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Il a encore plu à grosses gouttes sur Kinshasa hier mardi 3 décembre. La rivière Kalamu, qui sépare les quartiers Yolo-Nord et Sud d'avec le quartier Kimbangu et traverse le quartier Kauka, est sortie une fois de plus de son lit. Le pont Victoire, caractérisé par la fluidité d'écoulement des eaux, a été envahi par un amas de bouteilles en plastique.
L'avenue Cotonnier du même quartier a servi à cette occasion de déversoir des eaux de Kalamu. La population de ce coin, qui assistait impuissante à la montée progressive des eaux, a commencé par trouver abri sur les clôtures. Il fallait attendre de longues heures avant que les eaux rentrent dans leur lit. C'est en ce moment que les travaux de nettoyage ont commencé.
Les quartiers riverains sont toujours victimes de la montée des eaux. Lundi 2 novembre, les maisons longeant la rivière Kalamu ont été inondées à la suite de la pluie qui s'est abattue dans la soirée du dimanche 2 décembre sur toute la capitale. C'est la première pluie après celles qui a endeuillé Kinshasa dans la nuit du 25 au 26 novembre dernier.
Du côté du quartier Kimbangu, les maisons sont construites à quelques mètres de la rivière. Ce, en violation de normes urbanistiques qui exigent que les maisons ne soient pas construites à moins de 5 mètres de la rivière.
De cette façon, les inondations font désormais partie du quotidien de cette population. C'est généralement des familles modestes habitant des constructions précaires. Ces familles sont catégorisées selon qu'on est propriétaire, locataire ou gardien de parcelle.
Les propriétaires parmi les plus anciens reconnaissent que les inondations, ils en ont connues depuis des lustres et ils se comportent en conséquence. Quelques témoins interrogés avouent qu'ils sont bien informés des prévisions météorologiques avant de faire intervenir l'empirisme. Les enfants qui ont grandi dans ces conditions, ont développé certains réflexes tendant à se protéger.
DES MESURES DE SECURITE
Les mesures prises par l'autorité pour garder la rivière dans son lit et éviter des inondations, se sont avérées inefficaces. La première solution, c'était le curage. Les populations longeant la rivière Kalamu du côté de Kimbangu, ont fait savoir que les sables dégagés du lit de la rivière était entassés à la berge bloquant ainsi toute possibilité des eaux de regagner la rivière.
En attendant, les habitations le long de la rivière ne disposent pas de caniveaux. La rivière leur serve d'évacuation de leurs eaux. Les toilettes des ces habitations versent leur décharges dans la rivière. Les sables du curage les obligent à rester longtemps avec ces eaux de pluies sans possibilité de vider leurs fosses sceptiques qui communiquent à la rivière.
Conséquence : développement de certaines maladies telles que la malaria et autres maladies hydriques. Aussi, les engins de dragage ont du mal à se frayer un chemin sur les abords de la rivière compte tenu de la proximité des maisons avec la rivière. La population riveraine a été sensibilisée pour planter les bambous de Chine parce que, leur a-t-on indiqué, c'est une espèce d'arbre spécialisé dans la rétention des eaux. La campagne n'a pas rencontré l'engouement de la population préoccupée par la question de survie plus que celle de l'environnement.
Finalement, le statu quo. La population prend les dispositions qui sont les siennes quand il pleut tentant de limiter à sa manière les dégâts.
LE PROJET DE CONSTRUCTION D'UN PONT
Tous les déchets charriés par la rivière Kalamu s'accumulent au niveau du pont Bongolo empêchant l'écoulement des eaux. Le niveau de ce pont jeté depuis l'époque coloniale est désormais inadapté. Le sable est remonté au point d'empêcher les eaux de couler normalement.
D'aucuns estiment que le lancement par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, des travaux de construction du pont Bongolo et ses annexes, sera un début de solution. Surtout que la réalisation de ces travaux offrira de nouvelles infrastructures entre la rivière Funa et les avenues Bongolo et victoire.
Ce nouveau pont aura une longueur de 18,60 mètres et une largeur de 13 mètres. Il sera surélevé sur une hauteur de 1,65 mètre par rapport à l'existent et aura une capacité portante de 50 tonnes.
D'après le ministre provincial des Travaux publics et infrastructures, Tshitenga Kabuya Thierry, il sera construit entièrement en béton armé avec une couche de roulement enrobée, dense et sera dotée des trottoirs pour piétons ainsi que les garde-fous métalliques pour la sécurité des usagers.
Au-delà de la construction du pont, il faudrait envisager d'exproprier certains riverains conformément aux normes urbanistiques.
MATONGE RELATIVEMENT STABLE
Le quartier Matonge est urbanisé en dépit du mauvais usage des caniveaux. Les maisons ont gardées dans les limites urbanistiques. Même en ces de monter des eaux de la rivière, on n'enregistre pas tellement de dégâts. Les eaux rentrent normalement dans leur lit.
Néanmoins, les tenanciers des lupanars le long de la rivière se comptent parmi les premières victimes quand Kalamu rentre dans sa furie. Mais après, tout rentre dans l'ordre et les activités reprennent normalement.
Au-delà de l'avenue Victoire, la rivière est contenue dans son lit de par l'architecture en béton qui évite tout débordement. A cela s'ajoute, le macadam entre les maisons et la rivière. Une ceinture de sécurité pour ces habitations du quartier Matonge.
C'est dire que l'incivisme du de certains Kinois et le laxisme de l'autorité sont à la base de ces inondations. Si tout était fait dans les normes, on n'en serait pas arrivé à cette situation. La construction du pont Bongolo permettra entre autres la fluidicité de la circulation sur les avenues Bongolo, Kasa-Vubu et Victoire. Emma MUNTU
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