « Kabila » et ses partisans ont peur. Ils ont peur des réformes qui pourraient être menées sans eux. Certaines d’entre elles pourraient fragiliser des intérêts mal acquis. Ils ont peur également de la normalisation des relations entre Kinshasa et le monde occidental en général et les Etats-Unis en particulier.

Il se murmure que le département d’Etat préparerait une nouvelle liste des « sanctionnés ». Les membres de la fratrie « Kabila » pourraient se retrouver dans le peloton de tête. Info ou intox? L’avenir le dira.

Que va faire « Fatshi »? Va-t-il se plier aux quatre volontés du FCC et de son pseudo « autorité morale » au risque d’apprendre à ses dépens que la grande majorité de la population congolaise ne se sent guère concernée par le « deal » Cach-FCC?

Une certitude cependant: un bras de fer Tshisekedi-« Kabila » n’est plus une hypothèse risible. Qui dégainera le premier?

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